Plunky

“African Rhythms 1970-1982″, l’anthologie de Oneness of Juju et Plunky J. Branch

Pour inaugurer un nouveau partenariat avec le label indépendant Black Fire, Strut Records publiera le 10 juillet prochain une compilation définitive consacrée au groupe Oneness of Juju, mené par Plunky J. Branch, dans une version entièrement remasterisée et agrémentée de documents inédits.

African Rhythms 1970-1982 reprend une compilation sortie sur Strut en 2001, et a été entièrement remasterisé par Frank Merritt au studio The Carvery. Le disque est accompagné d’un livret contenant des photos rares, une longue interview avec Plunky Branch et des notes de pochette signées Chris Menist.

Remontant jusqu’aux premiers travaux du groupe dans les années 1970 – aux côtés du jazzman sud-africain exilé à San Francisco Ndikho Xaba – cette compilation revient sur la période où le groupe évoluait au sein de la scène loft jazz de New-York, la formation Plunkydu groupe Juju et la publication de deux albums emblématiques de jazz percussif sur le label Strata-East. “Je me voyais comme un guerrier culturel” se souvient Plunky. “Nous avions étudié l’Afrique et essayions d’infuser notre musique de son esprit”.

De retour dans sa ville natale de Richmond, en Virginie, au milieu des années 70, Plunky réunit un superbe nouveau groupe de musiciens et chanteurs pour créer la nouvelle incarnation du groupe, Oneness of Juju, gardant l’influence africaine mais mélangeant sa musique au funk et au R&B sur l’album classique African Rhythms. “Nous avons réalisé que si nous ajoutions un beat aux rythmes afro-cubains, les gens de Richmond ou de Washington DC se sentiraient davantage concernés par la musique et que ça ne changerait rien à notre message”.

Ce virage donne lieu à une série de classiques soul-jazz parus sur le label de Jimmy Gray Black Fire, parmi lesquels “River Luv Rite”, “Plastic”, “Don’t Give Up” ainsi que leur plus gros hit international “Every Way But Loose” en 1982, remixé plus tard par Larry Levan. Le groupe bénéficie d’un regain d’intérêt au milieu des années 80 quand les innovateurs du go go de Washington le citent comme une influence majeure et que les DJ spécialisés en rare grooves inondent les dancefloors londoniens de la musique de Oneness of Juju.

African Rhythms 1970-1982 sera disponible le 10 juillet en versions CD, 3-LPs et digitale

 


FemiKuti-photo

Audio : Femi Kuti “One People One World”

One People One World, le nouvel album de Femi Kuti, sera disponible en février prochain. Enregistré en grande partie à Lagos au Nigeria, ce dixième LP voit Femi Kuti et son groupe Positive Force revenir aux racines africaines de la musique, avec des notes de reggae, de highlife, de soul, de R&B et d’autres saveurs africaines, caribéennes et afro-américaines.

One People One World sortira le 23 février 2018 sur le label Partisan/Knitting Factory. Découvrez ci-dessus son morceau-titre “One People One World”.


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Erykah Badu compile Fela en vinyle

Après Questlove, Ginger Baker et Brian Eno, Erykah Badu a compilé un nouveau coffret vinyle de Fela.

Distribuée le 15 décembre par Knitting Factory Records, la sélection d’Erykah Badu comprend les albums Coffin For Head of State (1980), Yellow Fever (1976), No Agreement (1977), J.J.D. (Johnny Just Drop) (1977), V.I.P. (1979), Army Arrangement (1984) et Underground System (1992). “Fela Kuti est un putain de génie”, explique Erykah Badu. “Écoutez ces titres, de préférence avec un bon joint… à combustion lente.”

Limité à 3000 exemplaires, ce coffret collector de 7 vinyles remasterisés à partir des bandes analogues d’origine contient également un poster 16”x24” par l’illustrateur de pochettes Lemi Ghariokwu et un livret de 20 pages comportant un essai signé Erykah Badu.

