Give me the funk vol2

Gagnez des vinyles de “Give Me The Funk ! Vol. 2″

En partenariat avec Wagram Music, Funk★U vous offre des exemplaires vinyle du deuxième volume de la collection Give Me the Funk ! The Best Funky-Flavored Music.

Á l’aube des années 1970, la révolution funk s’empare de la planète et des sous-genres musicaux. Le rhythm’n’blues se cale désormais sur The One, le premier temps du groove défini par James Brown, tandis que la soul s’électrise, à l’image du trio vocal The Detroit Emeralds dont les enregistrements — parmi lesquels « Baby Let Me Take You (In My Arms) » ­­— intègrent dorénavant des membres de Parliament-Funkadelic.

De l’autre côté de l’Atlantique, le groupe Cymande perce au Royaume-Uni grâce à sa fusion de soul, de funk et de rythmes afro-caribéens. « Soul Makossa », l’emblème afro-funk de Manu Di Bango, résonne également dans ce deuxième volume de la collection Give Me the funk ! The Best Funky-Flavored Music. Au moment du triomphe de « Soul Makossa », le label TK Records abrite à Miami les productions des époux George et Gwen McRae et du singer-songwriter et guitariste Willie Hale, alias Little Beaver. « Concrete Jungle », un de ses titres les plus emblématiques, sonne comme un écho à « Home Is Where the Hatred Is », un des nombreux chefs-d’œuvre d’un autre illustre auteur-compositeur : l’immense Gil Scott-Heron, le poète des jungles de béton.

Give me the funk, nothing but the funk !

Pour remporter les exemplaires vinyles mis en jeu, il suffit de répondre à la question suivante en nous écrivant à concoursfunku@gmail.com avant le vendredi 25 septembre. N’oubliez pas d’ajouter vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse postale) !

  • Pour quelle occasion Manu Dibango a-t-il composé “Soul Makossa” ? 

Tracklisting Give Me the Funk ! The Best Funky-Flavored Music (Vol. 2)

FACE A

  1. Blowfly Nobody’s Butt But Yours, BabeGive me 2
  2. The Detroit Emeralds Baby Let Me Take You (In My Arms)
  3. George McCrae I Get Lifted
  4. Brother To Brother Chance With You
  5. Gil Scott-Heron Home Is Where The Hatred Is

FACE B

  1. Manu Dibango Soul Makossa
  2. The Fatback Band Yum Yum (Gimme Some)
  3. Gwen McCrae All This Love That I’M Givin’
  4. Little Beaver Concrete Jungle
  5. Cymande Bra


Give me the funk une

Funk★U présente la collection “Give Me the Funk !”

En partenariat avec Wagram Music, Funk★U présente la collection Give Me the Funk ! The Best Funky-Flavored Music. Au programme disponible à partir du 21 août, trois vinyles simples et un recueil 2-CDS renferment des classiques incontournables de James Brown, Funkadelic, Gil Scott-Heron, Cymande, Ohio Players, Patrice Rushen, Curtis Mayfield, mais aussi des titres rares de Syl Johnson, Blowfly, The Sylvers, Little Beaver, T Connection et bien d’autres (tracklistings disponibles ci-dessous).

Give me the funk, nothing but the funk !

Give me the Funk vol1

Give Me the Funk !  (Volume 1) 

Du rhythm’n’blues à la soul music en passant par le jazz, le blues et le doo-wop, la route sinueuse qui mène au funk démarre dans les années 1950. Avant de graver les tables de loi du genre au milieu des sixties, James Brown dessinait déjà les contours du funk avec « Think! », extrait de son troisième album du même nom paru en 1960. Little Willie John, le modèle premier du Godfather of Soul, est présent dans cette sélection roots avec son standard « Fever », grand succès de l’année 1956 qui, à l’instar de « Think! », servira de prototype à de nombreuses reprises à succès.

