Str4ta

STR4TA : Gilles Peterson et Jean-Paul “Bluey” Maunick réiventent le Brit-Funk

Au sein du duo STR4TA, Gilles Peterson s’associe à un partenaire de longue date, Jean-Paul “Bluey” Maunick, du groupe Incognito, pour revitaliser l’iconique scène Brit-funk du début des années 1980 avec Aspects, un album à paraître le 26 mars.

C’est à travers les incontournables Incognito, groupe britannique majeur de cette mouvance créée par Maunick en 1981 – l’un des groupes les plus importants d’un pan de l’histoire de la Musique Noire britannique souvent sous-estimé -, que Peterson et Maunick se rencontrent à l’époque. Sur Aspects, morceau qui ouvre l’album, le duo retrouve l’esprit qui animait cette époque essentielle à leur formations musicales respectives : un sens du DIY essentiel,  une vitalité puisée dans des performances lives débordant d’énergie.

Remettant au goût du jour un son à l’époque développé par des groupes comme Atmosfear, Hi-Tension, Light of the World et Freeez, Maunick étant, à noter, membre des deux derniers groupes, c’est la première sortie commune de ce dernier associé à Peterson en plus de dix ans. Au moment du premier single sorti en octobre 2020, Aspects, rien n’a filtré sur l’identité du duo derrière ce projet; le 12” ultra limité se retrouvant sold out très vite, le single se répandant comme une traînée de poudre (BBC Radio 6, KEXP, KCRW, François K et Colin Curtis sur Worldwide FM, Trevor Jackson NTS…)

Peterson et Maunick ont cherché à retrouver l’état d’esprit et la méthode de création des disques des débuts, une époque durant laquelle ils ont tous deux fait leurs armes qui a contribué à bâtir leurs carrières respectives. Pour Peterson, c’est en tant que patron de label, DJ, collectionneur et animateur de shows radios; pour Maunick, c’est en tant que musicien, leader de groupe, compositeur de tubes qui se hisseront tout en haut des charts américains. “Nous avons tenté de retrouver le feeling brut de cette musique que nous aimons”, commente Maunick; cherchant à apporter un peu de contraste au raffinement musical que lui et ses pairs ont acquis par la pratique durant les années 80. A ses débuts à la toute fin des années 70, le son Brit-funk – et tout le milieu jazz-funk londonien qui s’en est extrait par la suite – s’appuyait sur des concerts puissants, rivalisant avec ceux des groupes punk de l’époque. Parmi d’autres, Peterson faisait partie de ceux qui s’assuraient de ne jamais perdre cette rugosité derrière une couche de vernis trop présente: “J’étais là, dans le fond, en train de dire à tout le monde “laisse ça comme ça, coupe ça ici, n’utilise que cette première prise”, pour garder cet esprit”.

Cette collaboration était dans les tuyaux depuis un bon moment, mais elle a été remise au goût du jour par un catalyseur inattendu : le discours de remise de prix de Tyler, The Creator aux 2020 Brit Awards où il rend hommage au “British Funk from the 80s” qui l’a influencé. Une reconnaissance essentielle d’un son que Maunick et ses collègues musiciens ont balisé, où les influences américaines se sont retrouvées découpées puis mélangées au contexte musical de l’Angleterre de l’époque : “Comme tous ceux qui jouent de la musique, nous avions cherché à imiter nos héros. Mais nous n’avions pas les outils, nous n’avions pas appris la musique : nous jouions tout à l’oreille, on s’inspirait de morceaux tirés ici et là de disques que nous chérissions”. Cet album est guidé par la même ambition : créer un son direct, immédiat, sans détours; chaque élément de chaque morceau réduit à sa plus évidente expression. Dans le processus d’écriture et d’enregistrement de l’album, Gilles Peterson et Bluey ont cherché à retrouver cet état d’esprit musical initial – une légèreté essentielle, moins de réflexion en amont – qui a permis la naissance de véritables tubes Brit-funk.

Cet album distribué par les labels Brownswood et Bigwax est le dernier chapitre d’une histoire qui a débuté lors d’une interview par Peterson de Maunick, dans le jardin des parents de ce dernier; la toute première interview réalisée par Gilles d’ailleurs. Quelques années plus tard, le duo se retrouve pour sortir une succession d’albums d’Incognito, qui deviendront essentiels à la discographie du groupe, sur le mythique label de Peterson, Talkin’ Loud. Aujourd’hui de nouveau ensemble, c’est à un pan de l’histoire musicale britannique méconnue qu’il s’attaquent, un lignage musical important de la scène outre-Manche, dont ils ont été, tous deux, des acteurs et des pionniers essentiels.


