DAngelo+2016+Mark_Metcalife

D’Angelo : “Black Messiah” réédité en double cd

Pour fêter sa nouvelle tournée au Japon, D’Angelo sort une nouvelle édition de Black Messiah en double cd.

Une édition limitée digipack renfermant un bandana collector aux couleurs de l’album et surtout un cd bonus avec une session live enregistrée pour Spotify l’an dernier.

Au programme, 32 minutes de D’Angelo & The Vanguard captées live dans les locaux de la plateforme de streaming à New York avec des relectures de « Betray My Heart », « Really Love », « The Door » et la reprise de Prince « She’s Always in My Hair ». Comptez une vingtaine d’euros pour cet import japonais disponible chez tous les bons disquaires.

Dangelo+BlackMessiah+LimitedEdition

Tracklisting :

Disc 1 :

Ain’t That Easy
1000 Deaths
The Charade
Sugah Daddy
Really Love
Back to The Future
Till It’s Done (TUTU)
Prayer
Betray My Heart
The Door
Back To The Future
Another Life

Disc 2 :

Betray My Heart
Really Love
The Door
She’s Always in My Hair (Prince)


D'Angelo+SaturdayNightLive

D’Angelo, Snarky Puppy et Mark Ronson récompensés aux Grammy Awards

D’Angelo était absent de la 58ème cérémonie des Grammy Awards qui s’est tenue hier soir, à Los Angeles. L’auteur de Black Messiah a néanmoins décroché les récompenses du meilleur album R&B et celui de la meilleure chanson R&B de l’année pour “Really Love”.

Ses collaborateurs Russell Elevado, Kendra Foster, Ben Kane, Brent Fischer et Isaiah Rogers sont venus récupérer les trophées d’une cérémonie où ont été également récompensés Mark Ronson (Record of the year et meilleur duo de l’année avec “Uptown Funk”), Snarky Puppy (meilleur album instrumental avec Sylva), Kendrick Lamar (meilleur album hip-hop), Lalah Hathaway (Best Traditional R&B Performance pour  ”Little Ghetto Boy”), Mavis Staples (Best American Roots Performance avec “See That My Grave Is Kept Clean”). Le documentaire Amy, consacré meilleur film musical de 2015.



D'Angelo 45 Charade

D’Angelo publie “The Charade” en 45-tours collector

Entre deux tournées européennes et la sortie en vinyle de Black Messiah prévue pour mai, D’Angelo publiera le 10 avril un 45-tours collector réunissant “The Charade” et “1000 Deaths” en face-B. Pré-commandes disponibles ici.

Thanks Chris B !



DAngelo+Paris+Palais+Des+Congres

Live Report : D’Angelo, Paris (Palais des Congrès) 16/02/2015

Report 1

Programmé entre le Ballet de l’opéra de Moscou et le 30ème festival des arts martiaux, D’Angelo a donné lundi le cinquième concert parisien de sa carrière dans un Palais des congrès rempli aux deux tiers. Un curieux choix de salle et des premières craintes sonores rapidement confirmées lorsque l’auditorium géant de la Porte Maillot déboîte d’entrée un “1000 Deaths” indistinct et capable de faire passer le mix boueux de Black Messiah pour un rêve d’audiophile.

Peu adaptée au funk sec et tight de D’Angelo et the Vanguard, son supergroupe réunissant entre autres Pino Palladino (basse), Jesse Johnson (guitare), Chris Dave (batterie) et Kendra Foster (épatante choriste P-Funk tristement sous-employée sur cette nouvelle tournée), la configuration du Palais des congrès a magnifié les limites d’un ensemble capable de réelles fulgurances, mais dont les jams tournent parfois court à force de vouloir saluer de trop près ses aînés (“One Mo’Gin” et “Chicken Grease” flashés à 140 croches/minutes sur l’autoroute Minneapolis-Paris).

