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Vidéo : Prince “Holly Rock”

Après “Manic Monday”, le Prince Estate et Warner Records dévoilent la vidéo de “Holly Rock”, une chanson écrite et enregistrée par Prince pour Sheila E., et le deuxième single extrait de l’album Originals.

L’enregistrement de “Holly Rock”, initialement paru sur la bande originale de Krush Groove, a eu lieu fin avril 1985 aux Sunset Sound studios de Los Angeles – cette même semaine, Prince avait également enregistré “Kiss” pour son album Parade. Le single de “Holly Rock”, aujourd’hui disponible en streaming et en téléchargement, est proposé dans une version édit de 3’47” accompagnée d’une spectaculaire nouvelle vidéo animée créée par la société londonienne Electric Light Studios et co-produite par le Prince Estate et Warner Records.

Découvrez ci-dessous la vidéo animée de “Holly Rock” :

 


Prince Originals banière

Prince “Originals”

Après le pianiste-musicien salué l’an dernier dans Piano & Microphone 1983, Originals célèbre le Prince songwriter, à l’honneur dans une sélection de 15 titres confiés à ses collaborateurs les plus proches (The Time, Jill Jones, Sheila E….) et quelques commanditaires occasionnels (The Bangles, Kenny Rogers ou Martika). Sélectionnés par le Prince Estate et Jay-Z (propriétaire de la plateforme Tidal), Originals propose les versions 100% Princières, voix et arrangements inclus, de ces chansons. Chronique titre par titre :

1/ Sex Shooter (1983, 3’06)

Originellement destiné à Vanity 6 avant son débarquement de la planète Princière en 1983, le playback de « Sex Shooter » est en tous points similaires à la version chantée par Apollonia 6 dans Purple Rain, puis parue en 1984 dans l’unique album du girl-trio. Le premier titre d’Originals introduit avec clarté son concept : une collection de chansons livrées clés en main par leur auteur à ses interprètes, des intentions générales de timbres jusqu’aux moindres interjections vocales.

2/ Jungle Love (1983, 3’04)

Traitement similaire pour « Jungle Love », basé sur un instrumental de Jesse Johnson recyclé dans Ice Cream Castle, le troisième album de The Time paru en 1984. Pas de solo de guitare dans cette version aboutie, mais l’absence est comblée par l’irrésistible imitation par Prince des « singeries » de l’impayable Morris Day.

3/ Manic Monday (1983, 2’51)

Initialement destiné à Apollonia 6, « Manic Monday » devra patienter trois ans avant d’être rhabillée aux couleurs du Paisley Underground par les Bangles de Susanna Hoffs. Largement live, cette proposition rythmée par des textures acoustiques, un motif de clavecins Mozartien et des chœurs féminins (Jill Jones ?) navigue entre les fanfreluches pop de « Take Me With U » et la mélodie lead de « 1999 ». Ah, si The Revolution avait eu le temps de passer par là…

Prince Originals book 2

4/ Noon Rendez-vous (1984, 3’00)

Sheila E. est la récipiendaire privilégiée de quatre offrandes dans le tracklisting d’Originals. « Noon Rendez-vous », la ballade atmosphérique parue dans le premier album de la batteuse bouclée, n’a que peu d’affinités avec cette proposition “déproduite” et ultra-dépouillée, circonscrite par la voix a cappella de Prince et uniquement accompagnée d’un piano et d’échos lointains de LinnDrum. Splendide.

5/ Make-Up (1981, 2’27)

Inclus dans l’album Vanity 6, cet étonnant exercice electro-minimaliste anticipe les fascinantes programmations synthétiques de l’album 1999, « Something in the Water… » et « Automatic » en tête. Less is more avec l’association minimaliste d’une synth-bass, de handclaps électroniques, de claviers arabisants et d’une partie chantée robotique et désincarnée. Près de 40 ans après, nombreux sont les apprentis de l’electronica qui courent encore après ce genre de fulgurance.

6/ 100 MPH (1984, 3’30)

En 1985, Prince chipe l’arrangement original de « Kiss » au groupe Mazarati. En contre-partie, le premier album du groupe sorti en 1986 bénéficiera de « 100 MPH », mini-hit en puissance et perle deep-funk du répertoire Princier. Bien connue des fans, la version proposée au groupe de Brownmark circule en bootleg depuis plusieurs années. Surprise ! Cette anthologie propose une étonnante alternative augmentée par un discret gimmick de claviers et, surtout, la guitare hurlante de Prince, le jack directement branché dans la console, et en roue libre totale pour le choc funk’n’roll d’Originals !

Prince Originals book 1

7/ You’re My Love (1982, 4’24)

Contre-jour abyssal du titre précédent, « You’re My Love », confié au countryman Kenny Rogers en 1986 sous le pseudo de Joey Coco, est une tentative yacht-rock croonée en basso profondo par un Prince en complet contre-emploi vocal. Passé l’effet de sidération, ce prototype de 1982 bénéficie d’une agréable instrumentation calif’ dans le style de « Money Don’t Matter 2night », autrement plus agréable que le lessivage synthétique entendu dans l’album They Don’t Make Them Like They Used To du susdit Rogers.