Earth, Wind & Fire

Audio : Gilles Peterson “Maurice White Memorial Mix”

Une semaine après la disparition de Maurice White, Gilles Peterson rend hommage au fondateur d’Earth Wind & Fire dans un mix géant de 2 heures et 13 minutes. Au programme : les grands classiques du groupe phare des années 1970 et des raretés en compagnie de ses premiers frères d’armes et de quelques associés de studio, dont Charles Stepney, The Rotary Connection, The Emotions et Ramsey Lewis. Une passionnante Kalimba Story à écouter dès maintenant!


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Gilles Peterson présente Sun Ra and his Arkestra

” J’ai rêvé que je devais jouer “Love In Outer Space” déguisé en Sun Ra dans une version futuriste de X-Factor”, explique Gilles Peterson dans le généreux livret de la compilation To Those of Earth… And Other Worlds. Disponible en versions 2-CDs et double-vinyle+CD, cette anthologie personnalisée de Sun Ra and his Arkestra aligne 34 titres puisés parmi les 125 (!) albums du Flash Gordon du cosmic jazz à côté duquel les délires afronautes de George Clinton passeraient pour des trajets en TER.

GP-Sun-Ra-final-hi-res-cover-300x300Comme c’est le cas dans toutes les compilations de choix de Gilles Peterson, l’intégrité des titres est respectée et To Those of Earth… And Other Worlds s’écoute comme une mixtape de près de deux heures alternants jazz progressif (“Sleeping Beauty, 1979″), instrumentaux proto-Floydiens (“India”), chansons doo-wop (‘”Dreaming”, 1955) et extraits live, dont un “Space is the Place” capturé à Zurich en 1987. La présence de titres rares disponibles pour la première fois en CD et plusieurs inédits capturés sur les scènes françaises en 1980 agrémentent également une anthologie susceptible de fournir une excellente porte d’entrée dans l’univers parallèle de Sun Ra.

 

Gilles Peterson Presents Sun Ra and His Arkestra To Those of Earth… And Other Worlds (Strut Records/Universal). Disponible.

Tracklisting:

CD 1
1. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – CALLING PLANET EARTH
2. SUN RA – SUN SONG
3. THE COSMIC RAYS WITH SUN RA AND THE ARKESTRA – DREAMING
4. SUN RA AND HIS ARKESTRA – INDIA
5. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – SPACE LONELINESS
6. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC INFINITY ARKESTRA – LOVE IN OUTER SPACE (Vocal)
7. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – ADVENTURE-EQUATION
8. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – SPONTANEOUS SIMPLICITY (Stereo version)*
9. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – BRAZILIAN SUN
10. SUN RA QUARTET FEATURING JOHN GILMORE – WHEN THERE IS NO SUN
11. SUN RA AND HIS ASTRO INFINITY ARKESTRA – MY BROTHER THE WIND
12. SUN RA AND HIS ARKESTRA – MYSTERY, MR. RA*
13. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – BLACK SKY AND BLUE MOON
14. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – WATUSA
15. THE SUN RA ARKESTRA – THE WORLD OF AFRICA
16. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – CLUSTER OF GALAXIES
17. SUN RA AND HIS ARKESTRA – STRANGE WORLDS (Live In France)**
18. SUN RA AND HIS BLUE UNIVERSE ARKESTRA – BLACKMAN

CD 2

1. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – TWILIGHT
2. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC MYTH SCIENCE SOLAR ARKESTRA – SLEEPING BEAUTY
3. SUN RA – MOOG SOLO (Live In France)**
4. SUN RA AND HIS ARKESTRA – THEY PLAN TO LEAVE
5. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – REFLECTS MOTION (Part 1)
6. SUN RA AND HIS ARKESTRA – CHILDREN OF THE SUN
7. SUN RA AND HIS MYTH-SCIENCE ARKESTRA – WE TRAVEL THE SPACEWAYS
8. SUN RA AND HIS ARKESTRA – ASTRO BLACK (Live In Zurich)**
9. SUN RA AND HIS MYTHIC SCIENCE ARKESTRA – SOMEBODY ELSE’S IDEA (Live In Paris)
10. SUN RA AND HIS ARKESTRA – I ROAM THE COSMOS
11. SUN RA AND HIS SOLAR ARKESTRA – ON JUPITER
12. SUN RA – THERE ARE OTHER WORLDS (THEY HAVE NOT TOLD YOU OF)
13. SUN RA AND HIS INTERGALACTIC INFINITY ARKESTRA – THE ALL OF EVERYTHING
14. SUN RA – ENLIGHTENMENT
15. SUN RA AND HIS ARKESTRA – MAKE ANOTHER MISTAKE
16. SUN RA AND HIS ARKESTRA – SPACE IS THE PLACE (Live In France)**

