MF Robots

Audio : MF Robots (ex-Brand New Heavies) “Good People”

En marge de The Brand New Heavies, le batteur et membre fondateur Jan Kincaid et la chanteuse Dawn Joseph s’associent pour fonder MF Robots (Music For Robots).

Dans un entretien paru dans ces pages en 2013, Jan Kincaid nous racontait sa rencontre avec Dawn Joseph : “Dawn nous a été recommandée l’an dernier par un ami musicien, alors que nous étions à la recherche d’une chanteuse. Nous voulions une anglaise, afin de faciliter le travail en termes géographiques. Elle est assez unique et elle fait partie du business depuis longtemps, même si peu de gens la connaissent. Elle a travaillé avec CeeLo Green, Eric Clapton ou encore Kylie Minogue. Elle n’a jamais vraiment réalisé ses propres projets, donc c’était une aubaine pour nous. Elle est fantastique, aussi bien en tant que chanteuse qu’en tant que performer. Elle nous ouvre de nouveaux horizons.”

Après un premier album éponyme paru en 2018, le duo est de retour avec la sortie d’un EP en mai prochain, suivi de la sortie de l’album Break the Wall en septembre.

En attendant, découvrez ci-dessous le single “Good People”.


Roy album ayers

Vidéo : Roy Ayers feat. Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad “African Sounds”

Le 19 juin, Roy Ayers effectuera son grand retour discographique avec un nouvel album studio accompagné par le producteur Adrian Younge et l’ex-membre d’A Tribe Called Quest Ali Shaheed Muhammad.

La genèse des 8 titres de Jazz Is Dead 002 remonte à une soirée de février 2018, lorsque Roy Ayers avait offert quatre prestations à guichets fermés à Los Angeles dans le cadre de la série de concerts Jazz Is Dead organisée à l’occasion du Black History Month. De cette rencontre entre le légendaire vibraphoniste et les désormais inséparables Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad est né cet album entièrement produit par le maestro californien au prestigieux CV (Jay-Z, Kendrick Lamar, Snoop Dogg, The Wu-Tang Clan…) et l’ex A Tribe Called Quest.

Sur ces huit compositions originales, écrites à six mains et enregistrées au studio Linear Labs de Younge à Los Angeles, l’alchimie opère : le résultat est un savant mélange entre la quintessence jazz fusion / néo-soul de la discographie d’Ayers (« Red, Black & Green », « We Live In Brooklyn, Baby », « Everybody Loves The Sunshine », « Running Away »…), et l’approche soul rétro-moderne et cinématographique que cultivent Adrian et Ali ces dernières années.

Après “Hey Lover” et “Synchronize Vibration” et “Gravity”, découvrez “African Sounds” le nouvel extrait au sous-texte ancré dans l’actualité de Jazz Is Dead 002.


Roy Ayers Silver une

“Silver Vibrations” de Roy Ayers réédité en CD et vinyle

BBE Music poursuit sa collaboration de longue date avec le légendaire vibraphoniste Roy Ayers, en offrant pour la première fois une seconde vie à l’album Silver Vibrations paru en 1983.

Cet album correspond à une courte période d’indépendance – Roy Ayers quitte Polydor en 1982 avant de rejoindre Columbia en 1984 – durant laquelle le producteur et multi-instrumentiste américain approfondit ses recherches sur les rythmes et textures afrobeat, 425ff1f4-ce51-4566-8952-e52775fa7967d’abord explorés avec Fela Kuti en 1980, tout en s’orientant vers une musique dance post-disco.

Paru seulement au Royaume-Uni sur le label Uno Melodic Records, Silver Vibrations partage une partie de l’ADN de Lots Of Love, un album sorti la même année aux États-Unis. Silver Vibrations contient quatre titres exclusifs, et trois extended versions, dont la version définitive du classique « Chicago ».

Particulièrement prisé des collectionneurs, le pressage original a vu son prix s’envoler ces dernières années. Silver Vibrations est aussi probablement le dernier album de Roy Ayers au son véritablement organique… L’album est réédité avec sa pochette et ses visuels originaux, ainsi que de nouvelles liner notes signées Sean P.

Roy Ayers Silver Vibrations (BBE Records). Disponible le 22 mars en CD en double-LP (informations)

Tracklisting

1. Chicago
2. Lots Of Love
3. Keep On Movin’
4. Silver Vibrations
5. Smiling With Your Eyes
6. D.C. City
7. Good Good Music


Carol Williams

L’album perdu de Carol Williams réédité

Première artiste féminine signée en 1976 sur le label Salsoul, Carol Williams n’a enregistré que deux albums lors de sa carrière.