Le premier volume de la collection Give Me the Funk ! The Best Funky-Flavored Music relie également deux des plus grandes enseignes de la Great Black Music américaine : au Sud, Stax Records s’impose dans les charts nationaux avec « Green Onions » de Booker T. & the MG’s et « Last Night » des Mar-Keys. Au Nord de la ligne Mason-Dixon, la Motown s’apprête à conquérir la planète soul grâce à Barrett Strong, auteur du tube « Money », puis surtout Marvin Gaye et Stevie Wonder. Artistes pionniers, l’archange du label de Detroit et le prodige multi-instrumentiste signeront bientôt de nombreux chefs-d’œuvre du catalogue funk.

En marge des futurs souverains de la dynastie funk, d’autres performers et instrumentistes de choix entrevoient le futur du groove, des polyrythmes complexes du « Watermelon Man » d’Herbie Hancock en passant par l’énergie électrique d’Ike & Tina Turner et l’extravagance scénique de Screamin’ Jay Hawkins.

 

Give me the funk vol2

Give Me the Funk !  (Volume 2) 

Á l’aube des années 1970, la révolution funk s’empare de la planète et des sous-genres musicaux. Le rhythm’n’blues se cale désormais sur The One, le premier temps du groove défini par James Brown, tandis que la soul s’électrise, à l’image du trio vocal The Detroit Emeralds dont les enregistrements — parmi lesquels « Baby Let Me Take You (In My Arms) » — intègrent dorénavant des membres de Parliament-Funkadelic.

De l’autre côté de l’Atlantique, le groupe Cymande perce au Royaume-Uni grâce à sa fusion de soul, de funk et de rythmes afro-caribéens. « Dans Cymande, on aimait Aretha Franklin, James Brown et Curtis Mayfield, mais on pouvait aussi adorer en même temps le reggae et Manu Di Bango », déclare le percussionniste Pablo Gonsales. « Soul Makossa », l’emblème afro-funk de Manu Di Bango, résonne dans ce deuxième volume de la collection Give Me the funk ! The Best Funky-Flavored Music. « Je l’ai composé en 1972 pour la Coupe d’Afrique des Nations », racontait le regretté saxophoniste dans les pages de Funk★U. « C’était une face-B qui n’a pas connu de gros succès en Afrique. Dans les quartiers, les gamins en riaient… En revanche, le titre a explosé aux États-Unis l’année suivante ! C’était un morceau rassembleur qui a parlé à un public particulier dans un contexte particulier, un contexte où les afro-américains avaient les yeux rivés vers l’Afrique, ils l’idéalisaient comme une terre promise. D’ailleurs, après « Soul Makossa », il n’y a plus eu de tube africain mondial comme celui-ci. »

Au moment du triomphe de « Soul Makossa », le label TK Records abrite à Miami les productions des époux George et Gwen McRae et du singer-songwriter et guitariste Willie Hale, alias Little Beaver. « Concrete Jungle », un de ses titres les plus emblématiques, sonne comme un écho à « Home Is Where the Hatred Is », un des nombreux chefs-d’œuvre d’un autre illustre auteur-compositeur : l’immense Gil Scott-Heron, le poète des jungles de béton.

 

 

Give me the Funk vol3

Give Me the Funk !  (Volume 3)

« Si j’ai enregistré « Maggot Brain » sous acide ? J’ai TOUT enregistré sous acide ! ». Quand George Clinton raconte la création d’un des albums phares de Funkadelic, le Pape du P-Funk évoque indirectement la démesure et l’extravagance de la scène funk des années 1970. « Avec Funkadelic, nous faisions tout ce qui nous passait par la tête car je ne voulais pas qu’on nous range dans une catégorie. Nous avions une mission et nous étions complètement cinglés. Nous avons fait des choses qu’on aurait crues impossibles en studio. À partir de là, nous avons basculé de l’autre côté de la barrière, et on y est restés. » Dans le sillage des expérimentations délirantes du Dr. Funkenstein, les Ohio Players, sous l’impulsion du génial Junie Morrison, imaginent leur inénarrable Funky Granny, aïeule salace et personnage récurrent de leurs premiers LPs d’exception. Le fantasque frappe également là où on ne l’attend pas : après avoir excellé dans le registre des ballades soul, The Sylvers plongent à leur tour dans le bouillon funkadélique avec un « I Aim to Please » débraillé à l’envi, tandis que Curtis Mayfield troque avec succès ses luxuriants arrangements contre le fracas électronique des drum machines dans le dévastateur « Toot An’ Toot An’ Toot ».