Un look, une ambiance : la première moitié du concert en cuir biker pour les ballades rock (“Ain’t That Easy”), puis en poncho à carreaux pour les séquences soul et latino (“One Mo’Gin”, “Really Love”). D’Angelo, aguerri aux automatismes scéniques depuis son comeback en 2012, communique davantage avec son public et termine seul ce qu’il avait commencé seul deux heures plus tôt avec “Untitled (How Does it Feel)” lors d’un grand final remake de l’historique tournée Voodoo, en 2000. Sommet de la soirée : un “Sugah Daddy” prolongé par le “Sir Nose D’Voidoffunk” de Parliament et embouti dans le “You Can Have Watergate Just Gimme Some Bucks and I’ll Be Straight” des JB’s.

Right time, wrong place. Ah, revoir le même set en club…

SlyStoned

Report 2

C’est avec une setlist un peu plus courte que celle de Zurich et de Cologne (pas d’”Alright”, de “Left & Right” ni de “Lady” ce soir) que D’Angelo a régalé Paris hier soir. L’introduction du show, décidément plus rock, annonce et confirme le tournant psychédélique que le natif de Richmond a entrepris dans Black Messiah, paru il y a deux mois. Néanmoins, le son était globalement, et selon les endroits, plutôt mauvais (notamment dans les quinze premiers rangs). L’acoustique du lieu y est clairement pour quelque chose.

Exceptés ces désagréments sonores, D’Angelo a fait le show, altérant les hommages funkadelico-princiers (lumières pourpres notamment en intro) et Jamesbrowniens. Les version live de “One Mo’gin”, “Brown Sugar” et “How Does It Feel ” sont les points forts de la soirée. Mention très spéciale au guitariste Isaiah Sharkey qui a tenu le fort pendant près de 105 minutes, face à un Jesse Johnson inaudible et presque apathique.

Jim Zelechowski

Setlist

“Prayer”
“1000 Deaths”
“Ain’t That Easy”
“Feel Like Makin’ Love”
“Really Love”
“One Mo’Gin”
“Brown Sugar”
“The Charade”
“Sugah Daddy/Sir Nose D’Voidoffunk/You Can Have Watergate Just Gimme Some Bucks and I’ll Be Straight”
“Back to the Future”
“Chicken Grease/What It Do”
“Untitled (How Does It Feel)”


D'Angelo BET

Chris Dave à la place de John Blackwell sur la tournée de D’Angelo ?

Une photo des répétitions en vue du show à l’Apollo Theater qui aura lieu ce soir à New York a été postée cette nuit sur les réseaux sociaux. On y aperçoit le line-up habituel du groupe de tournée de D’Angelo, à une différence près : Chris Dave remplacerait donc John Blackwell à l’occasion de ce concert…

Remplacement temporaire ou changement de batteur ? Réponse mercredi à Zurich, première date de la tournée européenne Black Messiah.

Répétitions du concert de L'Apollo Theater (06/02/2015)

Répétitions du concert de L’Apollo Theater (06/02/2015)

 


D'angelo Black Messiah cover

Le vinyle de “Black Messiah” de D’Angelo repoussé en mai

Annoncée préalablement pour le mois de février, la version vinyle de Black Messiah, le nouvel album de D’Angelo, ne sera finalement pas disponible avant le 25 mai. Victimes paradoxales de l’engouement d’amateurs de sillons de plus en plus nombreux, les usines de pressage ne parviennent plus à tenir les délais de fabrication habituels. La sortie surprise du troisième album de D’Angelo, qui a pris de cours ses fans et les réseaux de distribution habituels, est également une des raisons de ce retard.

 

 


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D’Angelo au Saturday Night Live le 31 janvier

Début d’année chargé pour D’Angelo : avant de démarrer sa tournée européenne en Suisse le 11 février, l’auteur de Black Messiah jouera un warm-up show à l’Apollo Theater de New York le 7 février. D’Angelo sera également l’invité musical de Saturday Night Live sur NBC le samedi 31 janvier pour une performance live dans la célèbre émission dont l’invité principal sera J.K. Simmons, le cruel professeur de batterie de Whiplash.

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Interview Ben Kane : Dans les coulisses du “Black Messiah” de D’Angelo

L’ingénieur du son et ardent funkateer Ben Kane raconte à FunkU les coulisses de Black Messiah, le troisième album de D’Angelo. Au menu :  la fraternité de studio, l’analogique roi et l’état actuel de l’industrie du disque. “Laissons parler l’art !”.