* Previously unreleased on CD
** Previously unreleased


Gregory Porter - Revisited - collector 7" - Record Store Day 2014 (Blue Note / Universal)

Gregory Porter en vinyle collector pour le Disquaire Day

Le label américain Blue Note publiera le 19 avril un 45 tours rouge vermillon inédit du colosse à la voix de velours. Tiré à 2000 exemplaires à l’occasion de la fête des disquaires indépendants (le Disquaire Day en France).
Revisited comprend 2 classiques de Gregory Porter remixés aux petits oignons. En Face A, Saint-Germain donne une nouvelle vie à “Musical Genocide” et en Face B, Gilles Peterson et Patchworks métamorphosent “Liquid Spirit”. Ce single sera uniquement vendu chez les disquaires participants au Record Store Day.


Acid Jazz boxset vignette

Le label Acid Jazz fête ses 25 ans et publie un coffret séduisant !


Fondé en 1987 par Eddie Piller et Gilles Peterson, le label Acid Jazz donna un peur d’air frais à tous les amateurs de funk jazzy à la fin des années yuppie. Les Brand New Heavies, Galliano, James Taylor Quartet et Jamiroquai y feront leurs premiers pas. Un quart de siècle plus tard, le label Harmless Records publie un superbe coffret anniversaire dans lequel on retrouve la quintessence de ce mouvement en 4 cds compilé par Eddie Piller et Dean Rudland. Plus de 5h de musique au programme (voir le tracklist ci-dessous). Le tout est accompagné d’un DVD regroupant des des vidéos promotionnelles d’époque, de plusieurs livrets très documentés et d’un 45 tours regroupant 2 inédits. Sortie le 3 novembre.

Pour nos lecteurs familiers avec la langue de shakespeare, un sujet passionant sur les 25 ans du label Azid Jazz : http://www.groovement.co.uk/2012/10/preview-acid-jazz-25th-anniversary-box-set/

CD1 – PUT IT ALL TOGETHER AND WHAT DO YOU GET
1. Golden Lady Jose Feliciano Original Album Version 4.20
2. Love The One You’re With The Isley Brothers Original Album Version 3.39
3. Lady Day & John Coltrane Gil Scott Heron Original Album Version 3.34
4. Is It Something You Got Tyrone Davis Original 7” Single Version 2.34
5. Don’t You Care Alice Clark Original Album Version 2.48
6. You Spanky Wilson Original 7” Version 2.10
7. Light My Fire Erma Franklin Original Album Version 2.39
8. Right On Clarence Wheeler & The Enforcers Original Album Version 4.39
9. Bert’s Apple Crumble The Quik Original 7” Version 2.11
10. Who’s Afraid Of Virginia Wolfe Part 2 Jimmy Smith Original Album Version 4.58
11. Milestones Mark Murphy Original Album Version 2.27
12. Smokey Joe’s La La Googie Rene Original 7” Version 2.53
13. Black Whip Boogaloo Joe Jones Original Album Version 6.46
14. Murriley Charles Earland Original Album Version 6.28
15. Expansions Lonnie Liston-Smith Original Album Version 6.05
16. Go Bang # 5 Dinosaur L Original Francois K 12” Mix 7.33
17. I’m A Man Chicago Original Album Version 7.38
18. I Can’t Dance With You Small Faces Original 7” Version 3.11
19. I Don’t Do This (To Every Girl I Meet) Sydney Joe Qualls Original Album Version 3.12

