Sly Stone DVD

Sly Stone “Coming Back for More” (documentaire 2015)

Réalisé par le vidéaste hollandais Willem Alkema avec l’assistance des indispensables Edwin et Arno Konings, fans et archivistes patentés de la saga Sly Stonienne, ce documentaire consacré à Sly Stone est enfin disponible en version DVD import après plusieurs années de gestation. Mi-biographie de Sly and the Family Stone, mi-enquête sur les traces du reclus Sylvester Stewart, Sly Stone : Coming Back For More dresse en 75 minutes le portrait d’un créateur tourmenté, de l’enfance texane au comeback mitigé des années 2000. Fil rouge de l’arc narratif, la traque d’une ancienne superstar disparue des radars occasionne des séquences dignes d’un thriller musico-policier, avec ses filatures, ses coups de fils nocturnes et ses rebondissements inattendus. L’issue finale n’en sera que plus heureuse.

Sly Stone DVDAchevé en 2015, le montage propose également une mise à jour des derniers développements du combat juridique mené par Sly pour l’obtention de ses droits d’auteur. Un épilogue illustré en compagnie d’un Sly Stone à des années-lumières de la figure pathétique aperçue sur les scènes européennes au cours de l’été 2007. Vif, alerte et drôle (“Comment je me sens sur scène ? Environ un mètre 50 au-dessus du niveau de la terre”), Sly Stone, malgré un handicap dorsal occasionné par une chute de quad en 2007, revient avec humour et lucidité sur ses années d’errance et réagit à chaud à une playlist composée de titres de son impressionnant catalogue.

Émaillé de témoignages de première main, dont les membres originaux de la Family Stone Larry Graham, Jerry Martini, Greg Errico et la regrettée Cynthia Robinson, mais aussi George Clinton, Nile Rodgers, le saxophoniste Pat Rizzo et Clive Davis, le documentaire de Willem Alkema révèle également une foule d’archives vidéo à faire pâlir les collectionneurs, dont de stupéfiantes images amateurs tournées en club en 1967, des extraits inédits de Woodstock et des versions exubérantes de “Sing a Simple Song” et “Dance to the Music” tournées au Lyceum de Londres en septembre 1970 et disponibles en intégralité dans les bonus.

Sly Stone de Willem Alkema (DVD Curiouscope, disponible en import japonais. Version européenne disponible prochainement).

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Prince+George+Clinton+Dangelo

Top 2015 des lecteurs de Funk★U

Comme chaque année, Funk★U a demandé à ses lecteurs de voter pour leurs albums, rééditions, compilations et concerts préférés parmi une sélection de disques et de concerts soul funk qui ont marqué les douze derniers mois. Les lecteurs pouvaient aussi ajouter leur propre sélection. Après des semaines de votes intensifs, voici les résultats.

Album de l’année 2015

Prince+HITnRUN+Phase+Two+Album

Vainqueur avec plus de 30% des voix, HITnRun Phase Two de Prince est l’album de l’année des lecteurs de Funk★U, suivi de Blood de Lianne La Havas et de Back in Time de Judith Hill. Sorti en catimini sur la plateforme de streaming Tidal en décembre dernier, cette deuxième phase voit le chanteur de Minneapolis délaisser les sons electro pour des productions plus organiques et cuivrées. Une bonne surprise.

Réédition/Compilation de l’année 2015

George+Clinton+Live+At+The+Metropolis

Côté rééditions/compilations, c’est le coffret Chocolate City: London P-Funk Live at the Metropolis de George Clinton Parliament Funkadelic qui se hisse à la première place avec 28,9% des voix. Ce somptueux collector publié à l’occasion du Record Store Day devance le Live at The Fillmore East de Sly & The Family Stone et un autre concert du Dr. Funkenstein enregistré durant le Atomic Dog Tour : Live at The Bervely Theater des P-Funk All Stars (Ace Records/Westbound Records).

Concert de l’année 2015

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Enfin, avec plus de 32% des voix, D’Angelo au Palais des Congrès est élu concert de l’année 2015 devant George Clinton et son Parliament Funkadelic au Trianon.

Merci à tous d’avoir participé et rendez-vous en décembre pour le top 2016 !

