Gregory Porter en couverture de Jazz Magazine/Jazzman n°656

En plus de subir un blind-test particulièrement “tangentiel”, Gregory Porter, la révélation soul/jazz de l’année, est en couverture de Jazz magazine/Jazzman n°656. Également au sommaire d’un copieux numéro consacré aux 120 plus grands duos du jazz, les chocs de l’année de la rédaction, avec plusieurs noms qui ne seront pas inconnus au fidèles lecteurs de Funk★U…

Jazzmag/Jazzmann n°656. En kiosques


RIP Oliver Cheatham (1948-2013)

Oliver Cheatham, one-hit wonder mondialement connu pour son tube “Get Down Saturday Night” (1983) est décédé d’une crise cardiaque le 29 novembre à l’âge de 65 ans. L’ancien choriste d’Al Hudson et One Way, membre de Mad Dog and the Pups, Butch and the Newports, Round-Trip et de nombreuses formations underground de la fin des années 1970 s’était produit cette année au Baltic Soul Weekender. RIP, Oliver Cheatham.


Andy+Allo+Alhambra2013

Live Report : Andy Allo, Paris (L’Alhambra) 27/11/2013

Quatre mois après son dernier passage dans la capitale, à la Maroquinerie, Andy Allo investit l’Alhambra dans le cadre de sa première “vraie” tournée européenne. Le choix de deux dates si rapprochées était-il judicieux ? Pas sûr, au vu du public restreint présent dans la salle. Une chose est certaine dans tous les cas : la belle Andy ratisse large. À notre gauche, une jeune fille explique qu’elle se rend bientôt au concert de One Direction. A droite, une famille composée exclusivement de fans de Prince – le père n’aura cesse de réajuster son pendentif Love Symbol, au cas où. La diversité du public s’explique par la soul “gentille” que tisse l’ex-guitariste princière. Sans jamais quitter son sourire, elle nous explique que les Français sont très “aimants”, avant de confier qu’elle est une vraie cœur d’artichaut.

Mignon, comme ses chansons, exécutées à la perfection, presque trop. Le show est plus que carré (mention spéciale au guitariste, très inventif lors de ses interventions solo), rien à redire de ce côté. Pourtant, comme sur disque, les morceaux souffrent d’une retenue, jamais suffisamment profonds pour provoquer le grand frisson et jamais assez funky pour amener à la jubilation. D’autant que les cuivres sont absents. Loin d’être la pire des protégées du Purple King (au hasard, Bria Valente…), Andy Allo peine encore à se trouver une réelle identité musicale. Pourtant, elle l’a encore prouvé ce soir, le potentiel est bien là.

Noé Termine

Setlist

  • Sometimes
  • Fly Away
  • Thinkin About You/Waiting in Vain (Bob Marley cover)
  • Yellow Gold
  • Hooked
  • The Calm
  • When Stars Collide
  • Who’s That Lady (Isley Brothers – TBC)
  • Long Gone
  • If I Was King
  • Tyrone (Erykah Badu)
  • People Pleaser

Rappel :

  • Superconductor

 


The Brand New Heavies “On avait besoin d’un souffle nouveau”

Alors qu’ils étaient initialement programmés au Café de la Danse début novembre, les Brand New Heavies avaient été déplacés à la dernière minute au Trabendo. 200 places de plus, pour une salle tout de même pleine à craquer. Signe que l’acid jazz – ou, appelons un chat un chat : le funk anglais -, des années 1990 fait encore quelques émules. Quelques heures avant le show, nous avions rencontré le batteur Jan Kincaid, pour discuter de la nouvelle recrue, Dawn Joseph, mais aussi du passé, de la rencontre des Brand New Heavies avec le hip-hop, et du prochain album. Prévu pour quand ? Réponse plus bas !

★★★★★★★★★★★★

FunkU : Comment en êtes-vous venus à travailler avec Dawn Joseph, qui est maintenant la chanteuse attitrée ?