Ancienne membre de la Roy Ayers Ubiquity et des Geminis, la chanteuse signe Lectric Lady, puis quittera presque aussitôt l’enseigne new-yorkaise après s’être vue privée de ses droits d’auteurs.

Reflections of Carol Williams, son deuxième LP paru en 1979 sur Sounds Orchestra est aujourd’hui réédité en CD et version digitale par les spécialistes de BBE Records après avoir été épuisé pendant près de quatre décennies.

Au programme : sept titres disco-soul emmenés par le vigoureux “Dance The Night Away” et “Tell The World About Our Love” à découvrir ci-dessous.


Men glass booth une

“The Men in the Glass Booth”, 30 raretés disco en versions longues

Le label BBE Records proposera le 27 janvier l’anthologie The Men in the Glass Booth (Ground Breaking Re-edits and Remixes by the Disco Era’s Most Influental DJs) avec 30 versions longues et remixes disco du Salsoul Orchestra, Aura, Gladys Knight & The Pips et bien d’autres par les maîtres du genre, dont Walter Gibbons, Bobby DJ Guttadaro, Tom Savarese, Jellybean Benitez, Tee Scott et John Luongo.

Cette sélection réalisée par Al Kent sera disponible en coffret 3-CDs et 2 coffrets de 5 LPs assortis d’un généreux livet de 40 pages (informations).

Communiqué

The Men in The Glass BoothEn 1976, un disque allait avoir un impact aussi inattendu que durable sur l’industrie de la musique : Ten Percent de Double Exposure, sorti sur Salsoul Records, en pleine explosion du disco aux Etats-Unis – des clubs s’ouvrant quotidiennement. Anticipant la tendance, le label Salsoul façonne alors un son destiné aux dancefloors new-yorkais, influencé par la scène de Philadelphie. Des titres du Salsoul Orchestra tels que « Salsoul Hustle », « Tangerine » et « You’re Just The Right Size » ont beaucoup emprunté aux orchestrations de Philadelphia International Records, en y ajoutant une basse plus profonde, un côté plus percussif, dans le but de séduire les DJs de New-York.

Qu’avait donc de si particulier ce single ? Après tout, Double Exposure n’était qu’un groupe de plus de la foisonnante scène disco, « Ten Percent » l’un des nombreux disques sortis cette semaine là… La nouveauté concerne la commercialisation du format 12’, jusqu’alors réservé exclusivement aux DJs à titre promotionnel. Walter Gibbons, DJ au Galaxy 21 à New-York, contribua à cette révolution en offrant pour la première fois une extended version sur galette, lui qui avait construit sa renommée sur l’exclusivité de ses sets.

En 1976, il était inouï pour un DJ de mettre un pied dans un studio d’enregistrement, l’industrie musicale les considérant davantage comme de simples jukebox vivants plutôt que comme des artistes et/ou producteurs. Walter se retrouve ainsi dans une position inédite, ouvrant de nouvelles perspectives à ses confrères.

The Men In The Glass Booth raconte cette histoire à travers des remixes et re-edits des DJs les plus influents de l’ère Disco : Walter Gibbons, Bobby DJ Guttadaro, Tom Savarese, Jellybean Benitez, Tee Scott, John Luongo… Le tout dans un coffret généreux comprenant un livret de 40 pages avec des photos exclusives et de précieuses informations sur ces personnages clés de l’histoire du disco.

TRACKLISTING
CD 1

1. Leon Collins – I Just Wanna Say I Love You (John Luongo Remix)
2. Marboo – What About Love (Tony Gioe remix)
3. Double Exposure –Ten Per Cent (Walter Gibbons Sunshine Sound Acetate Edit)
4. Juggy Murray Jones – Inside America (Rick Gianatos Sunshine Disco Queen Acetate Edit)
5. Hot Ice – Dancing Free (John Luongo Remix)
6. The Sunshine Band – Black Water Gold (Sunshine Sound Edit)
7. The Salsoul Orchestra – Magic Bird Of Fire (François Kevorkian Sunshine Sound Acetate Edit)
8. The Salsoul Orchestra – It’s Good For The Soul (Jay Negron Sunshine Sound Acetate Edit)
9. Double Exposure – My Love Is Free (Walter Gibbons Disco Madness Remix)
10. Fay Hauser – Reaching Out For Happiness (Jonathan Fearing Remix)
11. Ripple –The Beat Goes On And On (Jim Burgess Remix)