 


Andre Foxxe-1

Interview : Andre Foxxe “Je suis tombé du Mothership”

Andre Foxxe est l’un des membres historiques de Parliament-Funkadelic, qu’il rejoint à la fin des années 1970, alors qu’il est encore adolescent. Il deviendra dès lors un collaborateur fidèle de George Clinton, en studio comme sur scène, où le guitariste ne passe jamais inaperçu, avec sa robe de mariée ou sa tenue de nonne… Après un long silence, il sort cette année un nouvel album, Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. L’occasion pour Funk★U Magazine de revenir avec lui sur plus de 30 ans de P-Funk.

 ★★★★★★★★★★★★

Funk★U : Quand et comment a débuté ton histoire avec George Clinton et Parliament-Funkadelic ?

Andre Foxxe : C’était il y a une éternité ! En 1978 ou 1979, j’avais 16 ans… L’un de mes amis m’a dit qu’il connaissait les membres du groupe Parlet, qui répétait alors à Détroit. Lorsque j’ai su ça, j’ai volé la voiture de ma mère et on a filé pour aller les voir ! On a rencontré Ray Davis, Jeanette Washington, Jessica Cleaves… Ce jour-là, il y avait le Funk Festival au Pontiac Silverdome, le stade de Détroit. On décide donc d’y aller tous ensemble. Une fois arrivés, tout le monde se disperse, et je me retrouve seul en backstage. J’entends une musique vraiment cool venant de l’extérieur… Je pousse une porte, je regarde vers la scène et je suis sous le choc en découvrant Dr Funkenstein – monsieur George Clinton lui-même !-, Bootsy Collins et Michael Hampton, en train d’envoyer la sauce sur leur dernier morceau de l’époque, « Knee Deep » ! Avec moi, dans la pièce, se trouvait un jeune garçon – je découvrirai plus tard que c’était le fils de George Clinton, Tracey Lewis. A un moment, il me dit : « Hey, ça te dis de venir sur scène avec moi ? ». Je lui réponds : « Mais tu plaisantes, mec ! ». Et on se retrouve sur scène, à faire les chœurs de « Flashlight »… A l’époque, j’ai vécu ça comme le plus grand moment de ma vie. On est alors devenus très proches Tracey et moi. J’ai donc rejoint son groupe, Trey Lewd.

Tu mettras quelques années avant de travailler directement avec George…

Un jour, Ron Dunbar – qui était très proche de George Clinton – me voit sortir de ma voiture et me dit : « Hey gamin, j’ai un job pour toi ! C’est simple, il suffit de promener George, l’amener à l’aéroport, revenir le chercher, etc. Tu vas voir, c’est assez cool de bosser pour lui. » Ce fut donc ça, mon premier job officiel pour George Clinton : j’étais son chauffeur, son coursier, son « vas faire-ci, vas faire-ça, vas chercher ce gars, vas poser ce chèque à la banque », etc. J’ai ainsi pu observer de très près sa manière de gérer ses affaires… Et aussi d’autres petites choses dont vous êtes certainement au courant (rires) !

Andre Foxxe 2Comment s’est passée ta collaboration avec Tracey Lewis dans le groupe Trey Lewd ?

On était tous les deux très jeunes… Il avait deux ans de moins que moi, je le considérais comme mon petit frère. Quand ma mère a su que je trainais avec Funkadelic, elle m’a viré de chez moi, et George avait accepté de m’héberger quelques temps. Ça nous a encore plus rapprochés, Tracey et moi. On composait beaucoup, ça devenait vraiment intéressant… Le groupe était au complet et on avait de très bons morceaux. Mais Tracey a commencé à faire des choses complètement dingues… Littéralement ! Ce gosse était incontrôlable, et ça causait des problèmes à tout le groupe. Au bout d’un moment, j’ai pensé qu’il fallait que je prenne mes distances…

C’est aussi à cette époque que tu deviens guitariste…

Au départ, je faisais de la basse. Mais Tracey avait besoin d’un guitariste car il y avait déjà deux bassistes dans Trey Lewd. Moi, je ne savais pas vraiment jouer de la guitare… Alors un soir, j’ai posé ma basse, pris un peu d’acide et je me suis assis dans une pièce avec Garry Shider… Le lendemain matin, j’étais guitariste ! Histoire vraie (rires) !