Jan Kincaid : Elle nous a été recommandée l’an dernier par un musicien, alors que nous étions à la recherche d’une chanteuse. On voulait une anglaise, afin de faciliter le travail en termes géographiques. Elle est assez unique et elle fait partie du business depuis longtemps, même si peu de gens la connaissent. Elle a travaillé avec CeeLo Green, Eric Clapton ou encore Kylie Minogue. Elle n’a jamais vraiment réalisé ses propres projets, donc c’était une aubaine pour nous. Elle est fantastique, aussi bien en tant que chanteuse qu’en tant que performer. Elle nous ouvre de nouveaux horizons.

Les autres chanteuses n’ont pas été vexées ?

N’dea (Davenport, ndr) était partie de toutes façons. Elle a fait plusieurs allers et retours dans le groupe, mais c’était compliqué car elle réside aux Etats-Unis, cela pouvait nous coûter très cher de la faire venir pour certains concerts. Ça faisait sens pour nous de travailler avec quelqu’un qui soit plus proche. Elle n’est plus vraiment dans le projet, donc ces dernières années, l’énergie s’était un peu estompée. On avait besoin d’un souffle nouveau.

Vous avez l’impression d’avoir trouvé votre voix ?

Oui, définitivement, et ça ne devrait pas changer. En 25 ans, nous avons eu la chance de travailler avec des artistes fantastiques. On travaille à un nouvel album avec Dawn, il sortira probablement en mars, et sera très funky.

Dawn Joseph sur la scène du Trabendo

Vous n’avez pas l’air de considérer Dunk Your Trunk (2011) comme un de vos disques.

C’était un album créé pour une compagnie qui fait de la synchronisation de publicité. Ça s’est fait très vite, et ce n’est pas vraiment un disque des Brand New Heavies dans la mesure où nous n’y avons pas passé beaucoup de temps. Mais beaucoup de gens l’ont aimé, et ont trouvé qu’il avait de la substance. Mais ce n’est pas vraiment un album de studio, il a plus l’aspect d’une jam. C’est un peu un pastiche, mais c’était l’idée et on l’aime bien. On est aussi en train d’enregistrer un nouvel album instrumental, plus jazzy, en formation guitare-basse-batterie-saxophone. Mais il sera plus préparé.

Qu’en est-il des rumeurs sur Heavy Rhymes Experience, vol. II ?

On adorerait le faire, mais le problème est que c’est difficile à réaliser. Ça mobilise tellement de personnes. C’est quelque chose qu’il faut faire en arrière plan. Le premier a été fait à une époque totalement différente pour le hip-hop, à son âge d’or. Le hip-hop a tellement changé aujourd’hui, il est devenu très commercial, il y a beaucoup de très mauvaises choses qui sortent. Il y a aussi des choses très bonnes, mais elle restent underground, car le mainstream prend
trop de place, c’est horrible, les paroles aussi… Nous pourrions travailler avec Kendrick Lamar par exemple, il est très bon, mais il sonne comme un mec de l’époque, j’aime bien aussi Jay Z, De La Soul, Q-Tip… On le ferra donc peut-être un jour, mais ce n’est pas une priorité à l’heure actuelle.

Comment en êtes-vous venus à travailler avec des artistes de hip-hop ?

Quand notre premier album (The Brand New Heavies, 1990, ndr) est arrivé aux Etats-Unis, beaucoup de gens ont cru que c’était un disque des années 1970. Les premiers à s’y intéresser ont été des producteurs de hip-hop. Quand on a joué pour la première fois à New-York en 1991, beaucoup de types sont venus nous voir pour jammer avec nous. C’est comme ça qu’on a rencontré Large Professor, Q-Tip et les autres. Ce sont eux qui venaient à nos concerts. Ils étaient branchés par le funk et nous par le hip-hop, c’étaient de bonnes expériences à faire. C’était avant les Roots, c’était vraiment nouveau à l’époque.

Auriez-vous appelé votre musique « acid jazz » si votre premier disque n’avait pas été produit par le label du même nom ?