CD 2

1. Love Symphony Orchestra – Let Me Be Your Fantasy (Tom Savarese Remix)
2. Tony Valor Sound Orchestra –Love Has Come My Way (Jim Burgess Remix)
3. Ruby Andrews – I Wanna Be Near You (John Morales Sunshine Sound Acetate Edit)
4. TC James And The Fist O Funk Orchestra – I’ve Been Looking For Somebody (Walter Gibbons Remix)
5. Lake Shore Drive – The Disco Scene (Rick Gianatos Remix)
6. TC James And The Fist O Funk Orchestra – Bumpsie’s Whipping Cream (Tom Savarese Remix)
7. Skip Mahoney – Janice (Don’t Be So Blind To Love) (Bobby DJ Guttadaro Remix)
8. The Salsoul Orchestra – My Number’s Up (Tee Scott Remix)
9. The Skyliners – The Love Bug (Done Bit Me Again) (David Todd Remix)
10. Aura – L.A. Sunshine (Robert Ouimet Remix)

CD 3

1. Sparkle Tuhran & Friends – Handsome Man (Bobby DJ Guttadaro Remix)
2. First Choice – Love Thang (Tee Scott Remix)
3. Kay Gee’s – Burn Me Up (Jellybean Benitez Edit)
4. Brooklyn Express –Love Is the Message (Tee Scott Remix)
5. Chain Reaction – Changes (Jellybean Benitez Remix)
6. John Gibbs And The Jam Band – J’Ouvert (Frank Sestito Remix)
7. Bunny Sigler – By The Way You Dance (I Knew It Was You) (Bobby DJ Guttadaro Remix)
8. The Salsoul Orchestra – It’s Good For The Soul (Walter Gibbons Disco Madness version)
9. Gladys Knight & The Pips –It’s A Better Than Good Time (Walter Gibbons Remix)


BBE395CDG_cover

“Attitude, Belief & Determination”, 20 ans de BBE Records en trois disques

Pour célébrer les vingt ans du légendaire label indépendant BBE Records (pour Barely Breaking Even) présente la compilation Attitude, Belief & Determination. S’étendant sur trois disques, cette compilation tient son titre de l’une des sorties favorite du label, un chef-d’œuvre obscur de Martin L. Dumas.

Comprenant des classiques de BBE signés J Dilla, John Morales, Jazzy Jeff et bien d’autres, cette collection résume bien la nature éclectique et avant-gardiste du catalogue de BBE, du funk ghanéen des années 1970′s au hip-hop avec un jeune rappeur surnommé Drake. (Tracklisting et informations).

Attitude, Belief & Determination (BBE Records). Disponible le 21 octobre en compilation 3-CDs et version digitale.


Keb Drage 2016

Le meilleur du Deep Funk sélectionné par Keb Darge

On ne présente plus Keb Darge, DJ défricheur de 45-tours et animateur des célèbres soirées Legendary Deep Funk dans le quartier londonien de Soho. Distribué par BBE Records, Keb Darge Presents The Best Of Legendary Deep Funk, une anthologie de ses 20 années de crate-digging, aligne 22 titres millésimés en versions 2-CDs, double vinyle et digitale.

Une riche sélection dont font partie les dévastateurs Fabulous Mark 3 (l’affolant instrumental “Psycho”), Family Of Eve (“I Wanna Be Loved By You”), l’hommage aux JBs de The Chefs avec “Mister Machine” et la reprise funkyfiée du “Bluberry Hill” de Fats Domino par Joe Washington.

Keb Darge Presents The Best Of Legendary Deep Funk. Sortie le 28 octobre (BBE Records).

Tracklisting
01. King Tutt – You’ve Got Me Hung UpKeb Darge Deep Funk
02. Harris and Orr – Spread Love
03. Cross Bronx Expressway – Cross Bronx
04. Expressway
05. Soul Drifter – Funky Brother (Re-Edit)
06. Zebra – Simple Song
07. Record Player – Free Your Mind
08. Fabulous Mark 3 – Psycho
09. The Chefs – Mr Machine (Re-Edit)
10. Dee Edwards – I Can Deal With That
11. Leon Gardner – Natural
12. Family Of Eve – I Wanna Be Loved By You
13. Total Experience – Contradiction
14. Joe Washington – Blueberry Hill
15. Ronnie Keaton – Going Down For The Last Time
16. Fabulous Originals – It Ain’t Fun (Re-Edit)
17. Sons Of The Kingdom – Modernization
18. Ramsey & Co – Love Call
19. Rickey Calloway – Tell Me
20. Golden Toadstools – Silly Savage
21. Sandi and Matues – World
22. Carleen & The Groovers – Can We Rap



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Audio : DJ Spinna presents The Wonders of Stevie Vol. 3

À l’heure où Stevie Wonder poursuit la mise en jachère de sa discographie (et de sa créativité ?), DJ Spinna propose le troisième volume de ses recueils de reprises Wonderiennes dans The Wonders of Stevie Vol. 3.