Dans la compilation George Clinton’s Family Series Part II, il y a ce morceau de 1981, « I Can’t Stand It », crédité Tracey Lewis & Andre Foxxe. Est-ce le premier morceau que tu as enregistré ?

Non, le tout premier s’appelait « Make me Dance », mais je crois que George ne l’a jamais sorti… J’ai écrit “I Can’t Stand It “pour Trey Lewd. A l’époque, je voyais Tracey enregistrer avec son père, avec d’autres mecs du groupe… Je leur disais : « Mais pourquoi vous me laissez pas jouer sur ces morceaux ?! » J’avais progressé à la guitare, je bossais beaucoup, j’avais acheté une Les Paul… Un jour, j’en avais vraiment assez, je suis allé voir Garry Shider et lui ai dit  : « Laissez moi enregistrer, j’en peux plus ! (« I can’t stand it »). Puis George m’a répondu : « Ok gamin, vas-y, on verra bien ce que ça donne ». Et c’est comme ça qu’est né “I Can’t Stand It”, signé Andre Foxxe.

À partir de là, tu apparais sur tous les albums produits par George Clinton dans les années 1980 et 1990…

C’était une période dingue ! Et très instructive. George Clinton est un super pédagogue. Il m’a donné la chance de grandir, de m’améliorer, il le voulait vraiment. Quand j’avais 19 ans, il m’a dit : « Je vais m’occuper de toi et tu vas réussir ». Regarde George, on y est arrivés ! J’ai réussi (rires) !

De quel morceau es tu le plus fier ?

« Quickie ». Un très bon morceau, avec un des riff les plus funky que j’ai pu jouer…

Mais ce n’est pas Garry Shider, à la guitare sur « Quickie » ?

Non, c’est moi ! Ce riff incroyable, c’est moi ! Garry n’était pas là… L’autre morceau dont je suis assez fier est « Do Fries Go With That Shake », que j’ai aussi coécrit, même si je ne suis pas crédité. En réalité, il y a un paquet de morceaux pour lesquels je n’ai pas été crédité ! Mais ça, c’est une autre histoire…

Durant cette période, tu participes aussi à l’album de Jimmy G and The Tackheads…

À l’époque est apparu le frère de George Clinton, Jimmy Giles. On a monté un groupe autour de lui, Jimmy G and The Tackheads avec un album sorti en 1985 chez Capitol Records, dans lequel j’avais coécrit quelques morceaux comme « Break My Heart »… Jimmy avait beaucoup de talent, mais tout de suite après la sortie de l’album, il a décidé de disparaître, de ne plus faire de musique. Je ne sais vraiment pas ce qu’il s’est passé.

C’est là que tu décides de monter ton propre groupe ?

Je n’avais aucune assurance sur mon avenir. J’avais été dans Trey Lewd, et ça n’avait pas très bien marché malgré le fait qu’on ait enregistré une musique absolument monumentale et maintenant, j’étais membre de Jimmy G and The Tackheads, et ça ne marchait toujours pas. J’ai donc décidé de signer un contrat de production et de développement avec Don Davis et Willie Davis, les propriétaires des studios United Sounds Recordings. À Detroit, tout le monde enregistrait là-bas : Parliament-Funkadelic, Bootsy, Roger Troutman… Une fois le deal signé, j’ai recruté des mecs pour monter mon propre groupe, The A Foxxe Jam, avec qui j’ai enregistré énormément de morceaux. Mais ils ne sont sortis que beaucoup plus tard…

Pourquoi ?