8/ Holly Rock (1985, 6’38)

« Sheila E. is the name, Holly Rock is the game ! ». Entendu dans la BO de l’oublié Krush Groove, « Holly Rock » conjugue l’exercice de groupe — Eddie M souffle dans son saxo —, les guitares-carillons de « Erotic City » et la folie débridée des jams Princiers de l’âge d’or. Près de sept minutes d’extase pour un version extended surpassant haut la main son homologue officiel. Le sommet funky d’Originals, conclu par un hilare « Now try to dance to that ! » de son auteur.

9/ Baby You’re a Trip (1982, 5’51)

En 1987, Jill Jones, après plusieurs années passées dans l’ombre minnéapolitaine, publie son unique album solo et pulvérise (presque) toutes les autres productions estampillées Paisley Park. « Baby, You’re a Trip », unes de plus grandes ballades méconnues de Prince, constituait déjà un des Himalayas soul de Jill Jones. Piratée jusqu’à l’os depuis plusieurs décennies, le « Baby… » d’Originals offre son bonus personnel avec, en bout de piste, la stupéfiante outro a cappella de “Mia Bocca” absente des démos répertoriées.

10/ The Glamorous Life (1983, 4’12)

Hit incontournable de la carrière de Sheila E, « The Glamorous Life » inclus dans Originals est identique à la version leakée sur Internet au lendemain de la disparition de Prince. Aura-t-on droit au traitement similaire de “A Love Bizarre” sur l’hypothétique Originals Volume II ?

11/ Gigolos Get Lonely Too (1982, 4’41)

À première écoute, la ballade tragi-comique figurant sur le deuxième album de The Time partage le même playback que celui d’Originals. Oui, mais non : si l’instrumentation est identique, plusieurs écoutes approfondies confirment que ce nouveau mixage, enfin débarrassé de l’écrasement digital des premiers transferts CD, libère chaque instrument. En résulte une grandiose ballade pop-funk, dans laquelle un Prince à la voix doublée clone à nouveau Morris Day à la perfection, tout en chantant directement sur la bande son futur solo de claviers.

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12/ Love… Thy Will Be Done (1991, 4’07)

Qui se souvient de Martika, one-hit wonder des tops européens au début des 90’s ? Prince aimait tellement les volutes new age « Love… Thy Will Be Done » qu’ils les reprendra sur scène au cours de décennies suivantes. Version identique à celle distribuée sous le manteau depuis 25 ans.

13/ Dear Michelangelo (1985, 5’22)

Dernière apparition de Sheila E. au générique avec « Dear Michelangelo », une séquence uptempo apparue dans Romance 1600, en 1985. Une fois encore, un dépoussiérage avantageux rehausse les saturations de la guitare de Prince dans une prise foutraque qui n’aurait pas déparé sur le CD bonus de Purple Rain Deluxe.

14/ Wouldn’t You Love To Love Me ? (1981, 5’56)

Vieille obsession Princière réenregistrée au fil des ans et proposée à Michael Jackson avant d’atterrir chez Taja Sevelle, « Wouldn’t You Love To Love Me ? » est présentée dans sa première incarnation réalisée en 1981. Lestée par une prise de son de qualité moindre au vu des autres titres d’Originals, cette (longue) plage de travail sans véritable relief constitue le maillon faible d’un ensemble hautement satisfaisant.

15/ Nothing Compares 2 U (1984, 4’40)

Exhumée en 2018 à l’occasion d’une parution en 45-tours, l’interprétation solo de « Nothing Compares 2 U » de la chanson offerte à The Family referme Originals, un recueil parcouru d’éclairs de génie, de surprises en tous genres, d’émotion et de frustration. Comme un album de Prince…

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Prince Originals (Rhino/Warner) CD simple, téléchargement et streaming disponibles le 21 juin. Versions 2-LPs et Deluxe limité CD+2LPs disponibles le 19 juillet.


Prince studio

Prince raconté par son ingénieure du son Peggy McCreary

Ingénieure du son du studio Sunset Sound, Peggy McCreary a collaboré avec Prince entre 1981 et 1986. Après Jill Jones et l’archiviste Michael Howe dans notre série d’interviews consacrés à l’album inédit Originals, elle nous raconte ses (longues) séances de travail à ses côtés.

★★★★★★★

Funk★U : Comment êtes-vous devenue ingénieure du son ?
Peggy McCreary : J’étais serveuse au club Roxy, à Los Angeles, vers la fin des années 1970. C’était un endroit très à la mode et on y croisait beaucoup de stars de cinéma et de musiciens célèbres. J’ai fait ça pendant deux ans, puis j’en ai eu assez et j’ai commencé à suivre une formation en journée qui s’appelait Sound Masters, tout en donnant un coup de main à l’éclairage les soirs où il y avait des concerts au Roxy. Un jour, quelqu’un est venu me voir et m’a dit que si j’avais envie de faire ce boulot sérieusement, je devais rentrer dans un vrai studio. Sunset Sound, qui était un des plus grands studios de Los Angeles à l’époque, cherchait justement quelqu’un. J’ai postulé et ils m’ont engagé, à ma grande surprise ! J’ai commencé par nettoyer les bandes, m’occuper du café et toutes sortes de tâches ménagères jusqu’au jour où un ingénieur du son m’a demandé de l’aider à installer le matériel pour une séance de Kris Kristofferson. Après avoir installé les micros et placé les bandes, son producteur David Enderle est venu me voir et m’a dit : « je ne sais pas qui tu es, mais tu assures et je voudrais que tu participes à l’enregistrement. » J’avais 23 ans et c’est comme ça que tout a commencé.