Ces 16 reprises rares des classiques du catalogue de Stevie Wonder proposent des relectures signées Quincy Jones (“Betcha Wouldn’t Hurt Me”), Billy Preston (“It’s My Pleasure”), The Jackson 5 (“Buttercup”) et des curiosités de Foreign Exchange (“If She Breaks Your Heart”), Jrod Indigo (un excellent “Go Home” teinté boogie-funk) et Reel People (“Golden Lady”).

The Wonders of Stevie Vol. 3. , le nouveau volet d’une trilogie entamée en 2003, est disponible depuis le 1er juillet en CD, double-vinyle et version digitale sur BBE Records.

Découvrez un mix des meilleurs moments de l’album ci-dessous :

Tracklisting vinyle

A1 Jackson 5 – Buttercup
A2 East St Louis Gospelettes – Have A Talk With God
A3 Betty Everett – Just A Little Piece Of You
A4 The Foreign Exchange – If She Breaks Your Heart

B1 Sunlightsquare – Pastime Paradise
B2 U.S. Atlantic Fleet Navy Show Band – Bird Of Beauty
B3 Billy Preston – It’s My Pleasure
B4 John Minnis’ Big Bone Band – Love’s In Need Of Love Today

C1 Tony Sherman – As
C2 David Porter – I Don’t Know Why I Love You
C3 David Ruffin – Make My Water Boil (Loving You Has Been So Wonderful)
C4 Reel People feat. Tony Momrelle – Golden Lady

D1 Quincy Jones – Betcha’ Wouldn’t Hurt Me
D2 G.C. Cameron – If You Don’t Love Me
D3 Jrod Indigo – Go Home
D4 Black Sugar – Don’t You Worry About A Thing

 


Bilal vidéo 2015

Interview : Bilal “Montrer la beauté”

À quelques jours d’un concert de présentation d’In Another Life sur scène à Paris, au New Morning, Bilal revient sur le processus d’écriture et de composition de son nouvel album.  En direct de son salon de Philadelphie, le songwriter nous décrit l’évolution d’une palette sonique inspirée par la mutation (ou plutôt la non-mutation) de la société américaine. Entretien avec un artiste en perpétuelle évolution artistique et porté par le gout du risque.

★★★★★★★★★★★

Funk★U : Vous avez signé votre premier contrat à 19 ans. Aujourd’hui, vous en avez 35. Comment décririez-nous votre carrière de 1997 à 2015 ?  

Bilal : Une carrière en perpétuelle évolution et en continuel changement. Tout a énormément changé en 15 ans : la technologie a évolué, j’ai moi-même beaucoup mûri, c’est sûrement le fait d’être devenu père, et ma vision de l’industrie du disque et de la musique en elle-même a aussi beaucoup changé.

In Another Life et l’album précédent, A Love Surreal, sont plus rock/soul que vos premiers essais qualifiés de « néo-soul ». Comment expliquez-vous cette évolution ? Et quel a été le processus créatif D’In Another Life ?

Je n’ai jamais vraiment su ce que le terme néo-soul voulait dire. Pour moi, c’est de la connerie, juste une dénomination commerciale. Je suis un artiste soul et la néo-soul n’est juste qu’un stupide terme américain utilisé pour vendre. Je suis un musicien soul et j’utilise plein de genres musicaux différents dans ma musique. Pour moi, l’évolution entre mon premier opus “néo-soul” (rires) et In Another bilal-pleasure-toy1Life est simplement naturelle. J’adore prendre des risques. Vous savez, quand j’ai commencé à faire de la musique, je partais du piano pour composer. Maintenant, je joue un peu mieux de la guitare, du coup, je compose et j’écris des chansons en partant de cet instrument. Naturellement, ça change la manière de composer.  Il y a beaucoup de différences entre A Love Surreal et In Another Life : Love Surreal, c’était un travail de groupe, une collaboration avec mes musiciens. Sur In Another Life, j’ai essayé de faire plus de choses par moi-même, autant sur le songwriting que sur les toplines, j’ai réellement essayé de me mettre dans la peau d’un raconteur d’histoire, bien plus que dans le passé. J’ai aussi plus mis l’accent sur les textes.  C’est pour ça que l’album s’appelle « Dans une autre vie » : j’ai essayé d’écrire sous différents angles avec différentes perspectives et il y a plusieurs niveaux de lecture dans les paroles de ce nouvel album.