★★★★★★★★★★★★★★

Funk★U : Comment vous sentez-vous un mois après la sortie de Black Messiah ?

Ben Kane : Je me sens super bien. C’était un long parcours que de travailler sur cet album. C’est génial de finalement pouvoir partager cette musique et de recevoir autant de critiques positives.

Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?  Quel est votre parcours  professionnel ?

Je suis ingénieur du son et producteur en quête constante de création de musique inspirée. J’essaye toujours de créer de nouveaux sons susceptibles de faire ressentir quelque chose de spécial aux gens. J’ai commencé à travailler avec Russell Elevado et D’Angelo assez tôt dans ma carrière. J’ai débuté comme stagiaire aux Studios Electric Lady en 2003. J’avais 19 ans à l’époque. Je suis vite devenu ingénieur résidant à ces studios, et j’ai enregistré beaucoup de gros artistes. Je suis également devenu le premier assistant d’Elevado en studio, en travaillant sur l’album Circles de Krystle Warren, qui d’ailleurs habite aujourd’hui en France et que certains de vos lecteurs doivent connaître.  J’ai rencontré D’Angelo très tôt à Electric Lady et j’ai travaillé de nombreuses fois avec lui avant de prendre part plus sérieusement à son projet, en 2008.

Quelles sont vos inspirations musicales , vos incontournables dans votre bibliothèque musicale ?

Je suis clairement et profondément un grand amateur de musique soul et funk. Sly Stone, Stevie Wonder, Shuggie Otis, Herbie Hancock sont d’ailleurs venus pas mal de fois chez moi écouter des choses dans ma bibliothèque musicale (Je suis d’ailleurs très content et très fier de dire ça à un magazine qui s’appelle Funk★U !). Mais j’écoute de tout, du jazz à la folk, en passant par le rock. Habituellement, je gravite parmi des artistes pour qui la musique semble être inspirée par tout un tas de genres qui touchent l’âme.

D'angelo + Ben Kane

Sessions Black Messiah avec D’Angelo et Q-Tip.

Tout l’album a été enregistré en analogique.

Oui. Tout ce que vous pouvez entendre sur Black Messiah a été enregistré sur bande analogique et sur matériel d’époque sans l’utilisation d’aucun plug-in. Quelques trucs ont été travaillé avec ProTools pour de l’édit ou pour préserver nos bandes, mais on peut dire que l’analogique est roi sur cet album.

Pouvez-vous nous dire exactement qui était derrière chaque instrument sur chacune des pistes de l’album ?

J’ai divulgué ces infos sur tweeter quelques jours après la sortie de l’album. Regardez mes posts 12 days of D’Angelo sur mon compte @kanevibrations. Je voulais que tous ces musiciens incroyables avec qui j’ai travaillé soient reconnus à leur juste valeur sur ce projet.

Comment était l’ambiance de travail en studio avec Russell Elevado et l’équipe artistique ?

Le noyau créatif du projet était, pour la majeure partie du temps, D’Angelo, Russell et moi. Les autres musiciens venaient au studio selon les besoins. Il y avait une belle ambiance, nous étions tous dans un mood très positif. Nous étions un groupe de potes et on s’est bien marrés à créer et écouter de la musique ensemble.

Par quoi avez vous été étonné lors de l’enregistrement de l’album ?

En étant en studio avec tous ces génies tous les jours, vous êtes surpris en permanence par leur talent. Même si je sais de quoi Pino Palladino, Roy Hargrove ou Isaiah Sharkey sont capables, je suis toujours surpris et ce dès les premières fois où ils enregistrent : avec eux vous apprenez à attendre l’inattendu.

Que répondez vous aux critiques de l’album, notamment celles qui mettent en évidence un certain flou quant à la compréhension de certaines paroles ?  