C’est un métier essentiellement masculin. Y-avait-il quand même quelques femmes ingénieurs du son à l’époque ?
Non, nous n’étions pas nombreuses. C’est un métier très dur géré par des hommes, et ils n’aimaient pas trop qu’on vienne interférer dans leur business (rires).

Quand avez-vous travaillé avec Prince pour la première fois ?
Ça devait être au début 1981, à la toute fin de l’enregistrement de Controversy. Prince avait commencé à travailler au studio Hollywood Sound, mais il venait juste de fermer. C’était le week-end et il cherchait un studio disponible et je travaillais je jour-là. Je ne savais pas du tout qui il était, il n’était pas très connu à l’époque — peu de temps après, Prince et Jesse Johnson étaient arrivés au studio en riant parce qu’une poignée de fans les avaient reconnu, ça avait l’air tout nouveau pour eux… En revanche, la réceptionniste de Sunset Sound avait entendu parler de lui et elle était inquiète de savoir que j’allais passer le week-end seule avec lui dans studio. Je lui ai demandé pourquoi, et elle m’a expliqué qu’il chantait des chansons très osées qui parlaient de fellation entre autres, mais lorsqu’il est arrivé, j’ai eu affaire à un garçon très poli et assez timide. Il parlait très peu, voire pas du tout, et à un moment, j’ai craqué et je lui ai dit : « il faut me parler au lieu de marmonner, sinon on n’arrivera à rien ». J’ai cru que je ne travaillerais plus jamais avec lui, mais il a fini par me rappeler et nous avons collaboré ensemble pendant cinq ans.

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Sunset Sound, Studio 3

Prince avait-il un studio préféré à Sunset Sound ?
Oui, le studio 3. Sunset Sound avait été construit dans les années 1950 principalement pour enregistrer les bandes originales des films de Walt Disney, puis le boom du rock’n’roll dans les années 1960 l’a transformé en un de plus grands studios de Los Angeles en passant de deux à trois studios opérationnels, ce qui était encore rare à l’époque. On travaillait dans le studio 2 parfois, mais Prince préférait utiliser le 3 parce qu’il n’avait pas besoin de passer par le couloir pour aller aux toilettes car le studio 3 avait ses propres toilettes. Il y avait aussi un accès privé qui lui permettait d’aller et venir sans être vu, et également un terrain de basket à proximité. Il aimait bien shooter quelques paniers entre deux séances.

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Peggy McCreary

Vu de la console, à quoi ressemblait une séance d’enregistrement de Prince ?
Le plus souvent, nous étions tous les deux les seules personnes présentes derrière la console. Prince devait créer seul et c’était un spectacle fabuleux de voir son génie à l’œuvre. Je crois qu’il était plus à l’aise dans un studio que n’importe où ailleurs, à l’exception de la scène. Malheureusement, je ne l’ai pas beaucoup vu en live, sauf un jour où il m’avait invité à un concert de la tournée 1999 la veille du nouvel an. C’était la première fois que je le voyais sur scène et j’avais été époustouflée. Il donnait tellement de lui-même au public, avec une énergie incroyable, sachant qu’il n’y a rien de plus épuisant que les tournées. J’avais même parfois l’impression qu’il se reposait dans le studio… Pour répondre à votre question, si je devais comparer ces deux types de performances, je pense que ses performances en studio était plus réfléchies et moins instinctives que ses prestations scéniques. Mais elles n’en n’étaient pas moins spectaculaires.

À l’époque de Purple Rain, certaines séances pouvaient durer près de 24 heures non-stop. Comment faisiez-vous face ce challenge ?
On ne faisait pas face, on était juste mort (rires). C’était épuisant. Épuisant… Cinq années avec lui équivalaient à quinze ans. Un jour, nous avons travaillé une journée entière d’affilée, je crois que c’était pour l’enregistrement de « Computer Blue »… Un autre jour, nous venions de terminer « Manic Monday » vers six heures du matin, et Prince nous reconvoque le même jour pour 18 heures. J’étais épuisée et je me suis dit : « parfait, je vais pouvoir dormir un peu. » Je rentre chez moi, je m’endors et le téléphone sonne à 10 heures et on m’annonce que Prince veut que l’on soit de retour au studio à midi. Je remonte dans ma voiture pour retourner à Sunset Sound, puis Prince arrive dans le studio avec un grand sourire aux lèvres en disant : « je vous avais bien dit que j’allais revenir si je rêvais d’un nouveau couplet ! » (rires). C’était ça la vie avec Prince, il fallait être prêt à tout à n’importe quelle heure de la journée… Parfois, lorsqu’il rentrait chez lui à Minneapolis, je rêvais qu’il était revenu à l’improviste à Los Angeles et je me réveillais avec des sueurs froides (rires). Avec lui, il n’y avait jamais de « bonjour », ni d’« au revoir » ou « à la semaine prochaine » : il apparaissait aussi rapidement qu’il disparaissait.