Chantre de la blaxploitation depuis Superfly, Curtis Mayfield marque de son empreinte une série de bandes originales cultes et parfois méconnues : dans celle de Melinda (1972), son ancien partenaire des Impressions Jerry Butler délivre le prêche de « Speak The Truth to the People ». Aux côtés de ce downtempo teinté de sitar indien, Joe Simon signe la chanson générique érotico-orchestrale du thriller féministe Cleopatra Jones. Mais si les icônes glamour de la blaxploitation sont légion, peu de femmes cumulent encore les premiers rôles dans la production musicale, à l’exception de Patrice Rushen. « À l’époque, il n’y avait pas de plan marketing pour une musique qui appartenait à la fois au jazz, à la pop, au R&B et à la dance music », explique la prodige des claviers. « Au final, il n’y avait pas de problème une fois qu’on appréciait le résultat. On voulait simplement le faire découvrir à ses amis, et on ne se souciait pas de son genre. Je suis très heureuse d’avoir brouillé ces frontières musicales. » Dans « Hang it Up », ses interventions virtuoses au Fender Rhodes font écho aux envolées cosmiques de Lonnie Liston Smith, dont le stratosphérique « A Chance for Peace » conclut en apesanteur le troisième volume de cette collection.

Give Me the Funk ! The Best Funky-Flavored Music (Wagram Music). Disponible le 21 août en vinyles simples, 2-CDs et version digitale.

 

Tracklistings vinyles

Give Me the Funk !  (Volume 1)

FACE AGive me 1

  1. Booker T. & the MG’s Green Onions
  2. James Brown & The Famous Flames  Think
  3. The Mar-Keys Last Night
  4. Marvin Gaye Hitch Hike
  5. Ray Charles Unchain My Heart
  6. Barrett Strong Money (That’s What I Want)
  7. Stevie Wonder Ain’t That Love

FACE B

  1. Herbie Hancock Watermelon Man
  2. Ike & Tina Turner A Fool In Love
  3. Little Willie John Fever
  4. Etta James I Just Want To Make Love To You
  5. Screamin’ Jay Hawkins I Put a Spell on You

 

Give Me the Funk !  (Volume 2)

FACE AGive me 2

  1. Blowfly Nobody’s Butt But Yours, Babe
  2. The Detroit Emeralds Baby Let Me Take You (In My Arms)
  3. George McCrae I Get Lifted
  4. Brother To Brother Chance With You
  5. Gil Scott-Heron Home Is Where The Hatred Is

FACE B

  1. Manu Dibango Soul Makossa
  2. The Fatback Band Yum Yum (Gimme Some)
  3. Gwen McCrae All This Love That I’M Givin’
  4. Little Beaver Concrete Jungle
  5. Cymande Bra

 

Give Me the Funk !  (Volume 3)

FACE AGive me 3

  1. Bobby Byrd Back From The Dead
  2. Funkadelic Can You Get To That
  3. T Connection Funkannection
  4. The Sylvers I Aim To Please
  5. Patrice Rushen Hang It Up

 

FACE B

  1.  Joe Simon Theme From Cleopatra Jones
  2. Jerry Butler Speak The Truth To The People – Frankie’s Theme
  3. Ohio Players Funky Worm
  4. Curtis Mayfield Toot An’ Toot An’ Toot
  5. Lonnie Liston Smith and The Cosmic Echoes A Chance For Peace

 