CD2 – SOMETHING HAPPENING AT THE DANCE
1. Blacker Ballistic Brothers Original Album Version 6.09
2. The Masterplan Diana Brown & Barry Sharpe Original 12” Version 7.05
3. Hot Music S.O.H.O. Original 12” Jazz Version 5.06
4. Know How Young MC Original 12” Mix 4.01
5. Don’t Scandalize Mine Sugar Bear Original 12” Version 4.13
6. The Nervous Track Nuyorican Soul Original 12” Ballsy Mix 6.28
7. Earthly Powers A Man Called Adam Original 7” Mix 4.55
8. I’m Gonna Love You Jestofunk Original MC Turbo 12” Sax Mix 4.20
9. Super Strut The Apostles Original Album Version 4.20
10. Jazzy John’s Freestyle Stonebridge Original 12” Dub Mix 3.38
11. Helping Hand Arthur Miles Original 12” Mix 4.39
12. From The Ghetto Dread Flimstone Original 7” Version 4.35
13. Bonita Manana Espiritu Original 12” Mix 4.06
14. If The Papes Come A Tribe Called Quest Original 12” Mix 4.14
15. BNH Brand New Heavies Original Album Version 5.52
16. Frederick Lies Still Galliano Original 7” Version 4.59

CD3 – HOW’D WE GET US HERE…?
1. Jazz Thing Gang Starr Original 12” Mix 4.48
2. Get Yourself Together Young Disciples Original 12” Mix 5.23
3. Dream Come True Brand New Heavies Original 12” Mix 3.45
4. Love Will Keep Us Together The James Taylor Quartet Original Ian Green 7” Mix 3.41
5. The New Avengers Snowboy Original 12” Mix 4.32
6. Fresh In My Mind A Forest Mighty Black Original 12” Mix 4.38
7. Oh Shit Pharcyde Original Album Version 4.29
8. Black Whip Chapter & Verse Original 12” Mix 3.59
9. Back By Dope Demand King Bee Original 12” Mix 3.35
10. Theme From Starsky & Hutch James Taylor Quarter Original 12” Mix 5.52
11. Always There Incognito Original John Morales 12” Edit 3.34
12. Too Young To Die Jamiroquai Original Album Version 6.03
13. Apple Green Mother Earth Original Album Version 4.24
14. Love Sick The Night Trains Original 12” Mix 4.26
15. Beads Things & Flowers Humble Souls Original 12” Mix 4.05 16. The Ladder One Creed Original Album Version 5.03
17. Funky Jam Primal Scream Original 12” Mix 5.25
CD4 – SMOKERS DELIGHT
1. Cosmos SX 2000 Paul Weller Original 12” Dub Mix 7.19
2. Non Corporealness Mother Earth Original Album Version 6.04 3. Rassellas Mr Scruff V Manasseh Original Album Version 5.55 4. Movements In Dub (Roots) Roots Radics meets the Scientist
Original Album Version 5.08
5. Render Your Heart Dread Flimstone Original 12” Mix 5.02
6. Chase The Devil Max Romeo Original 7” Version 3.27
7. You Never Get Away Delroy Wilson Original 12” Dub Mix 7.22
8. Leaders & Believers Emperors New Clothes Original UNKLE Album Mix 5.14
9. Astralisation Snowboy Original 12” Mix 6.10
10. The Groove Jazzy Jeff & The Fresh Prince Original 12” Instrumental Mix 5.33 feat Grover Washington Jr
11. I Wanna Get High Cypress Hill Original 12” Mix 2.56
12. Galactica Rush Jhelisa Original 12” Instrumental Mix 6.01
13. Nothing Sandals Original 12” Dub Version 8.02

Conceived & Compiled With Love By Eddie Piller & Dean Rudland


Peterson-Questlove

Interview : Gilles Peterson “J’aimerais retrouver D’Angelo”

À l’occasion du dixième anniversaire de son émission Worldwide et du festival du même nom qui se tiendra à Sète en juillet prochain, le DJ-producteur anglo-suisse retrace son parcours en exclusivité pour Funk-U.

Funk-U : Vous animez l’émission Worldwide sur Radio One depuis dix ans. On vous connaissait en tant que DJ phare de la BBC. Comment vous est venue l’idée d’enregistrer des sessions live ?

Gilles Peterson : J’ai commencé vers 15, 16 ans sur des stations pirates. Il y a une dizaine d’années, j’étais DJ surtout en Europe, car c’était difficile de se produire en Angleterre en dehors de Londres. J’ai fait quelques émissions dans divers pays : le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, en Suisse, sur la station Couleur 3, et Radio Nova en France. C’est à cette époque que le concept de Worldwide est né. L’idée, c’était d’enregistrer une émission à Londres diffusée dans le monde entier. Les Roots, que j’avais signés sur Talkin’ Loud, ont eu l’idée du nom Worldwide à force de me croiser aux quatre coins du globe. Je me suis aussi un peu inspiré de John Peel. C’est le premier DJ qui m’a fait découvrir le concept des sessions. J’adorais entendre tous ces groupes que personne ne connaissait, et dont on n’entendait parfois plus jamais parler après leur passage.