Vous avez travaillé pendant cinq années avec Prince et sur les albums Controversy, 1999, Purple Rain, Around the World in a Day et Parade. Avez-vous vu Prince progresser en tant que musicien et producteur ?
Oui. Il avait 23 ans la première fois qu’on s’était rencontrés, à l’époque de Controversy. C’était déjà un excellent musicien mais il était encore un peu immature. Les choses ont commencé à réellement être sérieuses à partir de 1999. Sur un plan plus personnel, j’ai vraiment commencé à l’apprécier à ce moment-là. Après Purple Rain, il est devenu une sorte de mogul. Je pense que c’est ce qu’il désirait depuis le début, mais la différence, c’est que cette fois, le grand public s’en était rendu compte. J’ai été témoin de cette transformation.Prince Originals_Cover-Digital

Y-a-t-il eu parfois des frictions entre vous deux ?
C’était un job très intense et beaucoup de poids reposait sur mes épaules d’un point de vue technique. Parfois, il pouvait être très dur avec vous, surtout quand il était de mauvaise humeur. Un matin, son manager est arrivé en me disant qu’il avait joué la veille au Coliseum et qu’il s’était fait huer par le public des Rolling Stones. Il était d’un humeur massacrante et je me suis fait très discrète ce jour-là. Je ne savais même pas qu’il avait fait leur première partie, mais sur le moment, j’ai pensé qu’envoyer sur scène musicien en lingerie n’était peut-être pas la meilleure idée pour ouvrir un show des Stones (rires).

Vous avez également collaboré à de nombreux titres d’Originals. Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?
Bien sûr, il y a « Manic Monday » dont je viens de vous parler. C’était une chanson joyeuse et je me souviens du jour où Prince avait invité Apollonia à la chanter en lead. J’avais été surprise que cette chanson ne soit pas sortie sur son album, mais par un coup du hasard, j’ai été également ingénieure du son sur la version des Bangles produite par David Khan. Chaque fois que je l’entends à la radio, ça me rappelle des souvenirs. It was a fun day (rires) ! J’adore aussi Sheila E., avec qui j’aimais beaucoup travailler, et The Time, une bande de types très doués et surtout très drôles. Plus largement, c’était toujours agréable d’avoir quelqu’un avec nous en studio, car la plupart du temps, nous étions seuls Prince et moi.

Quels sont les titres inédits de Prince sur lesquels vous aviez travaillé et que vous aimeriez voir paraitre ?
Je suis en relation avec Michael Howe, le responsable des archives, et certains titres que j’affectionne particulièrement devraient prochainement sortir. Un soir, Prince enregistrait une face-B. L’ambiance était très relax. Avec Prince, nous n’avons jamais fait la fête, mais ce soir-là, il m’a demandé ce que voulais boire et je lui ai répondu « du cognac Remy Martin ». Il a en commandé une bouteille, mais j’ai refusé d’en boire car je devais rester concentrée sur mon travail. Il a insisté, et finalement, nous avons bu quelques verres tout les deux et il a enregistré cette chanson, seul au piano, en tapant le rythme sur la pédale du piano. Je lui avais installé ses micros favoris, les U-47 de Neumann, une chambre d’écho, la meilleure de Sunset Sound, et il avait son son de piano préféré. Il aimait beaucoup mon son de piano. Après l’enregistrement, on a passé la nuit à mixer ce titre, puis je n’en n’ai plus entendu parler. Je ne l’ai découvert que près de vingt plus tard en écoutant une compilation de ses faces-B que j’avais acheté à Amoeba, à Hollywood. C’était « How Come U Don’t Call Me Anymore », et la version complète de cette chanson va bientôt sortir. Elle est beaucoup plus longue, car nous avions dû faire un fade-out pour qu’elle tienne sur la face-B du 45-tours « 1999 ».

Avez-vous d’autres titres en tête ?
L’autre jour, nous avons également évoqué la version initiale de « When Doves Cry ». À l’époque, son enregistrement avait duré deux jours alors que Prince avait l’habitude de terminer une chanson en un jour, un jour et demi maximum. Il y avait tellement d’éléments sur cette chanson qu’à un moment, on risquait de perdre son essence. Il y avait un trop grand nombre de couches de synthés et des guitares hurlantes de tous les côtés… Pour ma part, je ne trouvais pas cette chanson si exceptionnelle. J’aimais bien son texte, mais ça s’arrêtait là. Au milieu de la nuit, il a commencé à retirer des pistes, puis, au petit matin, il a fini par enlever la partie de basse et c’est devenu un classique. Il était sept heures du matin et j’étais allée chercher le veilleur de nuit du studio pour lui faire entendre ce que nous venions d’enregistrer. C’était magique. Prince avait « déproduit » sa chanson et il avait eu raison. Je me souviens aussi de la petite astuce que nous avions mise au point pour le solo de claviers qui clôture la chanson. C’était une partie difficile à jouer, même si Prince était un excellent musicien. Il l’a jouée au ralenti, puis nous l’avons accélérée sur la bande et le tour était joué ! Prince aimait bien ce genre d’astuces. Il avait l’habitude brancher les instruments directement sur les pédales d’effets guitare et tout le monde se demandait d’où venait ces sons. J’ai même fini par racheter ses pédales pour m’en servir sur d’autres enregistrements à Sunset Sound… Pour lui, il n’y avait pas de règles : si ça marchait, tant mieux, et il ne posait pas de questions.