Non, c’est certain. Je ne l’appelle pas comme ça d’ailleurs. Nous avons un spectre plus large. On fait de la funky-soul-dance-disco, avec un peu de jazz. Acid Jazz n’est qu’un label, ce type de musique existait avant, on a juste remis une étiquette dessus. C’est du jazz-soul, ou du jazz funky, quelque chose comme ça. Avant de signer avec Acid Jazz, en 1988, On avait enregistré un premier single avec un autre label (Cooltempo, ndr) puis on s’est fait lâcher. Nous n’avons fait qu’un disque avec eux car notre musique commençait a bien marcher aux Etats-Unis et qu’il étaient trop petits à l’époque.

Propos recueillis par Noé Termine


338388_10150430469773040_6125648039_8597216_501093223_o-1024x681

Robert Glasper “Le jazz d’aujourd’hui ? Il craint !”

Autour d’un Pure Malt, Robert Glasper nous dévoile le processus créatif de Black Radio 2, sa vision de la scène jazz actuelle et aussi de l’industrie du disque en général. Rob’ revient aussi sur le phénomène Daft Punk, le casting de son dernier enregistrement et l’absence de D’Angelo sur son projet. Avec un brin de prétention mais toujours beaucoup d’humour, l’homme est à l’image de son dernier album : audacieux.

★★★★★★★★★★★

FunkU : Les suites au cinémas sont souvent moins bonnes que les premiers épisodes. Peut-on dire la même chose de Black Radio 2 ?

Robert Glasper : Je pense qu’il est aussi bon, en tout cas c’est ce que j’entends dire un peu partout. J’ai fait un bon boulot en ne faisant pas deux fois le même album, mais en capturant certaines essences du premier album, sans être le même album pour autant. C’est le même album, mais différent (rires).

Lors d’une interview pour Nextbop.com, vous avez déclaré que votre mission en faisant Black Radio 1 était « d’explorer votrecôté plus Hip-hop/soul, mais en gardant toujours le côté jazz» et tu pensais à cette époque « être le seul à y parvenir réellement ». Votre mission a-t-elle changé avec ce second opus ?

Non, je mélange encore tous ces styles. Mais cet album est encore plus orienté soul/hip-hop/RnB, moins jazz. En remportant le Grammy de l’album R’n'B avec Black Radio, on est rentrés dans ce monde. Donc, pour survire dans ce monde, je me devais de mettre un plus de R’n'B dans mon R’n'B (rires), et c’est marrant d’être capable de faire ça. C’est cool de mélanger, mais il ne faut pas le faire tout le temps. Black Radio 1 était un mélange, notre mélange. Donc, dans Black Radio 2, on a quand même fait un peu de jazz ici et là, sur certaines chansons, notamment le titre avec Norah Jones, celui avec Eric Roberson où Casey fait un solo de sax. Quand je disais que nous étions les meilleurs à faire cela, je parlais à l’époque de Black Radio 1 et cet album était la meilleure représentation de ce concept de mélange. Parce que nous sommes un seul groupe et nous jouons tous ces styles. Nous sommes les meilleurs et les seuls à faire ce que nous faisons. On n’a besoin de rien d’autre pour jouer du hip-hop qu’un piano, une basse, un beat et un sax. Les musiciens hip-hop disent que nous sommes les meilleurs à faire ça, Questlove dit « Ce sont les meilleurs ». Même chose avec les musiciens jazz, dès que nous commençons à improviser ils disent : « ce sont les meilleurs ». Le monde du R’n'B le dit également. Il n’y a jamais eu de groupe dans le passé qui, objectivement, était le meilleur dans chaque style. Il y a eu des groupes de jazz qui ont fait du hip-hop, mais ces groupes-là avaient un DJ. Ou alors il y avaient des DJ qui jouaient du hip-hop avec des instrus jazz noyés dans leur mix. Mais il n’y a jamais eu de groupe jouant tous les genres dans leur forme la plus honnête et originale.

On sent un album plus pop, plus au format « radio », moins orienté sur l’impro. Quel a été le processus créatif de Black Radio 2 ? Diffère-t-il de celui du premier volet ?