Comment sélectionnez-vous les groupes qui viennent jouer dans l’émission ?

Il n’y a jamais autant eu de musique disponible. Je reçois environ 50 CD et 70 vinyles par semaine. Ca fait pas mal d’écoute, on me donne un coup de main. J’essaie de garder les oreilles ouvertes. Il y a un peu de compétition, c’est sûr. Le DJing est un sport. Il faut être le plus rapide pour parvenir à récupérer la dernière nouveauté avant l’apparition des white labels et des CDs promo. C’est devenu plus simple depuis quelques années. Aujourd’hui, je me concentre moins sur l’exclusivité et je privilégie le développement. Avant, je passais un disque une fois ou deux maximum pour évaluer son potentiel à l’antenne. Aujourd’hui, ce serait plutôt trois ou quatre passages, et faire en sorte que le titre se retrouve dans d’autres émissions de Radio One. On a beaucoup aidé à la promotion d’artistes comme M.I.A., Dizzee Rascal et The Streets. Tous ces groupes auraient dû passer dans d’autres émissions que la mienne, mais comme Tim Westwood (également animateur à Radio One NDR) ne passe que du hip-hop américain, je les ai passé en premier.

Dans vos sessions, on croise aussi bien Björk et Roots Manuva que Beck, Beth Gibbons et Amp Fiddler. Revendiquez-vous l’absence de tout format ?

J’ai produit un tas d’albums de DJ et de mix-tapes, peut être une centaine. Certains LPs ne portent même pas mon nom. Au bout d’un certain temps, j’ai voulu passer à autre chose. J’aime la dance music, mais je suis aussi fan de musique live. Quand je fais des sets, je suis souvent accompagné par un groupe. J’ai toujours essayé de mélanger la culture DJ à la culture de la scène, et la BBC m’a aidé à progresser dans cette direction. Je me sens plus relax aujourd’hui, et très proche de l’esprit indie qui me pousse à faire ce dont j’ai envie avant tout. C’est pour cette raison que les sessions n’obéissent à aucun format. Ce qui me plait par-dessus tout, c’est que ces enregistrements ne sonnent pas acid-jazz. J’aime la musique noire, mais l’émission va plus loin que ça. Je peux passer du José Gonzales ou du Sufjan Stevens, c’est ce qui donne à l’émission sa couleur et sa pertinence. J’aime aussi mélanger les gens, faire jouer Dwele avec Roy Hargrove par exemple, ou encore Steve Reid avec Four Tet. J’aime faire sortir les musiciens de leur contexte, à l’image de la session acoustique avec Roots Manuva qui ressemble à tout sauf du hip-hop.

Worldwide a démarré en 2000. Quelles ont été les sessions les plus marquantes de ces dix dernières années ?

Tous les morceaux des sessions ont une mémoire, mais ma session préférée reste celle de Matthew Herbert, pour son énergie et son enthousiasme. Le Cinematic Orchestra était là, on assistait à la création d’un nouveau titre en direct… Je garde également un bon souvenir de la session des N.E.R.D. Six mois avant la sortie de leur premier album, j’avais récupéré un white label que j’avais diffusé en boucle dans l’émission. Pharell Williams est un grand supporter du show depuis cette époque, et il passe nous voir chaque fois qu’il se rend à Londres. Celle de Björk était incroyable. Elle a eu lieu un dimanche après-midi, en présence d’une chorale islandaise et de Razhel des Roots. De l’autre côté de la console, il n’y avait que moi, un ingénieur du son et mon producteur. Imaginez une après-midi entière avec Björk dans une ambiance aussi intimiste…

Qui seraient les invités de vos sessions imaginaires ?

Je rêverais de faire venir Stevie Wonder, mais pas pour le voir jouer trois extraits de son dernier album. Il faudrait qu’il joue avec d’autres invités et parvenir à créer un événement. J’aimerais voir Björk rencontrer les Roots, retrouver D’angelo, accueillir Lauryn Hill, Erykah Badu, Mos Def et Q-Tip, mais ce salaud me plante à chaque fois (rires) ! Par-dessus tout, mon rêve serait d’enregistrer une session purement jazz avec Herbie Hancock ou Wayne Shorter.

Que pensez-vous de l’émergence des radios Internet ?