Comment s’est arrêtée votre collaboration avec Prince ?
C’était après l’enregistrement de Parade. Nous étions en juillet 1986, et son tour manager Alan Leeds m’avait appelé pour installer un camion d’enregistrement mobile à Minneapolis en vue de l’enregistrement d’un concert. J’étais enceinte et j’ai refusé. J’avais déjà fait la même chose pour la première de Purple Rain et sur de nombreux concerts, mais c’était trop fatiguant pour une femme enceinte. C’est comme ça que notre collaboration s’est arrêtée. La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans un studio au milieu des années 1990, avec ma fille qui venait d’avoir huit ans.

Quel souvenir gardez-vous de ces années passées aux côtés de Prince ?
C’était un musicien exceptionnel, je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un d’autre comme lui. Il a aussi modifié ma perception de la création et de l’excellence musicale, car il pouvait faire en une journée ce qu’autres passent des mois à réaliser. C’était un génie. J’adorais aussi l’entendre jouer du piano. Parfois, il jouait pendant des heures et son micro restait branché et j’en profitais de l’autre côté de la cabine… Aujourd’hui, je suis mère de famille. Quand Prince a donné sa résidence 21 Nights à Los Angeles en 2011, j’ai pu emmener mes filles le voir sur scène, et elles ont enfin compris de quoi je leur parlais depuis toutes ces années.

 Propos recueillis par Christophe Geudin

Prince Originals. Disponible en exclusivité sur la plateforme Tidal depuis le 7 juin. CD simple, téléchargement et streaming disponibles le 21 juin (Rhino/Warner). Versions 2-LPs et Deluxe limité CD+2LPs disponibles le 19 juillet.

 


Prince Originals 1981

Michael Howe : « J’ai passé en revue 262 titres du Vault pour Prince : Originals »

Attendu en juin, Originals contient 15 titres enregistrés par Prince pour ses collaborateurs les plus proches (The Time, Jill Jones, Sheila E….). Dans le premier épisode d’une série d’interviews à paraître sur www.funku.fr, Michael Howe, l’archiviste du Prince Estate, revient sur la conception de cet album et nous plonge dans le Vault de Prince.

★★★★★★★

Funk★U : Nous avions évoqué ensemble l’an dernier l’album Piano & Microphone et votre travail d’archiviste à l’intérieur du fameux Vault de Prince. Comment les choses ont-elles évolué depuis ?
Michael Howe : Nous avons archivé beaucoup plus de matériel depuis notre dernière conversation. Nous avons aussi passé beaucoup de temps sur la digitalisation, la préservation et l’organisation du contenu du Vault. Pour résumer, nous avons fait des progrès exceptionnels d’un point de vue quantitatif.

Originals réunit 15 titres enregistrés par Prince pour d’autres artistes. Quel est le point de départ de ce projet ?
Après avoir publié « Nothing Compares 2 U » en single l’an dernier, nous avons décidé de conserver l’esprit de cette parution en rendant hommage au travail de Prince effectué dans l’ombre pour d’autres artistes. Prince mettait son écriture, ses qualités de producteur et, plus généralement, ses capacités de musicien de studio au service d’autres artistes, et c’est cette facette de son talent que nous voulions mettre en avant.

De quelle manière avez-vous sélectionné les titres d’Originals ?
J’ai tout d’abord élaboré une première liste de chansons sur lesquelles Prince était impliqué en tant que songwriter, instrumentiste, arrangeur ou producteur pour d’autres artistes. J’ai passé en revue environ 262 titres du Vault pour aboutir aux 15 présents dans Originals.

Quel est votre titre préféré dans cette sélection ?
« Baby You’re A Trip ». D’un point de vue personnel, je considère que cette chanson contient tout ce que j’aime chez Prince. La performance vocale est exceptionnelle, la chanson est superbement construite, la mélodie est magnifique et l’implication de Jill Jones est formidable, car elle fournit un contrepoint intéressant à la voix de Prince… Bref, cette chanson possède tous ces éléments qui font de Prince un si grand artiste.

Quels étaient les choix de Troy Carter, le représentant du Prince Estate, et ceux de Jay-Z, le président de Tidal ?
Je crois que Jay-Z a insisté pour inclure « Love Thy Will Be Done » dans cette sélection. Je me souviens qu’il était aussi très enthousiaste à l’idée d’avoir « Jungle Love » de The Time dans cet album… Dans l’ensemble, je crois que Troy Carter et Jay-Z ont fait confiance à mon jugement et notre collaboration a été très facile, nous avons vraiment travaillé la main dans la main.

Sur quels supports étaient stockés ces titres ?
La plupart étaient disponibles sur des bandes analogiques 1/2 pouces et il s’agissait la plupart du temps de rough mixes. D’autres figuraient sur des cassettes, mais certaines d’entre elles n’étaient pas d’assez bonne qualité d’un point de vue sonore. Nous avons donc réalisé un nouveau mix sur des bandes multipistes en nous basant sur les spécifications de la cassette. Au final, l’auditeur peut donc entendre ce qui figurait sur ces cassettes avec un son optimal.

Avez-vous procédé à un quelconque editing sur ces titres ?
Non, et c’est même le contraire dans le cas de « Baby You’re A Trip » , la version qui circulait en bootleg depuis des années n’était pas complète, contrairement à celle qu’on entend dans Originals.