Parce qu’au même moment, George vient me voir et m’apprend que Warner Bros. Records veut un deuxième album de Jimmy G and The Tackheads, mais que Jimmy G refuse de le faire. Il me propose donc de m’en charger à sa place. Je me dis : « Enfin ! C’est ma chance ! ». Je n’avais plus de bassiste, car mon cousin, que j’avais recruté pour The A Foxxe Jam venait de quitter le groupe. C’est donc Lige Curry qui l’a remplacé. Le groupe ne pouvait plus s’appeler A Foxxe Jam, il nous fallait un nouveau nom. La société d’édition de George s’appelait Parliafunkadelicment Thang Inc. ; c’est comme ça qu’on a pensé à Incorporated Thang Band, tout le monde trouvait ça cool dans le groupe. Alors George a dit : « Parfait, le nom du groupe sera Incorporated Thang Band ». Ce fut une expérience très intéressante… Car à ce moment, je ne réalisais pas que ce n’était plus mon groupe (rires) ! C’était le groupe de George ! Mais tout est le groupe de George…

Incorporated Thang Band fut un nouvel échec…

Le disque était pourtant très bon, mais n’a pas vraiment marché… J’étais complètement coincé. Je ne me voyais pas retourner voir Warner Bros. et leur dire : « Hey, j’ai un nouvel album pour vous ! », et de toute façon j’étais si démoralisé que je n’y avais même pas pensé.

En 1993, tu sors ton premier album solo I’m Funk And I’m Proud, sur un label japonais (réédité plus tard aux USA sous le nom The Foxxe Files)… Aujourd’hui, c’est un classique.

Andre foxxe funkAprès l’aventure Incorporated Thang Band, je reprends la petite routine des tournées avec les P-Funk All Stars… Au Japon, on est approchés par un label, qui voulait sortir des vieux morceaux de George (le label P-Vine, qui sortira la série de compilations George Clinton Family Series en 1992 et 1993, ndlr). J’en profite donc pour leur proposer les morceaux que j’avais enregistrés pour Don et Willie Davis. C’est comme ça qu’est né I’m Funk And I’m Proud. Un classique, en effet ! La plupart des morceaux ont été enregistrés au début des années 1980, quand j’étais avec Jimmy G and The Tackheads, ou quand je bossais sur les albums de Parliament-Funkadelic et de George Clinton.

Sur ce disque, il y a notamment un morceau enregistré avec les Red Hot Chili Peppers à l’époque où ils étaient en studio avec George Clinton pour Freaky Styley !

George travaillait sur le deuxième album de ce jeune groupe, les Red Hot Chili Peppers. Michael Clip Payne et moi, on leur donnait un coup de main, c’était assez cool : on avait à peu près le même âge, on était tous jeunes et sauvages ! En réalité, Clip et moi, on a été les premiers Chili Peppers noirs ! The Brothers Cup ! Un jour, j’étais seul avec ma guitare au studio de George. Les mecs de mon groupe étaient en retard, certainement bourrés quelque part… Je suis donc allé voir les Chili Peppers qui étaient juste à côté, pour leur proposer de jouer un morceau que je venais d’écrire, « Reputation ». C’est comme ça que j’ai eu l’honneur d’enregistrer avec Flea, Hillel Slovak, Anthony Kiedis et Cliff Martinez… On avait une énergie folle, et je crois que ça se sent sur le morceau ! J’ai vu qu’ils avaient récemment sorti une réédition de “Reputation” sous le nom Red Hot Chili Peppers… Il va falloir qu’on discute, Flea et Anthony (rires) !

Pour quelle raison as-tu brusquement cessé ta collaboration avec George Clinton au milieu des années 1990 ?

Je suis tombé du Mothership ! Croyez-le ou pas, mais c’est vrai : j’ai eu un accident lors d’un concert et je me suis cassé la jambe. Ça s’est terminé aux tribunaux car George Clinton n’avait pas prévu d’assurance pour les accidents du travail… J’ai arrêté de bosser avec lui pendant un moment. Ce fut une période difficile… Il fallait que je m’éloigne un peu de lui. Puis plus tard, on s’est rabibochés, et je suis revenu dans le groupe de 2009 à 2012. Je l’adore, tout est cool. Après la sortie d’I’m Funk and I’m Proud, j’ai continué à collaborer avec P-Vine, et je suis devenu directeur artistique du label. On a fait des Tribute to Jimi Hendrix, une compilation de bassistes, et plein d’autres choses… Ça marchait bien, je faisais mon propre funk, et j’en étais très fier !

Andre Foxxe Live

Andre Foxxe sur scène en 2009 (photos : Kbevphoto.com)

Tu as écouté le nouvel album de Funkadelic Shake The Gate ? Qu’en penses tu ?