Je pense qu’en terme de style vocal, D’Angelo a été régulier tout au long de sa carrière. Je pense que les gens ont trop eu l’habitude de ces artistes R’n'B tous semblables les uns que les autres, chantant tous avec une voix claire et des paroles parfaitement distinctes. Certes vous comprenez chaque mot, mais ils ne veulent pas vraiment dire quelque chose (comprenez par là rien d’artistique ou d’émouvant). Je ne veux blâmer personne, car beaucoup n’écrivent même pas leur propres chansons ou paroles.  Mais cela fait parti du problème.  Personne ne critique Radiohead quand on ne comprend pas tous les mots que Thom Yorke chante… L’artiste se doit de chanter juste, et D’Angelo, en ce sens, le fait très bien.
Pour Black Messiah, posez-vous avec le livret de paroles disponible en ligne sur le site internet de D’Angelo. Vous comprendrez mieux et vous verrez que ces paroles sont pleines de sens et très personnelles. D’Angelo n’a pas tout fait tout seul à ce niveau-là : Kendra Foster (sa choriste sur scène) a coécrit plusieurs chansons et Q-Tip a co-écrit “Sugah Daddy”. Peut-être ne comprenez-vous pas tous les mots à la première écoute, mais justement, c’est un peu le but. Cette musique peint la société et donne envie aux auditeurs de l’album de continuer à l’écouter pour chercher encore plus de détails, de sens et de plaisir.

Pensez vous que Black Messiah est aussi avant-gardiste que Voodoo ?

Oui. Le temps le dira. Je pense que le terme « avant-garde » est souvent utilisé après le fait et est déterminé par la manière dont les musiciens réagissent à quelque chose à travers leur propre art. J’espère vraiment que les autres peuvent relever ce défi. Mais cela ne veut pas dire copier le son. Je pense que s’il y a quelque chose qui défini D’Angelo en tant qu’artiste, c’est la façon dont il ouvre le chemin à d’autres.  Il fait son truc de son côté au lieu de réagir aux codes et aux attentes de l’industrie du disque.  Je pense que c’est avec cette approche là que l’on fait de la musique d’avant-garde et j’espère que plus d’artistes emboiteront le pas.

Un mot sur l’industrie de la musique contemporaine ?

Je sens une crise. Mais ce n’est pas seulement l’industrie de la musique, c’est le monde tout entier. Dans ma tête, je ne dissocie pas la crise qui frappe notre monde, la crise alimentaire, ou celle qui touche les populations les plus démunies, de la crise qui frappe nos artistes.  Je pense que l’état actuel de l’industrie du disque est un bel observatoire.  Nous sommes arrivés à un point où les artistes ont le pouvoir de se libérer du diktat des labels et des majors qui ont toujours bridé leur art. La démocratisation de la musique durant la dernière décennie (tout le monde peut être musicien) n’a pas forcément accouché d’un système où les musiciens sont payés équitablement pour leur art (oui, eux aussi ont besoin de manger !). Après mûre réflexion, je pense que la musique peut être sa propre solution dans cette crise globale, comme c’était le cas dans le passé. Laissons l’art s’exprimer sur les problèmes, comme D’Angelo le fait sur Black Messiah et peut-être que cela inspirera le public quant au combat contre un système qui met en avant autre chose que l’art lui-même.

Quels sont vos projets pour 2015 ?

Je suis actuellement en studio. Je finis les mix du prochain album d’Emily King et je suis aussi en plein mix pour Christian Gregory en Angleterre. Chris Dave & The Drumhedz vont bientôt sortir son album : j’assure le mix depuis deux ans maintenant. Ce n’est que le début !

Propos recueillis par Jim Zelechowski

Portrait Ben Kane : Azikiwe Mohammed

D'angelo Black Messiah cover


DAngelo+BlackMessiah

Écoutez le nouvel album de D’Angelo

Après des années d’attente et de suspense, D’Angelo a fini par publier le successeur de Voodoo dimanche soir à minuit. Une sortie surprise à la Beyoncé tout juste accompagnée d’un tweet de l’artiste : “#BlackMessiah est arrivé…” et d’un lien vers iTunes.