Pour Black Radio 1, on n’a pas cherché de but particulier, on voulait juste jouer de la musique entre potes et faire un album cool représentant beaucoup de musiques différentes. Beaucoup de gens qui nous ont vu en studio hallucinaient et disaient : « merde, ils font quoi là ? ». On allait en studio, on faisait tourner et on voyait ce qu’il se passait : c’est pourquoi on a fait pas mal de reprises. On se disait : « hey, tu connais ça ? Ok, alors vas-y, on fait tourner ! ». Pour le second album, j’ai plus réfléchi. Je me suis dit que si je devais faire une suite, je me devais de composer plus de titres originaux. Alors j’ai composé seul, puis avec des amis. Pour ce qui est des paroles, parfois les artistes qui étaient en featuring les écrivaient eux-mêmes, comme par exemple Emeli Sandé, Jill Scott, Marsha Ambroushius, Common, Lupe Fiasco, Snoop, Luke James et Eric Roberson. Mais la majorité des paroles de cet album sont de moi. En les écrivant je savais à quel guest elles iraient. J’ai soumis la partie piano et les paroles de “Yet To Find” à Anthony Hamilton, il a adoré et deux jours après, il était en studio pour l’enregistrer. Pour “Calls”, j’ai écrit le chorus et Jill Scott a écrit la mélodie.

Parlons des invités. Comment les as-tu recrutés ?

Sur le premier album, c’étaient tous des amis. Sur le deuxième album, je n’en connaissais que la moitié. Je connais Norah Jones depuis le lycée, elle vient de Houston comme moi et on s’est rencontré en cours de jazz. Je ne connaissais pas Faith Evans, Brandy, Anthony Hamilton… J’ai demandé brièvement à mes followers sur Tweeter qui ils voudraient voir sur une possible suite de Black Radio, et c’est comme ça que j’y ai pensé. Vous savez, en gagnant le Grammy l’an dernier, beaucoup de gens nous ont découvert. Ca a été plus facile donc, car on était plus populaires. Quand j’ai demandé à Faith Evans, elle a directement accepté car elle avait entendu parler de nous aux Grammy. Brandy et Anthony Hamilton, pareil. Si nous n’avions pas eu le Grammy, peut être que nous ne les aurions pas eus. Mais ils ont voulu être de la partie et j’en suis honoré.

Beaucoup auraient aimé entendre d’Angelo sur cet album.

Je ne l’ai pas contacté car je savais qu’il déclinerait. Idem pour Maxwell. Ils sont tous les deux en studio pour finir leurs propres enregistrements. Je ne lui ai pas demandé, mais quand le moment sera le bon, je le ferai. Je vais rencontrer D’Angelo, il saura alors qui je suis et il acceptera. On m’a demandé de faire sa tournée de comeback avant de demander à Pookie. Mais j’étais en tournée pour mon propre projet à l’époque, et je jouais aussi pour Maxwell, donc je ne pouvais pas être partout à la fois (rires). Et puis il n’avait pas énormément de dates à cette époque… Mais j’adorerais jouer pour lui.

Est-ce difficile d’adapter cet album en live sans les chanteurs originaux sur scène ?

Oui, il y a des chansons difficiles à adapter. Par exemple, on ne fait pas “Calls” en live, car c’est une chanson très girly, et je vois mal KC freprendre le thème au vocoder avec ces paroles (rires). On a choisi quelques morceaux de Black Radio 2, qu’on a retravaillé pour le live. On joue “Let it Ride”, “Big Girl Body”, “I Stand Alone” et “Lovely Day”. D’ailleurs, la semaine dernière, on a eu Bill Withers avec nous sur scène à L.A, c’était génial.

Ou as-tu rencontré KC, Colenburg, Chris Dave, et Derrick Hodge ? Comment expliques-tu cette fusion avec le groupe ?