Waouh ! Énormément de morceaux, c’est une drôle de bête ! Un disque intéressant… Je ne dirais pas que c’est un album de Funkadelic mais si George le dit, alors c’est un album de Funkadelic !

Tu es de retour cette année avec un nouvel album, Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. Parle-nous de ce projet…

C’est une tuerie ! Cela m’a pris quelques années pour faire aboutir ce projet car je ne savais pas vraiment dans quelle direction aller… Et puis je me suis dit : « Funk it ! Fais moi un bel album de funk ! » C’est donc du pur funk, réalisé avec des mecs de New York et de Detroit, mes Psychedelic Ghetto Pimpz. Mais je vais bientôt organiser des auditions en Europe car j’ai envie de monter un tout nouveau groupe : à tous ceux qui lisent ça, ramenez-vous à mon audition, vous décrocherez peut-être un cachet !

Propos recueillis par Sandro Piscopo-Reguieg

Andre Foxxe Andre Foxxe & The Psychedelic Ghetto Pimpz. Disponible sur Bandcamp.


Ishan Cooper

Ishan Cooper “Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !!!”

K.O. ! Il faut dire qu’on n’avait pas vu le coup venir quand, le 7 septembre, Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !!! est arrivé sur Bandcamp, sans prévenir, comme sorti de nulle part. Groove imparable, guitares facétieuses, créativité débordante… Une vraie claque  P-Funk ! Le coupable ? Un certain Ishan Cooper, né en 1978, guitariste australien tout à fait inconnu qui, pour enregistrer cet album (autoproduit), a tenu à s’entourer de ses idoles, à savoir une bonne partie du line-up actuel de Parliament-Funkadelic : Danny Bedrosian (claviers), Lige Curry et Rodney « Skeet » Curtis (basse), Benzel Baltimore Cowan (batterie), Greg Thomas (saxo), Greg Boyer (trombone), Bennie Cowan (trompette)… Plus qu’un cachet « P-Funk », ils apportent une vraie cohérence à l’ensemble, soit 11 pistes d’une richesse incroyable. L’arrière garde de George Clinton s’y voit rejoint, selon les morceaux, par quelques autres invités de marque qui se relaient pour assurer les parties chant : Angelo Moore (Fishbone), Steve Boyd (Five Special, Parliament-Funkadelic), le rappeur Kokane (connu pour ses collaborations avec Snoop Dogg), et la chanteuse Sue Ann Carwell. Enfin, George Clinton himself joue les maîtres de cérémonie, via une série de spoken words en intro et outro, résonnant comme un adoubement.

Ishan Cooper n’était pas né quand est sorti The Clones of Dr Funkenstein, un des nombreux chefs d’œuvre de Parliament. L’artwork du LP (tiré en édition limité à 100 Ishan Cooperexemplaires) y fait directement référence. Ce n’est pas un hasard, tant l’ensemble évoque l’ère « classique » du P-Funk, celle de la seconde moitié des années 1970, ici magnifiée par une production contemporaine. Ishan Cooper assume tout autant l’héritage de la fusion funk rock des années 1990 (Fishbone, Weapon of Choice), à coup de rythmiques puissantes, murs de cuivres et guitares heavy. Le son est lourd ; l’énergie, débordante. Une sorte de Clones du 21ème siècle en somme. Ishan Cooper l’apprenti sorcier a trouvé la formule. Celle que le Dr Funkenstein lui même, a égaré, car en comparaison, les dernières sorties de Clinton paraissent bien fades… Et s’il était là, finalement, le “vrai” nouvel album de Funkadelic ?

Sandro Piscopo-Reguieg

Ishan Cooper Coop Deville presents Bat Funk Crazy… In 3D !! ****. Disponible en version digitale, CD et vinyle collector sur Bandcamp.


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Audio “The P-Funk B-Sides & Ballads Mixtape”

A l’initiative du magazine Billboard, le duo de producteurs Bostoniens Soul Clap, invités sur le récent First Ya Gotta Shake the Gate de Funkadelic, a concocté une playlist 100% P-Funk alternant classiques (“Maggot Brain”), faces-B (“Presence of a Brain”), extraits d’albums (“I’ll Stay”, “Music for My Mother”) et bribes d’interviews de George Clinton.