 Tracklisting CD

CD1 

  1. Manu Dibango Soul Makossa
  2. Blowfly  Nobody’s Butt But Yours, Babe
  3. George McCrae I Get Lifted
  4. GMTF! Digital 3000x3000Gil Scott-Heron Home Is Where The Hatred Is
  5. Gwen McCrae All This Love That I’M Givin’
  6. Little Beaver Concrete Jungle
  7. Bobby Byrd Back From The Dead
  8. Funkadelic Can You Get To That
  9. T Connection Funkannection
  10. The Sylvers I Aim To Please
  11. Patrice Rushen Hang It Up
  12. Jerry Butler & Jerry Peters Speak The Truth To The People – Frankie’s Theme
  13. Curtis Mayfield Toot An’ Toot An’ Toot
  14. Syl Johnson Ms Fine Brown Frame
  15. Cymande Bra
  16. Lonnie Liston Smith And The Cosmic Echoes A Chance For Peace

CD2 

  1. Clarence Reid If It Was Good Enough For Daddy
  2. Betty Wright All Your Kissin’ Sho’ Don’T Make True Lovin’
  3. Andre Maurice You’re The Cream Of The Crop
  4. Uncle Louie Feat. Walter Murphy I Like Funky Music
  5. 9th Creation A Good Time
  6. Young Senators Jungle
  7. Blo Mind Walk
  8. Roger Damawuzan & Les As Du Bénin Wait For Me
  9. Jimmy “Bo” Horne Clean Up Man
  10. Doris Duke Woman Of The Ghetto
  11. Esther Phillips Home Is Where The Hatred Is
  12. Larry Dixon Hey Girl
  13. The Right Direction Midnight Rhythm
  14. Captain Sky Hero
  15. Barrett Strong Money (That’s What I Want)
  16. Booker T & the MG’s Green Onions

 

 

 

 


rsd2017

La sélection du Disquaire Day 2017 de Funk★U

Le 22 avril, la septième édition du Record Store Day proposera à nouveau une série de vinyles exclusifs réservés au circuit des disquaires indépendants.

Le groove sous toutes ses formes sera à nouveau à l’honneur avec des éditions collector des Meters, The Time, Blowfly, Johnny Guitar Watson, Prince, Mayer Hawthorne, Fred Pallem et le Sacre du Tympan, Malka Family et Sharon Jones. Découvrez la sélection du Disquaire Day 2017 de Funk★U, et bonne pioche !

  • Blowfly Forever Fly - LP
  • Curtis Knight feat. Jimi Hendrix Live At George’s Club 20 -  2-LPsPallem Soul Cinema vinyle
  • Diana Ross Diana – 2-LPs vinyles roses
  • Disco Feelin’ Chic “Good Times”/Patrice Rushen “Forget Me Nots” – Maxi
  • Fred Pallem et le Sacre du Tympan Soul Cinema !- LP
  • James Brown Try Me (compilation) – LP couleur + CD
  • Jamiroquai “Automaton/Nights Out in the Jungle” – 45-tours transparent
  • Johnny ”Guitar” Watson  A Real Mother For Ya – LP vinyle jaune
  • Johnny ”Guitar” Watson Ain’t That A Bitch  – LP vinyle bleu
  • Lalo Schifrin Lalo Schifrin: My Life In Movies – 2LPs 180-grammes
  • Malka Family “Donne-moi ça !” – Maxi
  • Marcos Valle Vontade De Rever Voce – LP 180-grammes
  • Mayer Hawthorne Party Of One – LP 180-grammes bleu translucide
  • Meters, The A Message from The Meters: The Complete Josie, Reprise & Warner Bros. Singles 1968-1977 – 3-LPs rouge, jaune et vert.Meters RSD
  • NRBQ High Noon: 50 Year Retrospective – LP
  • Prince “Batdance (The Batmix) / Batdance (Vicki Vale Mix) / 200 Balloons” – Maxi
  • Prince  “I Could Never Take The Place Of Your Man / Hot Thing (x3)” – Maxi
  • Prince  “I Wish U Heaven / Scarlet Pussy” – Maxi
  • Prince  “Little Red Corvette b / w 1999″ – 45-tours Picture
  • Prince  “Partyman (x3) / Feel U Up” – Maxi
  • Prince  “Sign O ‘The Times / La, La, La, He, He, Hee” – Maxi
  • Prince and The Revolution “Pop Life / Hello” – MaxiThe Time RSD 2017
  • Sharon Jones with the E.L. Fields Gospel Wonders Heaven Bound b/w Key To The Kingdom – 45-tours picture
  • Sharon Jones, Corey Harris & Peter McGennis Bubble Girl (Soundtrack) – Maxi-45-tours
  • The Time What Time Is It ? LP vinyle vert.
  • Various Artists Soul Jazz Records Presents:Nigeria Soul Power 70: Afro-Funk Afro-Rock Afro-Disco – Coffret 5×45-tours
  • Various Artists Soul Jazz Records Presents:Soul 70 – Coffret 5×45-tours
  • Various Artists Soul Slabs Vol. 1 – LP
  • Various Artists Motown Funk – 2 LPs