Je suis étonné d’être encore soutenu par une station nationale, car on peut entendre mon show sur Internet à partir de n’importe quel ordinateur du monde entier. Mon message board est quatre fois plus populaire que n’importe lequel de la BBC. C’est dingue. Il nous arrive d’inviter des auditeurs lors de nos sessions, histoire de les remercier. C’est important de maintenir un lien avec la communauté.

Entre vos sessions, votre show hebdomadaire, vos productions diverses et vos sets de DJ, on a l’impression que la musique occupe 100% de votre temps.

De temps en temps, il faut que je me déconnecte. Le week-end, je n’écoute pas beaucoup de musique chez moi. Mais chaque lundi matin, je fais le tour des disquaires. Onze heures, c’est la bonne heure. La visite des disquaires du lundi matin fait partie des habitudes anglaises, comme le pub et le club du samedi soir. Si tu ne suis pas ces règles, tu n’as rien à faire dans ce business (rires) !

Propos recueillis par SlyStoned

Worldwide Festival, du 6 au 10 juillet à Sète. Avec Raphael Saadiq, Dam Funk, James Blake, Cut Chemist, Flying Lotus…

 

 

 

 


GilScottHeron

Gil Scott-Heron tribute mix by Gilles Peterson

Gilles Peterson, célèbre DJ de la BBC et grand amateur de musiques noires, a tenu à rendre hommage à Gil Scott-Heron à travers un mix de 77 minutes survolant la carrière du poète américain. Check this out :

 

Gil Scott-Heron Tribute Mix by Gilles Peterson by gillespeterson

RIP Gil Scott-Heron (1st April 1949 – 27th May 2011)

01. Gil Scott Heron — Offering (Midnight Band – The First Minute Of A New Day, 1974) Flying Dutchman
02. Gil Scott-Heron — Essex (From South Africa To South Carolina, 1975) Arista
03. Gil Scott-Heron — Fell Together (From South Africa To South Carolina, 1975) Arista
04. Gil Scott Heron & Brian Jackson — The Bottle (Winter In America, 1974) TVT
05. Gil Scott Heron & Jamie XX — I’ll Take Care Of You (We’re New Here, 2011) XL
06. Gil Scott-Heron — Alien (1980, 1980) Arista
07. Gil Scott-Heron — Whitey On The Moon (Small Talk At 125th And Lenox, 1970) Flying Dutchman
08. Gil Scott-Heron — Did You Hear What they Said (Free Will, 1972) Flying Dutchman
09. Gil Scott Heron & Brian Jackson — We Almost Lost Detroit (Bridges, 1977) Arista
10. Gil Scott-Heron — Angel Dust (Secrets, 1978) Arista
11. Gil Scott-Heron — No Knock (Free Will, 1972) Flying Dutchman
12. Gil Scott-Heron — The Revolution WIll Not Be Televised (The Revolution WIll Not Be Televised, 1974) Flying Dutchman
13. Gil Scott Heron & Brian Jackson — It’s Your World (It’s Your World, 1976) Arista
14. Gil Scott-Heron — Fast Lane (Moving Target, 1982) Arista
15. Gil Scott-Heron — B Movie (Reflections, 1981) Arista
16. Gil Scott-Heron — Lady Day & John Coltrane (Pieces Of A Man, 1971) Flying Dutchman
17. Gil Scott Heron & Brian Jackson — It’s Your World (It’s Your World, 1976) Arista
18. Gil Scott-Heron Gil Scott-Heron — Fast Lane (Moving Target, 1982) Arista
19. Gil Scott-Heron — Lady Day & John Coltrane (Pieces Of A Man, 1971) Flying Man
20. Gil Scott-Heron — Everyday (Small Talk At 125th And Lenox, 1970) Flying Dutchman
21. Gil Scott-Heron — Grandma’s Hands (Reflections, 1981) Arista
22. Gil Scott-Heron — Winter In America (Winter In America, 1974) TVT
23. Gil Scott-Heron — Spirits (Spirits, 1994) TVT
24. Gil Scott-Heron — Is That Jazz (I’m New Here, 2010) XL
25. Gil Scott-Heron — Rivers Of My Fathers (Winter In America, 1974) TVT
26. Gil Scott Heron & Brian Jackson — Home Is Where The Hatred Is (I’m New Here, 2010) XL
27. Gil Scott-Heron — Johannesburg (1975) Arista
28. Gil Scott-Heron — Peace With You Brother (Winter In America,1974) TVT


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