“Cet album, c’est l’Apocalypse Now de la musique noire : c’est beau, c’est moche, c’est la vérité, ce sont des mensonges…”  a commenté Questlove, batteur et proche collaborateur du chanteur. Découvrez le nouvel album de D’Angelo dans son intégralité dans le lecteur ci-dessus et faites-nous part de vos impressions ci-dessous.

Tracklisting :

Aint’t That Easy
1000 Deaths
The Charade
Sugah Daddy
Really Love
Back To The Future Part 1
Till It’s Done (Tutu)
Prayer
Betray My Heartless
The Door
Back To The Future Part 2
Another Life


D'angelo Black Messiah cover

D’Angelo and the Vanguard “Black Messiah”

Comment garder toute son objectivité quand un album attendu depuis presque quinze ans apparaît de manière aussi inopinée ? Avec une technique de communication largement similaire à celle adoptée par Beyoncé il y presque un an jour pour jour, Black Messiah est sans doute l’album de l’année, et même peut-être celui de la décennie. Le troisième album studio de D’Angelo se veut résolument politique et au vu des récents développements de l’actualité américaine, nul doute qu’il tombe à poing nommé. La communication adoptée par l’équipe de D’Angelo abonde en tout cas dans ce sens (affiches placardées dans Brooklyn et Soho reprenant la partie la plus engagée du texte de « The Charade »). Pur hasard ?

Mettons de côté l’affect et la subjectivité émotionnelle pour nous concentrer sur les faits : Au terme d’une dizaine d’écoutes en boucle depuis la sortie en ligne de cette version numérique, voici ce qu’il en ressort : On connaissait déjà plus ou moins 6 titres de Black Messiah, entre les versions jouées sur scène depuis 2012 et la démo de « 1000th Deaths ». Restait à découvrir 6 autres titres à découvrir dans leur intégralité. Les sonorités sont proches de celles d’A Love Surreal de Bilal. Questlove nous avait promis un côté plus rock, il n’a pas menti. Cependant, cette couleur n’apparaît pas sur l’ensemble d’un album peu homogène (ce qui n’est pas une critique). On distingue clairement une différence entre les morceaux de la Face A (titres 1 à 5) et ceux de la Face B (titres 6 à 12). Les premiers sont clairement ceux qui se détachent le plus, bien que ceux de la Face B soient occasionnellement très bons.

 

Black Messiah titre par titre

  • La version studio d’ « Ain’t That Easy » colle à celle déjà entendue en live il y a deux ans. Le mix de la batterie, des guitares et des percussions est vraiment bien rodé, tout comme d’ailleurs l’ensemble du mix de l’album. Chapeau bas Mr. Russell Elevado ! Le background sonore des 17 premières secondes du morceau renvoie évidemment au morceau introductif de Voodoo il y a 15 ans : « Playa Playa ».

  • « 1000th Deaths » est peut être, dans les sonorités, le titre le moins abordable de l’album. Introduit un discours de Preacher, le titre s’oriente progressivement vers des ambiances P-Funk et rock. La version démo leakée sur les réseaux sociaux depuis quelques années laissait cependant entrevoir quelque chose de bien meilleur encore…

  • Le très Princier « The Charade » est un des titres les plus forts de l’album. Découvert en live lors de sa tournée come-back, ce titre comporte un discret riff de sitar qui relève une production typée Minneapolis Sound. Une fois encore, on retrouve la patte D’Angelo dans le mix des voix et de la basse, sans pour autant retomber dans les ambiances Voodoo.

  • Dévoilé dimanche, « Sugah Daddy » est le titre le plus uptempo et funky de l’album – Pino Palladino entre clairement dans la case « Bassistes extra-terrestres » : mais est-ce vraiment un scoop ?  La version studio de ce titre crédité à D’Angelo, Pino Palladino et James Gadson (paroles de D’Angelo, Q-Tip et Kendra Foster) n’est pas surproduite non plus. L’arrangement des cuivres, de leurs effets et le mix des guitares font clairement de ce titre une réussite dans sa version studio.