 


Blowfly

Interview : Blowfly ” Je faisais du rap en 1959 sur des 78-tours”

Clarence Reid, alias Blowfly, s’est éteint le 17 janvier, victime d’un cancer du foie à l’âge de 76 ans. En 2007, le Roi du dirty funk avait donné une interview exclusive et délirante à Funk★U. Extrait d’une entrevue avec le « nastiest rapper », le président Blowfly, au micro d’Olivier Cachin.

 ★★★★★★★★★★

Funk★U : Allo, monsieur Clarence Reid, alias Blowfly ?

Blowfly : Ouais, c’est plutôt Blowfly alias Clarence Reid, parce que Blowfly a pris le dessus.

 

OK, Blowfly. C’est un grand honneur de vous parler. Votre premier album était The Weird World Of Blowfly. Comment avez-vous trouvé le concept ?

C’est une drôle d’histoire. Il faut savoir que je suis né en Georgie, et les rednecks là-bas n’aimaient pas ça, alors je me suis damné une première fois en leur disant « fuck you ». Je connaissais le shérif, un redneck qui était membre du Ku Klux Klan. Il me disait souvent « boy, les gens deviennent dingues quand on les appelle négros ». je lui ai dit « oui, et alors ? » Et il m’a répondu « tu sais comment niquer tout le monde ? En aimant ce que les autres détestent ». J’avais six ans, et ça m’a marqué. Je faisais marrer les femmes Weird World Blowflyblanches et j’étais un peu leur mascotte. Alors elles étaient gentilles avec moi et elles me disaient (voix de femme snob) « Boy ? » Je ne répondais pas. « Kid ? Junior ? Pourquoi il ne répond pas ? C’est quoi son problème ? » Et le shérif leur a dit « appelez-le négro, il va vous répondre » « Mais je n’aime pas ce mot ! » Alors il s’est tourné vers moi et m’a dit « Hey, négro ! » Et moi j’ai répondu « ouais, je suis le plus fort des négros du monde entier ! » Et après, j’ai repris des chansons comme « I’m Walking The Floor Over You » que je transformais en « I’m Jerking My Dick Over You ». Les blancs adoraient ça.

Ma grand-mère m’a dit que j’étais la honte de la race noire et que je ne valais pas mieux qu’une mouche à asticots (Blowfly en Anglais). Ma grand-mère me disait que j’étais la honte de la race noire et que je ne valais pas mieux qu’une « blowfly ». Je ne savais pas ce que c’était jusqu’à ce qu’une petite fille blanche, plus vieille que moi de six ans, qui s’appelait Mabel Cross, me dise « tu sais ce que c’est, une blowfly ? C’est un insecte noir, rouge, vert et jaune qui pond des œufs sur les cadavres qui se transforment en asticots ». Moi qui n’avait jamais pleuré de ma vie, à six ans, je me suis mis à chialer comme une madeleine. Alors elle m’a dit (voix de petite fille) « Je suis désolé que ça te rende triste, mais il y a un bon côté ! » Je ne comprenais pas comment c’était possible, alors elle m’a dit « quand il y a eu la fin du monde et que les dinosaures ont disparu de la surface de la terre, il y avait tellement de maladies que l’homme n’aurait pas pu apparaître s’il n’y avait pas eu ces mouches qui pondaient des œufs dans les cadavres et bouffaient les germes ! » Et c’est comme ça que j’ai décidé de m’appeler Blowfly.