Chris n’est plus dans le groupe. Il a quitté ma tournée et la tournée Maxwell pour jouer avec D’Angelo. Il a rencontré Isaiah Sharkey, le guitariste de D’Angelo, qui est d’ailleurs un génie, il a monté son propre groupe et a commencé à tourner juste après. C’est probablement le batteur plus incroyable selon moi, et selon la plupart des batteurs d’ailleurs. Dès la première seconde où tu l’entends, tu sais directement que c’est lui qui joue. J’ai connu KC et Mark Colenburg à la Fac à New York. C’était aussi dans cette promo que j’ai rencontré Bilal.

Pourquoi reprendre “Get Lucky” de Daft Punk sur scène ? C’est pour surprendre le public ? Ou c’est juste une blague avec le groupe ?

Quand “Get Lucky” est sorti, je ne l’avais même pas écoutée. Et je voyais les gens sur Tweeter et Facebook écrire « on dirait du Robert Glasper Experiment », je croyais que c’est a cause du vocoder… Tout le monde disait que cet album sonnait différemment que leurs précédents, puis on m’a envoyé “Get Lucky”. Pendant notre tournée, on a commencé à la reprendre. Je suis carrément d’accord pour rejouer des hits si je les aime, et j’aime “Get Lucky”. C’est une bonne chanson de festival, et avec le vocodeur de KC elle prend tout son sens. Dans le jazz en général, on ne fait pas ce genre de truc (rires), surtout les trucs qui passent non stop à la radio, car « ce n’est pas créatif ». Les gens veulent danser, ils veulent s’éclater !

Tout le monde dit que vous êtes influencé par Herbie Hancock et J Dilla, mais je suis sur que vous avez d’autres modèles… Qui sont-ils ?

Herbie qui ? J’en ai jamais entendu parler (rires). Je ne répondrai pas, car trop de gens veulent essayer de me comparer à d’autres. Je ne veux plus répondre à ce genre de question, sinon ça va me suivre pour le reste de ma vie. J’aime que les gens m’écoutent et me disent : « c’est du Robert Glasper ». Souvent, j’entends : « ouais, ce mec a du écouter beaucoup de George Duke », j’ai envie de leur dire que c’est faux, mais je mentirais (rires). D’autres disent que j’ai du user les disques de Weather Report ou des Yellow Jackets, mais je n’ai jamais acheté un seul de leurs albums. Les gens me comparent à eux car ils étaient déjà tournés vers des choses plus électriques… Je pense que nous sonnons différemment, car justement, on a été influencés par eux, même si on ne veut pas sonner comme eux.

Que pensez-vous du public français ? Connaissez-vous des artistes français ?

J’adore le public français. Il n’est pas aussi réceptif que les américains, certes, mais plus que n’importe quel autre pays européen. Mon public est particulier : il y a des fans de jazz, assez calmes, mais aussi d’autres gens un peu plus agités, plus jeunes. Je joue régulièrement en France depuis 2002, où je jouais et je jammais au Sunset à Paris. Mais je pense que les anglais sont plus réceptifs encore, car ils comprennent mes blagues quand je dis des conneries dans le micro, et ils adorent ma barbe à l’anglaise (rires). Les français ont les plus belles nanas aussi… En revanche, je ne connais pas du tout de chanteur ou de chanteuse française. Quand tu viens des USA, ou peux-tu entendre de la chanson française ? En France, tu écoutes facilement des chanteurs américains car c’est une culture occidentale populaire plus globale… Je n’en connais pas non, mais j’aimerais en connaître, bien sûr.

Et Daft Punk ?

Je pensais qu’ils étaient Allemands (rires) !!!

Vous allez jouer avec Marcus Miller et l’orchestre de Monaco de la semaine prochaine. Excité ?

Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer. J’ai accepté le plan car l’orchestre va jouer mes titres et parce que j’adore Marcus. En tant que musicien et en tant que personne, c’est un mec génial, un vrai génie. Il joue de tout : jazz, funk, musiques de film, TOUT, et il le joue magnifiquement bien, c’est un tueur. C’est un honneur de jouer avec lui la semaine prochaine.