72 minutes de PPFP (Pure P-Funk Power) à savourer ci-dessous !


Ronson Clinton Glastonbury

Vidéo : Mark Ronson feat. George Clinton & Mary J. Blige “Uptown Funk” (Glastonbury, 26/06/2015)

Après le succès mondial d’”Uptown Funk” et de l’album Uptown Special de Mark Ronson, la chanson la plus populaire de 2015 retentit désormais sur scène.

La nuit dernière, lors du concert de Mark Ronson au festival de Glastonbury, le DJ/Producteur a invité sur scène George Clinton, Mary J. Blige et Grandmaster Flash aux platines pour une spectaculaire version d’”Uptown Funk”. Vidéo à voir ci-dessus, avec un Dr. Funkenstein dont la forme physique ne cesse de surprendre. Uptown Funk You Up !

PS : George Clinton & Parliament/Funkadelic se produiront ce soir sur le scène de Glastonbury en compagnie de la Family Stone.


2012.06.30 - George Clinton - Enghien2

Parliament/Funkadelic & The Family Stone réunis à Glastonbury !

Si à tout hasard vous étiez détenteurs d’un billet pour le festival britannique de Glastonbury (le plus important rassemblement festivalier de la planète), l’édition 2015 qui aura lieu du 24 au 28 juin proposera la rencontre inédite de Parliament/Funkadelic et de The Family Stone, qui comprend les anciens partenaires de Sly Stone (Gregg Errico, Jerry Martini, Cynthia Robinson). L’affiche, intitulée The Mothership Returns, permettra aux deux formations légendaires de l’histoire du funk de croiser leurs répertoires.

Mavis Staples, Pharrell Williams, Lionel Richie et Lianne La Havas sont également au programme de cette édition 2015. En espérant que la BBC, qui retransmet chaque année les concerts de Glastonbury, diffusera cette rencontre au sommet…

Glastonbury 2015


George Clinton Cabaret Sauvage

Des bandes playback sur la nouvelle tournée de Parliament/Funkadelic ?

Dans un long et passionnant entretien accordé au quinzomadaire US Rolling Stone, George Clinton revient sur sa carrière, sa vie privée (dont ses addictions multiples et le décès de son fils George Clinton III en 2010), son amitié avec Sly Stone (qui vit toujours dans son van, devra attendre le résultat de l’appel de son procès pour empocher les 5 millions de dollars escomptés et doit sa survie financière aux chèques de l’aide sociale) et les divers projets de Parliament/Funkadelic.

À la veille d’une nouvelle tournée européenne qui passera par la France cet été, George Clinton explique que des bandes pré-enregistrées seront utilisées pour la première fois dans l’histoire de la Parliamentfunkadelicthang. “C’est le son d’aujourd’hui”, déclare le Dr. Funkenstein. “Les kids sont habitués à ce son, et c’est le son qu’ils veulent entendre. De la basse tout le temps ! De la basse qu’on peut entendre jusqu’à l’autre côté du pâté de maison. Il faut qu’on apprenne à le faire correctement sans se perdre complètement.” 

Contacté par FunkU, Danny Bedrosian, clavier et responsable des arrangements scéniques de Parliament/Funkadelic, précise les propos de George Clinton et explique que ces bandes ne concernent que les nouveaux titres de Shake the Gate, le dernier album de Funkadelic : ” En fonction des medleys que nous jouons sur scène, une courte partie du set, de 13 à 22 minutes environ, est consacrée au nouvel album Shake the Gate, dont nous reprenons 6 ou 7 titres. Nous jouons live sur ces morceaux qui reprennent les beats des titres originaux, mais le public nous entend beaucoup plus que ces bandes.” La preuve en vidéo ci-dessous filmée lors du NAMM 2015.