 

Dans le génial Porno Freak, il y a « International Pricks », où vous énumérez une série de salauds. Il y a notamment Idi Amin Dada, Jim Jones et Adolf Hitler. Et ça fait bizarre de vous entendre hurler « Heil Hitler ! » au milieu de la chanson…

Blowfly

Blowfly et une amie

(Il rigole) Ah là j’ai fait mal, hein ! Comme je l’ai dit une fois à Jesse Jackson, Hitler détestait encore plus les négros que les Juifs. Aux jeux olympiques de Berlin, quand Jesse Owens a gagné, Hitler ne voulait même pas lui serrer la main, il a dit qu’il préférait foutre sa paluche dans la gueule d’un dinosaure plutôt que de serrer la main à un négro. D’ailleurs, je tiens à préciser que Porno Freak est le premier disque de l’histoire à avoir été interdit. C’était une histoire compliquée, en fait c’est à cause de John Holmes, le hardeur qui avait une bite de 33 centimètres mais avait du mal à bander, bref. En tout cas, comme il y avait interdiction de vendre le disque, les disquaires disaient « non, on ne l’a pas » puis (voix basse) « allez à l’entrée de service… » Ils ont dû en vendre 800.000 comme ça, à l’époque ! Moi j’ai lancé ma carrière en allant à Miami où j’ai rencontré Henry Stone et Dick Clark. Quand Henry Stone a entendu « Convoy », il m’a dit que c’était de la merde, parce que Hank Ballard & The Midnighters avaient été interdits pour leur chanson « Annie Had A Baby ».

Après, je suis allé voir Mike Hammerman qui m’a dit qu’il me filerait le studio à l’œil si je venais nettoyer l’endroit pendant deux trois mois. C’était notre deal, mais au bout de deux semaines, un mec n’est pas venu à sa séance alors j’ai eu le studio. Et il y avait un mec qui traînait dans le coin, Arthur Heath. Je me souviens que sa femme s’appelait Charlie, quel nom, hein ? Donc il aime, je lui donne mon adresse, il repart avec des bandes. Un jour Henry m’appelle et me dit qu’il est dégoûté, que j’aurais pu lui dire, et me lâche qu’on a un tube à Vienne, en Autriche, et à Francfort, en Allemagne ! Des hippies gays en avaient fait un tube là-bas ! Là-dessus, ma mère m’appelle et me demande de rentre immédiatement à la maison parce qu’il y a six Allemands et que tout le monde flippe. Je lui dis de se calmer, et comme ils achètent des glaces à tous les gamins, ils ne doivent quand même pas être bien méchants, ces Allemands. Donc j’arrive et je vois Heath, qui débarque direct d’Allemagne. Et il me donne un chèque. Je crois que c’est pour 1600 dollars, je suis super content, on s’embrasse et tout, et puis quand je vais à la banque le déposer la caissière me demande mes papiers. Je lui demande pourquoi et là je m’aperçois que c’est un chèque pour 16.000 dollars ! Je n’avais jamais vu autant de tunes ! Et tout ça grâce à des hippies gays allemands qui sont devenus des fans de Blowfly, ah ah ah !!! J’adore l’Allemagne.