À l’écoute d’Originals, on constate que certains titres sonnent mieux que leurs versions parues officiellement à l’époque.
Oui, je suis d’accord, et c’est grâce à l’ingénieur du son Bernie Grundman, qui avait beaucoup travaillé avec Prince et qui est, à mon avis, le meilleur spécialiste du remastering dans ce métier. Nous essayons de travailler avec le maximum de personnes qui étaient présentes autour de Prince à l’époque et par chance, toutes ces personnes souhaitent collaborer sur ces nouveaux projets.

En revanche, la qualité sonore de « Wouldn’t You Love To Love Me » est inférieure au reste des titres de l’album. Pourquoi avoir choisi de l’inclure ?
En effet, ce titre, que Prince a enregistré vers la fin 1981 sur une console 16-pistes, n’a pas la qualité sonore d’autres titres présents sur cet album. Nous avons pourtant choisi de l’inclure dans Originals car de nombreuses versions de cette chanson circulent depuis de nombreuses années dans le cercle des collectionneurs, mais celle que nous proposons n’a jamais vu le jour. L’autre intérêt provenait du fait qu’il s’agit de la toute première mouture d’une chanson qui n’allait pas paraître avant 1987, sur l’album de Taja Sevelle.

À vous écouter, le contenu du Vault semble infini. Peut-on déjà rêver d’un Originals Part 2 ?
Bien sûr, il y aurait tellement de candidats pour d’autres volumes dans le cadre d’une série, mais à ce stade, je ne pense pas que cette idée soit programmée. Ceci étant, si Originals est bien accueilli par le public, les choses pourraient changer…

                                  Propos recueillis par Christophe Geudin

Prince Originals. Disponible en exclusivité sur la plateforme Tidal à partir du 7 juin. CD simple, téléchargement et streaming disponibles le 21 juin (Rhino/Warner). Versions 2-LPs et Deluxe limité CD+2LPs disponibles le 19 juillet.

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« Prince Originals » titre par titre

Après le pianiste-musicien salué l’an dernier dans Piano & Microphone 1983, Originals célèbre le Prince songwriter, à l’honneur dans une sélection de 15 titres confiés à ses collaborateurs les plus proches (The Time, Jill Jones, Sheila E….) et quelques commanditaires occasionnels (The Bangles, Kenny Rogers ou Martika). Sélectionnés par le Prince Estate et Jay-Z (propriétaire de la plateforme Tidal), Originals propose les versions 100% Princières, voix et arrangements inclus, de ces chansons.

Deux semaines avant sa parution exclusive sur Tidal* et sa distribution physique fin juin, Funk★U vous révèle en exclusivité son contenu inédit. Attention, spoilers !

★★★★★★★

1/ Sex Shooter (1983, 3’06)

Originellement destiné à Vanity 6 avant son débarquement de la planète Princière en 1983, le playback de « Sex Shooter » est en tous points similaires à la version chantée par Apollonia 6 dans Purple Rain, puis parue en 1984 dans l’unique album du girl-trio. Le premier titre d’Originals introduit avec clarté son concept : une collection de chansons livrées clés en main par leur auteur à ses interprètes, des intentions générales de timbres jusqu’aux moindres interjections vocales.

2/ Jungle Love (1983, 3’04)

Traitement similaire pour « Jungle Love », basé sur un instrumental de Jesse Johnson recyclé dans Ice Cream Castle, le troisième album de The Time paru en 1984. Pas de solo de guitare dans cette version aboutie, mais l’absence est comblée par l’irrésistible imitation par Prince des « singeries » de l’impayable Morris Day.

3/ Manic Monday (1983, 2’51)

Initialement destiné à Apollonia 6, « Manic Monday » devra patienter trois ans avant d’être rhabillée aux couleurs du Paisley Underground par les Bangles de Susanna Hoffs. Largement live, cette proposition rythmée par des textures acoustiques, un motif de clavecins Mozartien et des chœurs féminins (Jill Jones ?) navigue entre les fanfreluches pop de « Take Me With U » et la mélodie lead de « 1999 ». Ah, si The Revolution avait eu le temps de passer par là…

Prince Originals book 2

4/ Noon Rendez-vous (1984, 3’00)

Sheila E. est la récipiendaire privilégiée de quatre offrandes dans le tracklisting d’Originals. « Noon Rendez-vous », la ballade atmosphérique parue dans le premier album de la batteuse bouclée, n’a que peu d’affinités avec cette proposition “déproduite” et ultra-dépouillée, circonscrite par la voix a cappella de Prince et uniquement accompagnée d’un piano et d’échos lointains de LinnDrum. Splendide.

5/ Make-Up (1981, 2’27)

Inclus dans l’album Vanity 6, cet étonnant exercice electro-minimaliste anticipe les fascinantes programmations synthétiques de l’album 1999, « Something in the Water… » et « Automatic » en tête. Less is more avec l’association minimaliste d’une synth-bass, de handclaps électroniques, de claviers arabisants et d’une partie chantée robotique et désincarnée. Près de 40 ans après, nombreux sont les apprentis de l’electronica qui courent encore après ce genre de fulgurance.