 


kendrick-loseup

George Clinton, Bilal et Ronald Isley invités sur le nouvel album de Kendrick Lamar

Avec une semaine d’avance sur sa parution physique, le prodige hip-hop Kendrick Lamar a choisi de distribuer son nouvel album To Pimp A Butterfly sur les plateformes Internet. L’occasion de découvrir un LP traversé par de nombreuses références soul-funk, de l’extrait du brillant “King Kunta” disponible ci-dessus à une liste d’invités réunissant George Clinton (audible sur l’introductif “Wesley’s Theory”), Bilal (sur le sombre “Institutionalized” aux côtés de Snoop Dogg) et Ronald Isley des légendaires Isley Brothers sur le downtempo “How Much A Dollar Cost”. Robert Glasper, Lalah Hathaway et Rashaan Patterson sont également présents sur cet album chaudement recommandé !


Clinton Wesley Ellis

Bientôt un nouvel album de Parliament ?

Une photo postée sur les comptes Facebook et Instagram de George Clinton montrant le Dr. Funkenstein en compagnie de Fred Wesley et Pee-Wee Ellis et sous-titrée #NewParliamentProject circule depuis mercredi. Ce cliché a été pris dans les coulisses du salon annuel du NAMM de Los Angeles, la Mecque des fabricants d’instruments de musique. Après la parution récente du triple album (décevant) de Funkadelic, un nouvel album de Parliament ferait-il partie des nombreux projets utopiques de George Clinton ? À suivre…


BBC Story of Funk Funkadelic

Vidéo : “The Story of Funk – One Nation Under a Groove” (BBC Documentary, 2014)

Produit par la BBC et diffusé en décembre dernier, le documentaire The Story of Funk – One Nation Under a Groove revisite l’âge d’or du funk grâce à une foule d’images d’archives et les témoignages éclairés d’acteurs majeurs du genre, dont George Clinton, Fred Wesley, Larry Graham, Steve Arrington, Sheila E., Larry Dunn (Earth Wind & Fire), Robert “Kool” Bell et Ronald “Khalis” Bell (Kool and the Gang) et Onny McIntire et Alan Gorrie (Average White Band).

Des grooves pionniers du Godfather of Soul en passant par l’émergence de Sly and the Family Stone, de l’empire P-Funk et l’héritage du hip-hop, un excellent exercice de vulgarisation dont les documentaristes britanniques ont le secret à revoir dès maintenant ci-dessus !


Clinton autobio

George Clinton “Brothas Be, Yo Like George”

Qu’apprend-on après avoir refermé les 385 pages de Brothas Be, Yo Like George, Ain’t That Funkin’ Kinda Hard On You ?, l’autobiographie de George Clinton basée sur des entretiens réalisés par Ben Greenman. On savait déjà que le MC en chef de Parliament/Funkadelic était un conteur hors-pair, et ces mémoires faisant preuve d’une étonnante précision mémorielle confirment le retour à la grande forme du Dr. Funkenstein. « Clean » depuis 2010, George Clinton raconte une vie proche de la structure idéalisée d’un biopic, du difficile apprentissage de jeunesse à l’âge d’or des années 1970, puis la descente aux enfers (narcotique et juridique) avant la rédemption tardive. Épicentre de l’ouvrage, les années P-Funk privilégient la description des concepts épiques de chaque album de Parliament et Funkadelic aux détails d’enregistrements et aux bacchanales de tournées qui, selon témoins, n’avaient rien à envier aux campagnes de destruction massive des rockers seventies. Bootsy Collins et Bernie Worrell sont les seconds rôles principaux d’une saga délirante émaillée d’anecdotes sidérantes, de la rencontre fortuite de zombies sur le tournage de La nuit des morts vivants en passant par l’incroyable épisode du guitariste anonyme de « Get Off Your Ass and Jam ».

Sly Stone, l’autre acolyte de Brothas Be, Yo Like George…, occupe également une grande place dans un récit dont le dernier tiers décrit (parfois longuement) les déboires juridiques de George Clinton victime des bad guys Armen Boladian et Nene Montes, dépositaires illégaux d’enregistrements historiques produits pour Westbound, Warner Bros. et Capitol. Malgré quelques réserves, Brothas Be, Yo Like George, Ain’t That Funkin’ Kinda Hard On You ? constitue une lecture passionnante mais malheureusement réservée aux anglicistes, la chose ayant peu de chance d’être traduite un jour dans la langue de Molière.

Jacques Trémolin

George Clinton Brothas Be, Yo Like George, Ain’t That Funkin’ Kinda Hard On You ? **** (Atria Books)

Clinton autobio


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