Vous avez toujours des pochettes incroyables, avec des filles…

Tu te souviens de la couverture de Blowfly On Tour ? C’était une fille aux seins nus avec une culotte de bikini où on voyait les poils de sa touffe qui dépassaient. Son nom état Marilyn, elle allait à l’école, elle avait 16 ans à l’époque. Moi, j’ai toujours eu plein de meufs autour de moi, parce qu’au lieu d’essayer de blowfly_on_tour__32375.1407170948.500.750toutes les baiser, j’étais sympa avec elles et elles restaient avec moi parce qu’elles se marraient bien. Un jour, un mec me dit que ça serait cool d’avoir une belle nana en couv’ du prochain disque. Marilyn a dit « oh oui, je veux le faire ! » Moi, je lui ai dit qu’ils allaient me tuer, mais elle a insisté. Après, quand ma mère a vu la pochette du disque, elle m’a dit « tu es dégueulasse ! Quand madame Hampton va voir ça -c’était le nom de la mère de Marilyn- elle va te faire l’enfer ! » Moi j’étais en tournée en Allemagne quand elle m’a dit ça, et je suis rentré un peu anxieux quand même parce que je sais que ma maman est très religieuse et tout ça, donc je la vois, et elle a l’air de faire la gueule. Je lui demande ce qu’il y a, et elle me dit « je ne comprendrai jamais les gens ! Qu’est-ce qui se passe sur cette terre ? Madame Hampton revient, découvre que sa fille est sur la couverture du disque de Blowfly et au lieu de se plaindre elle me dit (Blowfly prend une voix de vieille dame) “ma fille est sur le nouvel album de Blowfly“ ! »

Vous avez interprété « Convoy », un rap sur les routiers qui fait penser au film des seventies du même nom, avec Kris Kristofferson…

Yep, et quand Kris a sorti son film, moi ça faisait déjà longtemps que je connaissais l’univers des routiers et des rednecks, j’étais même le seul noir à me brancher avec eux. Les truckers, Kris les appelaient « good buddies », mais moi, je lui ai expliqué qu’ils n’employaient pas ce genre de terme. Un jour, un vieux routier de 93 ans lui a dit « Blowfly a raison, ton “good buddy“, c’est un ami mec qui lèche des culs, suce des bites, avale du sperme et fait des tas de saloperies que les femmes ne font pas ! » Je me suis bien marré ce jour-là. Moi je suis un ancien, je faisais du rap en 1959 sur un 78-tours, c’est pour te dire que ça ne date pas d’hier. Déjà en 1953 il y avait cette chanson qui disait « fume, fume cette cigarette, continue à fumer jusqu’à en crever. Et quand Saint Pierre viendra te rencontrer à la porte dorée, tu lui diras de patienter parce que tu vas finir de fumer ta clope adorée ». Mais on n’appelait pas ça du rap à l’époque, on disait soul talking. Et j’ai été le premier à faire du rap, de loin. Sugarhill Gang a débarqué en 1979 mais ça faisait 25 ans que je faisais mon truc ! J’étais même là avant les Last Poets.

Tiens, je me rappelle d’une histoire qui va te faire marrer : il y a trois ans, ma mère me dit qu’on veut que j’aille à un Award show organisé par MTV. Je lui ai dit d’accord, mais il va y avoir un problème. Ma mère me demande lequel, et je lui répond « ils ont déjà viré deux mecs, un chanteur jamaïcain et un autre, à cause de leur langage ». Elle me dit « oui, et alors ? » Et je lui explique que le langage qu’ils avaient utilisé, c’était celui que j’avais à six ans, et que ça n’était même pas… (voix de sa mère) « Je ne veux pas entendre ça ! » Alors j’ai été à la cérémonie. Il y avait Jay-Z et tout ça, et moi j’étais programmé super tard, je voulais rentrer me coucher. Finalement, c’est à moi de monter sur scène. Et là vient un flic, que je connaissais bien d’ailleurs. Et il me dit « écoute, mec, je dois te dire un truc, tiens-toi à carreau sur scène parce qu’il y a des gamins dans la salle et toi tu ne devrais pas être là ». Je lui dis « ah bon ? » et il me fait « oui, c’est la loi. Mais demande-moi ce que j’en pense vraiment ». Alors je lui dis « et entre nous ? » Et il me répond « va botter le cul de tous ces motherfuckers ! » Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter. Donc on me présente, « et maintenant, l’homme qui a lancé le rap, Blowfly ! » Et quand j’arrive, j’ai l’air super déprimé. Le présentateur me dit « eh ben, qu’est-ce qu’il y a ? » Je répond « j’ai des mauvaises nouvelles pour vous, les filles. Dans quelques secondes, tout ce truc des MTV Awards va partir en vrille, ça va être dangereux. La température va être 666 milliards de fois plus chaude qu’au cœur du soleil. Alors les flics m’ont dit de vous prévenir, vous les meufs au cœur sensible. Vous avez dix secondes pour partir. Ah vous ne partez pas ? » Toutes les meufs ont crié « non ! » alors je leur ai dit « bon, les filles, pour me prouver que vous êtes encore là, je veux que vous vous mettiez la main dans la culotte et que vous me montriez vos poils pubiens ! » Et elles l’ont fait !