Tracklisting :

Yellow Fever
A. Yellow Fever
B. Na Poi ’75

No AgreementFELA_Box-Cover_1500x1500_300dpi
A. No Agreement
B. Dog Eat Dog (Instrumental)

J.J.D.
A. Part 1
B. Part 2

V.I.P.
A. Part 1
B. Part 2

Coffin For Head of State
A. Part 1
B. Part 2

Army Arrangement
A. Part 1
B. Part 2

Underground System
A. Underground System
B. Pansa Pansa


Finding Fela dvd

Vidéo : “Fela, une voix pour l’Afrique”

Inédit dans les salles françaises, le documentaire Finding Fela réalisé en 2014 par Alex Gibney (auteur de l’excellent Mr. Dynamite: The Rise of James Brown) et disponible en DVD depuis le mois juillet a été diffusé sur Arte ce week-end sous le titre Fela, une voix pour l’Afrique.

Finding Fela dvdPour raconter l’histoire de Fela Anikulapo Kuti, Alex Gibney a choisi pour point de départ la comédie musicale Fela !, présentée à Broadway par le célèbre chorégraphe Bill T. Jones. Les séquences de répétitions, les commentaires des participants et de nombreux extraits du spectacle en compagnie d’Antibalas (“le seul groupe américain qui me fout la trouille”, avoue Questlove) croisent des interviews avec Femi et Sean Kuti et d’autres membres de sa famille, ses amis, ses musiciens  et, surtout, une importante somme d’archives tirées de 1200 heures de rushes.

“La musique est une arme !”. Le leitmotiv de Finding Fela puise sa source dans une discographie étendue et militante et décrit par le biais de Tony Allen et divers membres d’Africa 70 et Egypt 80 l’union du jazz, du highlife et de l’influence cruciale de James Brown sur la musique de Fela. Les nombreuses archives live (dont celles du concert du festival jazz de Berlin en 1978) du documentaire témoignent de la force d’un discours aussi implacable que les grooves du parrain de l’afrobeat.

Pour visionner Fela, une voix pour l’Afrique, cliquez sur le lien en une de cette page.


Finding Fela dvd

“Finding Fela”

Inédit dans les salles françaises, le documentaire Finding Fela réalisé en 2014 par Alex Gibney (auteur de l’excellent Mr. Dynamite: The Rise of James Brown) est enfin disponible en DVD. Pour raconter l’histoire de Fela Anikulapo Kuti, Alex Gibney a choisi pour point de départ la comédie musicale Fela !, présentée à Broadway par le célèbre chorégraphe Bill T. Jones. Les séquences de répétitions, les commentaires des participants et de nombreux extraits du spectacle en compagnie d’Antibalas (“le seul groupe américain qui me fout la trouille”, avoue Questlove) croisent des interviews avec Femi et Sean Kuti et d’autres membres de sa famille, ses amis, ses musiciens  et, surtout, une importante somme d’archives tirées de 1200 heures de rushes.

Finding Fela dvdEn donnant la parole aussi bien à ses proches qu’à ses observateurs contemporains, Finding Fela offre un point de vue distancié sur la vie et l’oeuvre de “L’homme qui portait la mort dans sa gibecière” :  Fela y est dépeint comme un personnage quasi-mythique au courage politique héroïque face à la corruption et la violente répression du pouvoir de Lagos, mais aussi comme un homme aux attitudes parfois inconséquentes, de sa polygamie XXL -27 femmes épousées simultanément- à son rapport insouciant au Sida dont il fut finalement victime en 1997. Sa collaboration mystique avec l’étrange Professeur Hindu fait également l’objet d’une sidérante mise en scène gore d’un réalisme particulièrement choquant.

“La musique est une arme !”. Le leitmotiv de Finding Fela puise sa source dans une discographie étendue et militante et décrit par le biais de Tony Allen et divers membres d’Africa 70 et Egypt 80 l’union du jazz, du highlife et de l’influence cruciale de James Brown sur la musique de Fela. Les nombreuses archives live (dont celles du concert du festival jazz de Berlin en 1978) du documentaire témoignent de la force d’un discours aussi implacable que les grooves du parrain de l’afrobeat.

Jacques Trémolin

Finding Fela d’Alex Gibney ***. DVD et VOD disponibles le 6 juillet (Distribution Luminor/Films Distribution).


Fela+Kuti

Le documentaire “Finding Fela” en DVD le 6 juillet

Inédit dans les salles françaises, le documentaire Finding Fela sera disponible en DVD et VOD le 6 juillet prochain.