  • « Really Love » est sublime. Un temps désignée comme premier single, cette ballade aux accents hispaniques déjà connue par beaucoup dans sa version démo et live transfigure le genre. Les arrangements de cordes accompagnent un ensemble dominé par un épatant mix des voix, de la walking-bass et des guitares de Mark Hammond et Isaiah Sharkey. Dans la lignée d’un  « When We Get By », en beaucoup mieux

  • « Back To The Future I » et « II » font écho à « Really Love » en reprenant ses cordes. Le groove et le beat rappellent parfois « Chicken Grease » sur les couplets. La deuxième partie du morceau ressuscite également « Left And Right » et les effets reverse renvoient directement à Voodoo.

  • « Till It’s Done » rappelle également certaines productions de Voodoo, les guitares  bien plus présentes en bonus. Les trente dernières secondes du morceau sont un réel plaisir auditif.

  • Les sonorités sont plus complexes sur « Prayer ». Une cloche ultra-présente et un synthé psychédélique donnent du corps au morceau avec, une nouvelle fois, une guitare assez en avant. Très réussi !

  • « Betray My Heart » est également très bien produit, mais dans l’ensemble, voici certainement le morceau le moins novateur de l’album. Avec sa walking-bass et son esthétique très latine, il renvoie lui aussi à « Spanish Joint», sur Voodoo. Les cuivres très RH Factor contribuent cependant à l’envol du morceau dans sa dernière partie.

  • « The Door » est le titre le plus acoustique de Black Messiah. Avec ses sonorités bluegrass/Dixie/New-Orleans, ce morceau apporte une touche intéressante à l’album, sans pour autant transcender le genre. Peut être qu’une version live pourrait s’avérer intéressante,. On imaginerait presque le groupe entier siffler le thème du refrain en ping-pong avec l’auditoire…

  • Enfin, la version du studio d’ « Another Life » est à la hauteur des espérances. Le sitar jouée à l’époque en live par le regretté Jef Lee Johnson est présente sur le morceau, tout comme le jeu très laidback de Chris Dave. Le falsetto légèrement réverbéré de D’Angelo est exquis, tout comme le thème final du morceau. LA ballade de l’album, comme avait pu l’être « How Does It Feel » sur Voodoo. Une très belle façon de conclure un album que tout le monde attendait impatiemment depuis 14 ans.

En conclusion, Black Messiah n’est pas aussi révolutionnaire que son prédécesseur, mais il est magistralement aussi bien produit et marque une rupture dans la continuité : les fans de la première heure et les aficionados d’un son plus contemporain s’y retrouveront. D’Angelo prouve pour la troisième fois qu’il peut prétendre à l’héritage de Marvin Gaye, Curtis Mayfield ou Sly Stone. Sont venus s’ajouter à la liste : Prince, les Beatles et George Clinton.

On se souviendra aussi qu’en 2014, le 25 décembre était exceptionnellement tombé dix jours plus tôt.

Jim Zelechowski

D’Angelo and the Vanguard Black Messiah**** (Jive/RCA/Sony). Disponible en version numérique sur toutes les plateformes légales. Version CD disponible à partir du 17/12. Double vinyle annoncé pour le 10 février.


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Le nouvel album de D’Angelo disponible sur iTunes

À peine dévoilé cette nuit lors d’une séance d’écoute exclusive à la Red Bull Music Academy de New York, Black Messiah, le troisième album studio de D’Angelo and the Vanguard est disponible en streaming sur les plateformes légales et à la vente sur iTunes. Les versions physiques (CD ou 2-LPs) sont annoncées dans les bacs pour cette semaine par le site OkayPlayer. Les premières écoutes du successeur de Voodoo, quatorze ans après, compensent d’entrée une longue absence.  Chronique à suivre…

Cliquez ici pour commander l’album en CD.

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DAngelo+2014

Audio : D’Angelo “Sugah Daddy”

Après 15 quinze ans de silence discographique, les choses s’accélèrent autour de la sortie attendue (et inespérée) de Black Messiah, le troisième album de D’Angelo. Dimanche matin, la version studio de “Sugah Daddy”, un nouveau titre joué sur scène depuis 2012, a été proposé en streaming et téléchargement via le site de la Red Bull Academy. Le premier single de D’Angelo depuis le siècle dernier est disponible en écoute ci-dessous.


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