 Propos recueillis par Olivier Cachin © Funk★U 2007

Bande-annonce de l’excellent documentaire The Weird World of Blowfly (2011).


blowfly-der-rapper

Disparition de Clarence Reid, alias “Blowfly”

Clarence Reid, alias Blowfly,vient de rejoindre le long cortège des disparus du mois de janvier 2016. Victime d’un cancer du foie, le soulman de TK Records devenu Roi du dirty funk laisse derrière lui une carrière d’un demi-siècle émaillée de classiques de la deep-soul et d’albums parodiques salacement groovy à ne pas mettre entre toutes les oreilles – qui autre aurait-pu interpréter “Shittin’ on the Dock of the Bay” ou l’inénarrable “A Spermy Night in Georgia” ?

“Mes chansons sont sales et vicelardes, mais elles sont vraies”, expliquait Clarence Reid/Blowfly au micro de Funk★U en 2007 (interview d’Olivier Cachin publiée dans le numéro 11). Cette même année, Blowfly était venu donner un rare concert hexagonal à la Mécanique ondulatoire de Paris. On avait également pu entendre en 2014 le flow nasillard de l’immortel auteur de The Weird World of Blowfly sur l’excellent “Funky Boobs” d’Amadeo 85.

Annoncé pour février, 77 Rusty Trombones sera l’ultime album de Clarence Reid alias Blowfly, décédé le 17 janvier à l’âge de 76 ans.



Blowfly-4

Blowfly publie son ultime album

Annoncé pour février, 77 Rusty Trombones sera l’ultime album de Clarence Reid alias Blowfly, atteint d’un cancer du foie en phase terminale. Actuellement hospitalisé en Floride, le pourvoyeur de soul millésimée sur le label d’Henry Stone puis du porno-funk du super-héros encapé, demande à ses fans via sa page Facebook de lui envoyer ” des cartes postales, des lettres et des photos, ainsi que la liste complète de tous ses samples publiés”.

“Mes chansons sont sales et vicelardes, mais elles sont vraies”, expliquait Clarence Reid/Blowfly, aujourd’hui âgé de 76 ans, au micro de Funk★U en 2007 (interview d’Olivier Cachin publiée dans le numéro 11). On avait également pu entendre en 2014 le flow nasillard de l’immortel auteur de The Weird World of Blowfly sur l’excellent “Funky Boobs” d’Amadeo 85.


Blowfly-4

Un documentaire sur Blowfly !



Sorti en salles aux États-Unis le 16 septembre et déjà disponible en VOD sur la toile, The Weird World of Blowfly raconte la carrière du génial Clarence Reid, de ses débuts dans la soul sudiste à l’avènement du porno-funk de Blowfly. Le documentaire de Jonathan Furmanski lève le voile sur les contradictions d’un provocateur-né doublé d’un homme profondément religieux et totalement hostile à l’alcool et aux drogues.

 


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