Que pensez-vous de la scène jazz contemporaine et des musiques afro-américaines en général ?

Le jazz aujourd’hui ? Il craint (rire) ! Il n’y a pas assez d’élévation du niveau. Je ne ressens pas assez d’expérimentation, d’exploration, rien qui me captive vraiment. Je ne dis pas que personne ne le fait, mais en général, la communauté du jazz est assez réservée sur les nouveaux trucs. Quand je sors Black Radio, ils me disent : « Attends, qu’est-ce que tu fais ? », ils sont réticents. Il n’y a plus de musiciens qui essayent vraiment de changer en profondeur les choses, et je pense être -ou peut être pas- celui qui y arrive à l’heure actuelle. Je suis sûr que beaucoup ne peuvent pas, mais que d’autres le peuvent probablement mais ne le font pas car ils ont peur de ne pas être acceptés… Sinon, la scène Nu-soul est morte. J’étais un acteur du mouvement, dans toute la crew des JDilla, D’Angelo, Badu, Bilal. On était tous dans le même studio en 1999 , à Electric Lady, D’Angelo enregistrait Voodoo au rez de chaussée, Bilal était au deuxième étage et Erykah Badu entre les deux. On était tous là au même moment, et on entendait des trucs comme : « hey Questlove, viens donc écouter la démo d’Erykah ! ».

Black Radio 1 et 2 sont-ils des albums avant-gardistes ?

Je le pense. Je pense aujourd’hui que le premier est avant-gardiste. La musique d’aujourd’hui est en train de se casser la gueule. L’intégrité de la musique se casse la gueule, la musique live, les musiciens live également. Les gens ne recherchent plus de musique live, ils sont tous accros aux ordinateurs, aux MPC… Nous venons du monde du jazz, et nous faisons nos enregistrements en live : aucun loop, tout est joué en live. Nous avons enrôlé des chanteurs avec nous, des chanteurs pas trop populaires, mis à part Erykha Badu, Lupe Fiasco et Musiq Soulchid, tous les autres étaient des chanteurs de l’ombre. On a donc été capable de rassembler des vrais chanteurs, des vrais musiciens, et faire de la vraie musique, et ça c’était avant-gardiste à cette époque. Et donc, recommencer avec le second opus, rassembler des vrais chanteurs et actuellement être au top dans les charts (on est numéro 2 juste après Justin Timberlake), avec un album de musique live, c’est avant-gardiste une fois encore. J’adore mon groupe, et je pense qu’on est les meilleurs pour faire ce style de musique. Quincy Jones avait fait un album de guest, Back on the Block… Mais nous on a voulu faire ça avec un seul groupe, uni. Mon modèle pour Black Radio a été Off The Wall de Michael Jackson, c’est mon album préféré. Car c’est un seul groupe sur la majeure partie de l’enregistrement, et on sent qu’ils ont enregistré tous le même jour dans la même pièce. J’ai enregistré Black Radio 2 dans le même studio où a été enregistré Off The Wall. Black Radio 2 sonne chaud, très intimiste et il sonne comme si c’était un seul songwriter qui l’avait fait, pas douze personnes différentes qui ont essayé de faire le meilleur titre sur l’album. Il y a un fil conducteur et une histoire malgré la diversité d’interprètes.

Que pensez-vous de l’industrie du disque aujourd’hui ?

Elle est pensée par des personnes qui n’y connaissent rien en musique. Par des personnes qui ont des gros postes et des gros comptes en banque et qui ne connaissent pas la musique. C’est devenu un business, moins de la musique. C’est en train de tuer l’industrie, la musique même… Si tu n’y connais rien en musique, comment peux-tu bosser au sommet de la pyramide sans faire de conneries ? C’est comme si tu mettais un gars qui ne sait pas nager sur une plage l’été comme sauveteur…

Pour terminer, le projet Black Radio sera-t-il une trilogie ?