6/ 100 MPH (1984, 3’30)

En 1985, Prince chipe l’arrangement original de « Kiss » au groupe Mazarati. En contre-partie, le premier album du groupe sorti en 1986 bénéficiera de « 100 MPH », mini-hit en puissance et perle deep-funk du répertoire Princier. Bien connue des fans, la version proposée au groupe de Brownmark circule en bootleg depuis plusieurs années. Surprise ! Cette anthologie propose une étonnante alternative augmentée par un discret gimmick de claviers et, surtout, la guitare hurlante de Prince, le jack directement branché dans la console, et en roue libre totale pour le choc funk’n’roll d’Originals !

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7/ You’re My Love (1982, 4’24)

Contre-jour abyssal du titre précédent, « You’re My Love », confié au countryman Kenny Rogers en 1986 sous le pseudo de Joey Coco, est une tentative yacht-rock croonée en basso profondo par un Prince en complet contre-emploi vocal. Passé l’effet de sidération, ce prototype de 1982 bénéficie d’une agréable instrumentation calif’ dans le style de « Money Don’t Matter 2night », autrement plus agréable que le lessivage synthétique entendu dans l’album They Don’t Make Them Like They Used To du susdit Rogers.

8/ Holly Rock (1985, 6’38)

« Sheila E. is the name, Holly Rock is the game ! ». Entendu dans la BO de l’oublié Krush Groove, « Holly Rock » conjugue l’exercice de groupe — Eddie M souffle dans son saxo —, les guitares-carillons de « Erotic City » et la folie débridée des jams Princiers de l’âge d’or. Près de sept minutes d’extase pour un version extended surpassant haut la main son homologue officiel. Le sommet funky d’Originals, conclu par un hilare « Now try to dance to that ! » de son auteur.

9/ Baby You’re a Trip (1982, 5’51)

En 1987, Jill Jones, après plusieurs années passées dans l’ombre minnéapolitaine, publie son unique album solo et pulvérise (presque) toutes les autres productions estampillées Paisley Park. « Baby, You’re a Trip », unes de plus grandes ballades méconnues de Prince, constituait déjà un des Himalayas soul de Jill Jones. Piratée jusqu’à l’os depuis plusieurs décennies, le « Baby… » d’Originals offre son bonus personnel avec, en bout de piste, la stupéfiante outro a cappella de “Mia Bocca” absente des démos répertoriées.

10/ The Glamorous Life (1983, 4’12)

Hit incontournable de la carrière de Sheila E, « The Glamorous Life » inclus dans Originals est identique à la version leakée sur Internet au lendemain de la disparition de Prince. Aura-t-on droit au traitement similaire de “A Love Bizarre” sur l’hypothétique Originals Volume II ?

11/ Gigolos Get Lonely Too (1982, 4’41)

À première écoute, la ballade tragi-comique figurant sur le deuxième album de The Time partage le même playback que celui d’Originals. Oui, mais non : si l’instrumentation est identique, plusieurs écoutes approfondies confirment que ce nouveau mixage, enfin débarrassé de l’écrasement digital des premiers transferts CD, libère chaque instrument. En résulte une grandiose ballade pop-funk, dans laquelle un Prince à la voix doublée clone à nouveau Morris Day à la perfection, tout en chantant directement sur la bande son futur solo de claviers.

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12/ Love… Thy Will Be Done (1991, 4’07)

Qui se souvient de Martika, one-hit wonder des tops européens au début des 90’s ? Prince aimait tellement les volutes new age « Love… Thy Will Be Done » qu’ils les reprendra sur scène au cours de décennies suivantes. Version identique à celle distribuée sous le manteau depuis 25 ans.

13/ Dear Michelangelo (1985, 5’22)

Dernière apparition de Sheila E. au générique avec « Dear Michelangelo », une séquence uptempo apparue dans Romance 1600, en 1985. Une fois encore, un dépoussiérage avantageux rehausse les saturations de la guitare de Prince dans une prise foutraque qui n’aurait pas déparé sur le CD bonus de Purple Rain Deluxe.

14/ Wouldn’t You Love To Love Me ? (1981, 5’56)

Vieille obsession Princière réenregistrée au fil des ans et proposée à Michael Jackson avant d’atterrir chez Taja Sevelle, « Wouldn’t You Love To Love Me ? » est présentée dans sa première incarnation réalisée en 1981. Lestée par une prise de son de qualité moindre au vu des autres titres d’Originals, cette (longue) plage de travail sans véritable relief constitue le maillon faible d’un ensemble hautement satisfaisant.

15/ Nothing Compares 2 U (1984, 4’40)

Exhumée en 2018 à l’occasion d’une parution en 45-tours, l’interprétation solo de « Nothing Compares 2 U » de la chanson offerte à The Family referme Originals, un recueil parcouru d’éclairs de génie, de surprises en tous genres, d’émotion et de frustration. Comme un album de Prince…

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*Originals sera disponible en exclusivité sur la plateforme Tidal à partir du 7 juin. CD simple, téléchargement et streaming disponibles le 21 juin. Versions 2-LPs et Deluxe limité CD+2LPs disponibles le 19 juillet.