Fela DVDPour raconter l’histoire de Fela Anikulapo Kuti, le réalisateur Alex Gibney a entrecoupé des interviews avec les membres de sa famille, ses amis et les autres membres du groupe avec des images incroyables tirées de 1200 heures de rushes, des scènes de la comédie musicale de Broadway lors de sa venue à Lagos.

Le résultat est un documentaire à couper le souffle sur un musicien de génie, un activiste politique mais aussi une personne imprévisible, explosive et surtout énigmatique. Quand la musique est une arme !

Le DVD contiendra les bonus suivants :

  • Interviews en versions longues
  • Rencontre avec la famille et les amis de Fela Kuti
  • Bande annonce

 

Finding Fela d’Alex Gibney. DVD et VOD disponible le 6 juillet (Distribution Luminor/Films Distribution).


Fela+Kuti

Les débuts de Fela dans le coffret “Highlife : Jazz and Afro-­Soul (1963-­1969)”

Avant de devenir Roi de l’afrobeat, Fela Ransome Kuti pratiquait le highlife, un dérivé du jazz et de la soul music popularisé dans l’Afrique des années 1960. Disponible le 8 avril via le label Knitting Factory, le coffret Highlife : Jazz and Afro-­Soul (1963-­1969) explore en 3CDs de 39 titres les premières années de Fela, alors leader de la formation des Koola Lobitos.

Un livret de 14 pages rédigé par Michael Veal revient également sur ces enregistrements rares, partagés entre extraits d’albums, singles et performances rares. Extrait ci-dessous.


Cerrone ©Sarah-Bastin-Red-Bull-Music-Academy1

Cerrone : “Mes racines, c’est la musique africaine”

En pleine promotion de son nouvel EP Afro, destiné à nous faire patienter avant un prochain album à paraître cet été, Cerrone reçoit Funk★U pour évoquer ses rencontres avec Nile Rodgers, Larry Dunn, Claude Nobs et Quincy Jones. Entretien exclusif avec le Parrain de la French Touch.

★★★★★★★★★

FunkU : Avant d’entamer votre carrière, vous vous destiniez au métier de coiffeur pour le cinéma. Finalement vous avez plus composé de bandes originales que coiffé d’acteurs. Comment êtes-vous entré dans le monde de la musique ?

Cerrone : J’avais des parents qui avaient les pieds sur terre. J’ai commencé la musique à l’âge de 12 ans, j’ai eu plein de groupes jusqu’à l’âge de 16 ans. Mais pour mon père, la musique, ce n’était pas un métier. Alors pour l’emmerder j’ai choisi une école de coiffure pour le cinéma assez chère. Je pensais qu’il allait me dire non et il a dit oui ! Il voulait que j’aie mon salon, mais moi je ne voulais pas. On s’est engueulés, j’ai cassé la vitre de chez moi et j’ai fugué.  Après ça, j’ai cherché des copines plus âgées qui avaient leurs piaules pour ne pas finir à la rue. J’ai rencontré une fille qui travaillait au Club Med. Grâce à elle, j’ai rencontré Gilbert Trigano et je lui ai proposé mon idée de jouer de la musique live dans les Club Med. C’était pas compliqué : « Tu fais répéter dix batteurs, dix bassistes, dix claviers, guitaristes etc. sur un répertoire… tu les envoie dans les clubs et l’affaire est réglée ». Il a adoré l’idée. A la base, c’était surtout pour suivre ma copine dans les clubs (rires). Quelques semaines après, je deviens directeur artistique du Club Med pendant un an et demi, ce qui m’a permis de vivre ma fugue. J’ai quitté le Club Med avant l’été 1972, car j’avais l’impression que j’allais devenir G.O !

Au cours de l’été 1972, vous rencontrez Eddie Barclay. A-t-il changé votre vie ?

Cet été-là, je suis descendu à Saint Tropez avec ma batterie pour faire la manche devant le Gorille et le Sénéquier. On gagnait bien notre vie !  Eddie Barclay est venu trois soirs de suite, il a mis un papier dans le chapeau avec un mot dessus : « Retrouve-moi à la fin de ton set ». Il m’a demandé si j’avais un groupe, je lui ai répondu que j’avais monté Congas. Les gars sont descendus et on a fait le Papagayo, qui était le gros club de Saint Trop’ à l’époque.  On a fait une audition au début du mois d’août, ensuite on a joué tous les soirs. Fin août, on a signé le contrat, avec un premier single trois semaines plus tard. Depuis, je n’ai plus jamais arrêté.