Je ne sais pas ! Je n’étais même pas censé faire une suite… Le premier album s’appelle Black Radio, pas Black Radio 1 (rires). Mais les gens ont tellement aimé, et n’arrêtaient pas de demander après la sortie du premier : « Alors, la suite c’est pour quand ? ». Si la réaction de la part du public et des critiques sont les mêmes, il y aura certainement une suite. Comme Rocky : Rocky 5, Rocky 6, Rocky 7 (rires)… Jusqu’à présent, j’ai toujours été au bout de mes projets, et une suite à Black Radio 2 fait partie de ces projets…

 

Propos recueillis par Jim Zelechowski. Merci à François Arveiller.

 

Robert Glasper Experiment Black Radio 2 (Blue Note/Universal). En concert à Paris (La Cigale) le 13 mars 2014.



Ohio Players Live 1977 en CD et double vinyle

Les fans des Ohio Players vont pouvoir ajouter une nouvelle pièce à leur collection : Live 1977,  un concert explosif enregistré durant le Contradiction Tour à San Carlos en Californie. Au programme, le meilleur de Leroy “Sugarfoot” Bonner et sa bande avec “Love Rollercoaster”, “Skin Tight”, “Fopp”, “I Want To Be Free”  et une version phénoménale de “Fire” de 31 minutes ! Live 1977 est  disponible en CD digipack, double vinyle gatefold et téléchargement sur le label Cleopatra.

Tracklisting :

1. Introduction
2. Love Rollercoaster
3. Who’d She Coo?
4. Alone
5. Skin Tight / Fopp
6. Drum Solo
7. I Want To Be Free
8. Sweet Sticky Thing
9. Fire , Pt. 1
10. I Wish (Stevie Wonder cover)/Fire, Pt. 2

Line-up

Billy Beck – percussion, keyboards, vocals
Leroy “Sugarfoot” Bonner – guitar, percussion, vocals
Marshall “Rock” Jones – bass
Robert “Rumba” Jones – conga
Ralph “Pee Wee” Middlebrooks – trombone, trumpet
Mervin Pierce – trombone, trumpet, flugelhorn
Clarence “Satch” Satchell – flute, percussion, sax, vocals
James “Diamond” Williams – percussion, drums, vocals


Audio : Keziah Jones, live FIP (Studio 106, 20/11/2013)

Keziah Jones – Live à FIP, Christophe Abramovitz ©Radio France

Mercredi 20 novembre, Keziah Jones a donné un concert éblouissant dans l’enceinte majestueuse du Studio 106 de Radio France. Au programme de ce show retransmis en direct sur FIP : de nombreux extraits de son nouvel album Captain Rugged et quelques classiques de son répertoire, dont “Where’s Life”, “Beautiful Emile” et “Rhythm Is Love”. Une performance à réécouter en cliquant ici.

Setlist

  1. Lunar
  2. Colony
  3. Nollywood
  4. Hipothetical
  5. Utopia
  6. Rugged
  7. Afronewave
  8. KPAFUCA
  9. Million Miles Away
  10. Where’s Life
  11. Beautiful Emilie
  12. Rhythm Is Love
  13. Colomentality

OutKast de retour en 2014 ?

Absents sur scène et sur album depuis près d’une décennie, Andre 3000 et Big Boi seraient en train d’enterrer la hache de guerre et prévoieraient d’effectuer leur comeback lors du festival de Coachella, organisé en avril 2014. Cette année, les deux membres d’OutKast étaient toutefois réapparus ensemble à la faveur de remixes pour Frank Ocean et T.I., mais si l’en croit plusieurs sources proches du duo, ce retour pourrait se prolonger par d’autres concerts et, espérons-le, un successeur à Stankonia et Speakerboxx/The Love Below.

Source


Omar+TheMan

Vidéo : Omar “Treat You” Feat. Caron Wheeler (2013)


 

Omar est de retour avec le nouvel extrait vidéo de son dernier album The Man, “Treat You”, avec un featuring de Caron Wheeler. Découvrez le clip ci-dessus.