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L’album inédit de Prince “Originals” disponible en juin

Quelques jours après l’annonce de la parution cet automne de la (semi)autobiographie de Prince The Beautiful Ones, le Prince Estate, Warner Bros. Records et la plateforme Tidal annoncent la sortie cet été de l’album inédit Originals. Composée de 15 titres, cette sélection propose les versions Princières de chansons emblématiques enregistrées par The Time, Vanity 6, Sheila E., Apollonia 6, Jill Jones, The Family, Mazarati, sans oublier Martika, Taja Sevelle, The Bangles et Kenny Rogers (tracklisting ci-dessous). Originals sera disponible en exclusivité sur la plateforme Tidal à partir du 7 juin, puis en CD simple, téléchargement et streaming le 21 juin. Il faudra ensuite attendre le 19 juillet pour obtenir les versions 2-LPs et Deluxe limité CD+2LPs.

Communiqué officiel

(Minneapolis, le 25 avril 2019) Prince restera à jamais dans les esprits comme un performer scénique hors-pair, un musicien ayant conquis les charts et un précurseur dans l’industrie du disque. En parallèle d’une riche carrière étalée sur quatre décennies, Prince œuvrait également sans relâche en coulisses pour promouvoir le talent d’artistes qu’il respectait en leur écrivant des chansons. Prince OriginalsEn juin, le Prince Estate, en partenariat avec Warner Bros. Records et TIDAL, publiera Originals, un album de 15 titres incluant 14 enregistrements inédits soulignant le rôle vital joué en coulisses par Prince dans les carrières d’autres artistes. Ces titres ont été sélectionnés par Troy Carter, le représentant du Prince Estate, et JAY-Z. Originals sera disponible en exclusivité à partir du 7 juin et pendant deux semaines sur la plateforme TIDAL. Afin de respecter la manière avec laquelle Prince souhaitait partager sa musique avec ses fans, l’album sera disponible en qualité audio supérieure pour les abonnés du service HiFi de Tidal. Ces derniers pourront ainsi découvrir ces enregistrements tels que l’artiste le désirait.  Le 21 juin, Warner Bros. Records publiera cette extraordinaire sélection issue des vastes archives du Vault sur toutes les plateformes de téléchargement et de streaming ainsi qu’en CD. Le double-vinyle 180-grammes et l’édition Deluxe limitée CD+2LP seront disponibles le 19 juillet.

À partir du milieu des années 1980, Prince dominait les charts en tant qu’ auteur/producteur de chansons écrites et enregistrées pour d’autres. En plus d’avoir publié neuf de ses plus grands albums à succès, il composait et enregistrait de très nombreux titres pour ses protégés The Time, Vanity 6, Sheila E., Apollonia 6, Jill Jones, the Family et Mazarati. Parfois, les démos originales de Prince servaient de masters avec seulement quelques modifications instrumentales mineures et le remplacement de la piste vocale principale. D’autres artistes se basaient sur ces démos pour guider leurs propres enregistrements, avec la prise initiale réalisée par Prince comme modèle. Il en résultait une transformation complète d’un paysage musical et d’une culture mainstream dont Prince était à la fois le meneur et l’élément perturbateur.

Certaines chansons d’Originals ont été des hits importants pour quelques artistes. “The Glamorous Life” de Sheila E. a été classée numéro 1 des charts dance en 1984 et l’énorme succès de “Manic Monday” a propulsé le single et l’album Different Light des Bangles à la deuxième place des classements pop. L’album de The Time Ice Cream Castle, qui contient le hit “Jungle Love”, est resté pendant 57 semaines dans le Billboard 200. En 1991, Martika a connu un succès international avec “Love… Thy Will Be Done”, classé dans le top 10 en France, Australie, au Royaume-Uni et aux USA. Originals lève le voile sur les origines de ces chansons familières aux côtés d’extraits d’albums tels “Make-Up”, écrite pour Vanity 6, “Baby, You’re a Trip” pour Jill Jones et “You’re My Love” composée pour Kenny Rogers. L’album contient également la majestueuse version originale de Prince de “Nothing Compares 2 U”, enregistrée en 1984 et parue en single en 2018.

 

Titre Première parution (Artiste: Album – année)

Année de l’enregistrement de la version proposée dans Originals

1. Sex Shooter  Apollonia 6: Apollonia 6 – 1984

1983

2. Jungle Love The Time: Ice Cream Castle – 1984

1983

3. Manic Monday The Bangles: Different Light – 1985

1984

4. Noon Rendezvous Sheila E.: The Glamorous Life – 1984

1984

5. Make-Up Vanity 6: Vanity 6 – 1982

1981

6. 100 MPH  Mazarati: Mazarati – 1986

1984

7. You’re My Love Kenny Rogers: They Don’t Make Them Like They Used To – 1986

1982

8. Holly Rock  Sheila E.: Krush Groove (OST) – 1985

1985

9. Baby, You’re a Trip Jill Jones: Jill Jones – 1987

1982

10. The Glamorous Life  Sheila E.: The Glamorous Life – 1984

1983

11. Gigolos Get Lonely Too The Time: What Time Is It? – 1982

1982

12. Love… Thy Will Be Done Martika: Martika’s Kitchen – 1991

1991

13. Dear Michaelangelo Sheila E.: Romance 1600 – 1985

1985

14. Wouldn’t You Love to Love Me? Taja Sevelle: Taja Sevelle – 1987

1981

15. Nothing Compares 2 U The Family: The Family – 1985

1984

 


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