La société américaine a relativement changé ces quinze dernières années, notamment à propos des questions d’inégalité. Les derniers albums de D’Angelo et Kendrick Lamar tendent à montrer ces changements. Ces changements ont influencé votre travail ?

Je pense que rien n’a jamais vraiment changé. Rien de nouveau sous le soleil. En ce moment, on en parle à nouveau, c’est dans l’air du temps. Cette question d’inégalité est plus vieille que la construction des États-Unis. C’est une bonne chose d’en parler, il faut que les gens en reprennent conscience. C’est bien d’utiliser la musique, une fois encore, pour souligner ces inégalités. La musique noire a toujours été la bande originale du changement et d’une révolution qui est encore en marche. C’est ça la soul : s’exprimer et mettre l’accent sur une société qui balbutie…  Pour revenir au terme néo-soul, ça a toujours été de la soul, rien de nouveau. En ce moment, on est un peu plus pointilleux et attentifs par rapport à cet héritage de musique dite « engagée ». D’Angelo et Kendrick Lamar sont exactement dans le même état d’esprit. Nous faisons une musique pour révolutionnaires.

En tant qu’artiste noir en 2015, quelle est votre responsabilité ?

Éclairer le monde sur l’injustice et l’inégalité, mais aussi apporter de l’amour et de la tolérance, montrer la beauté. Je suis un artiste, et je pense qu’être un artiste consiste à réveiller les consciences.

Quels artistes ont eu cette responsabilité avant vous ?

Tous les artistes avaient cette responsabilité. En ce qui concerne la cause noire, je pense notamment à Curtis Mayfield, Marvin Gaye et Bob Marley.

La pochette de votre nouvel album semble être très inspirée par Basquiat.

Le peintre qui m’a fait la pochette est inspiré par Basquiat tout comme moi je suis inspiré par Prince ou Parliament.

Bilal In Another LifeQuel est votre album préféré de la nouvelle génération d’artistes urbains ?

Je n’écoute pas énormément de nouveaux artistes. Mais j’ai beaucoup aimé le dernier Kendrick Lamar. Il est super homogène et sortir un album comme le sien en 2015, c’est prendre un risque commercial. Il a fait son truc sans écouter qui que ce soit,  voyez le résultat !

Vous avez collaboré avec de nombreux artistes, des Roots à Beyoncé, en passant par Jay-Z. Quel est celui/celle avec lequel/laquelle vous avez eu le plus d’atomes crochus ?

Je n’ai pas vraiment de préférence, tous sont des génies dans leur genre. Mais je pense que celui avec qui j’ai eu vraiment une directe symbiose, c’est J. Dilla. Ce type était vraiment un amoureux de la musique, un vrai génie, il est parti vraiment trop tôt.

Les choses changent dans l’industrie du disque, de la distribution, du streaming. Que pensez-vous de Tidal et de sa philosophie ?

Je commence à peine à m’intéresser à ces questions-là. Je sais que Tidal essaye d’avoir pour ambition de donner plus aux artistes, ce qui est une bonne chose en soi ! À voir sur le long terme… Peut-être que si Tidal existait à l’époque où mon album Love For Sale a leaké sur le net, je serais plus riche aujourd’hui. Ou pas (rires) !

Plus jeune, vous avez suivi les cours de la New School à New York. Quelles relations entretenez-vous avec les anciens de cette école ? Y-retournez-vous de temps en temps ?

J’ai adoré apprendre là-bas. J’ai rencontré tout un tas de musiciens, dont Robert Glasper et la plupart des musiciens qui m’accompagnent ou m’ont accompagné sur scène.  C’était une étape importante de ma vie. Parfois, j’y retourne pour faire des masterclass ou donner des cours privés. Quand j’y étais dans les années 1990, je prenais des cours privés et je trouve ça bien d’en donner en retour quand je peux.

Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

Dix ans, ce n’est pas si loin après tout. J’espère que je ferai toujours de la musique ! J’espère aussi que je continuerai de produire et d’écrire pour d’autres artistes. Pourquoi pas ouvrir mon propre label ou ma propre école de musique ?

Pour finir, avez-vous un message à transmettre à vos fans français quelques jours avant votre date parisienne ?

N’oubliez pas de venir (rires) ! Venez avec des esprits ouverts et je suis certain que vous allez aimer notre nouveau set. J’ai toujours aimé venir jouer à Paris. Dès que je suis en Europe, j’essaye toujours de passer faire un saut à Paris, j’adore cette ville et son public.

Propos recueillis par Jim Zelechowski

Bilal In Another Life (BBE Music/Differ-ant). Disponible en CD et version digitale. Double-vinyle disponible le 9 octobre. En concert à Paris (New Morning) le 30 Juillet.


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