John-Scofield+Uberjam+Paris2013

Live Report : Überjam Band feat. John Scofield, Paris (New Morning) 18/11/2013

John Scofield a fait une infidélité à sa fameuse Ibanez façon 335 pour une imitation Telecaster, d’un bleu pastel du plus bel effet. Impossible cependant de lui reprocher cet adultère. Car le concert de ce soir était probablement un des meilleurs du guitariste à Paris ces dernières années. À chaque fois qu’il se produit, l’homme change de projet. L’heure était au Überjam Band, quelque peu modifié par rapport au groupe d’origine (seul reste le guitariste Avi Bortnick, qui cosigne beaucoup de morceaux du projet). On craignait la frustration : John Medeski, caution funky du groupe, était aux abonnés absent. Mais la peur du vide laissé par le clavier a vite été chassée par l’enthousiasme.

Überjam est le projet le plus hétéroclite de John Scofield, pour ne pas dire un des plus passionnants. A chacun de ses passages parisiens, on en espérait un extrait, en vain. Il aura fallu attendre plus de dix ans et la publication d’un second volume pour voir enfin Scofield sortir de son jazz habituel. Le résultat fut au dessus de l’attente. D’abord, parce que le guitariste a l’air bien plus heureux et épanoui que les fois précédentes, prenant le micro très souvent sans jamais manquer d’humour (“Vous enregistrez mon concert avec votre téléphone au lieu d’acheter le disque ? Venez me voir avec votre téléphone tout à l’heure, je vous le dédicacerai !”). Mais aussi parce que l’effusion musicale est là. Et le groove aussi. Comme sur disque, le groupe est épaulés par divers sons et samples orchestrés par Avi Bortnick, virtuose en son genre, qui confèrent à l’ensemble une (d)étonnante modernité. Sco peu se rassurer : musicalement, il ne fait pas son âge.

Si le jazz est bien sûr le liant, les autres styles ne sont vraiment pas loin. Du reggae avec “Dub Dub” à la soul avec un hommage à Al Green. John Scofield et son jazz protéiforme ont même réussi à faire danser son public – debout ce soir – signe que ce qu’il créé là est un instant musical précieux. On restera particulièrement admiratifs de ”Curtis Knew”, qui pourrait être au jazz-funk ce que le Who Else de Jeff Beck est au jazz-rock. Le rappel finira de nous achever, quand l’excellent batteur Louis Cato prendra le micro pour une version blues-soul de “I Don’t Need No Doctor”, prouvant que sa voix n’a rien à envier à son jeu de batterie et agitant par la même occasion un public gonflé à bloc. Le concert fut à l’image de ce dernier titre : total, et totalement réjouissant.

Setlist

Snake Dance

Ladies Night
Boogie Stupid
Jungle Fiction
Dub Dub

Camelus
Curtis Knew
Al Green Song
Thikhathali
I Don’t Need No Doctor

Line-up : John Scofield (Guitare), Arvi Bortnick (Guitare), Louis Cato (Batterie), Andy Hess (Basse,Contrebasse)


“Da Bourgeoisie”, un nouveau titre de Prince à télécharger !

Photo : Madison Dubé

Silencieux depuis le début du mois, Prince fait résonner à nouveau son funk sur la toile avec un titre inédit offert en téléchargement gratuit ici via le compte twitter de Vanessa. “Da Bourgeoisie” (sic) a été enregistrée live avec son groupe 3rdEyeGirl.


The Heliocentrics en concert à Paris (New Morning) le 19/11/2013

Groupe hors-norme à bien des égards, le collectif The Heliocentrics a publié cet été 13 Degrees of Reality, un deuxième album où le funk, le jazz, les musiques électroniques, l’avant-garde et les musiques ethniques se télescopent avec bonheur. Fers de lance d’un nouveau psychédélisme qui ne pouvait provenir que de musiciens accomplis et obsessionnels du son – collaborateurs notamment de Madilb, Quantic, The Herbaliser ou encore Mulatu Astatké, les londoniens se font rares sur scène et effectueront une apparition parisienne au New Morning le mardi 19 novembre.


 


Retour en haut ↑