Quelles ont été vos principales influences soul et funk ? Avec quels artistes de ces courants avez-vous entretenu les plus belles relations ?

Mes influences de l’époque c’était Santana, Hendrix, toute cette scène rock, avec ce côté spectacle et groove aussi. Et puis après, la vie m’a donné la chance de faire une carrière d’abord aux Etats-Unis, de rencontrer Earth Wind And Fire, Nile RodgersLarry Dunn, Nile, ce sont des potes. J’ai fait Congas quatre ans. Barclay nous poussait à faire de la pop à la Martin Circus. Moi, c’était vraiment de l’afro-funk, de l’afrobeat. Je n’avais pas fait tout ça pour finir dans le populaire. J’ai arrêté, mais au bout d’un an, j’ai repris et j’ai produit Love In C Minor qui n’était pas fait pour passer en radio. Seize minutes de long, avec un côté lancinant… J’ai eu la chance de signer avec Ahmet Ertegun chez Atlantic à New York. J’étais le seul blanc du sous label Cotillion, j’avais l’impression d’être un intrus ! Ils m’ont fait faire plein de télé comme American Bandstand, Soul Train… J’avais mes trois-quatre ans de bagage avec Congas, donc je savais comment séduire les gens sur scène. C’est ça qui a fait que les Nile Rodgers et Earth Wind And Fire sont venus partager la scène avec moi, ce ne sont pas les millions de ventes de disques ! Soul Train, ce n’était pas comme un plateau de télé classique, là, tu avais tout le monde autour. En plus, j’étais arrivé avec « Lost in Paradise » et « Love in C Minor », des titres ultra-sexy. Du coup, ils m’avaient mis des nanas avec des shorts ultra courts… J’ai vécu deux grosses années de promo sans m’en rendre compte, en apprenant mon métier. C’était une belle base pour mes futures scènes européennes.

Vous aviez été précurseur de la musique électronique en France, au même titre que Jean-Michel Jarre. Pourquoi pensez-vous que votre musique a séduit la scène internationale ?

Celle-ci on, me l’avait jamais posée !  Enfin si, mais à l’envers. Je ne me suis jamais considéré comme un profond artiste ou musicien français. Mes racines, c’est la musique africaine ! J’ai fait des disques pour faire de la promo, avoir du contenu. Je pense que c’est ma façon de faire du live qui l’a séduite, et puis notre volonté extrême de s’exporter.

Vous avez aussi été précurseur du disco en France.  Et aussi le premier groupe français à signer sur Buddah Records aux Etats-Unis.

Avec Congas, on a été les premiers à signer un contrat à l’étranger. Dès le départ, on ne parlait de que de nous car nous nous exportions avec succès.

C’est quoi le son Cerrone ?

Rythmique, Festif, Sensuel. Pas sexy, ce n’est pas la même chose.

Aujourd’hui, vous sortez l’EP Afro, avec notamment une appropriation du « Soul Makossa » de Manu Dibango et également un titre avec Tony Allen. Comment s’est créée cette collaboration ?

Michel Duval de Because Music m’a parlé d’afrobeat et d’un duo avec Tony Allen. Ils ont loué un studio, avec deux batteries et on a fait un truc à deux, j’ai composé par-dessus. Avec Manu Dibango, on s’était rencontré à l’époque de Congas. Il sortait Soul Makossa quelques mois avant et commençait à cartonner aux Etats-Unis. Le manager de Manu est venu me voir car ils avaient pour projet de faire un album pour célébrer la carrière de Manu. En parlant, je lui demande s’il avait toujours les pistes séparées de « Soul Makossa ». Il m’a envoyé ça quelques jours après, il est venu écouter et a adoré. J’ai signé avec Emmanuel De Buretel dans la foulée. Tous les featurings que j’ai sur l’album (sortie cet été ou septembre !) sont vraiment cool. J’ai des titres avec Disclosure, Aloe Blacc et Nile Rodgers. C’est un album joué live, il y a du lourd ! Pour tous ceux qui aiment l’afrobeat funky, ils vont être servis et j’espère qu’ils vont être contents !

Nous avons assisté à un retour du funk dans les charts, notamment avec Daft Punk et plus récemment avec Mark Ronson et Bruno Mars. Croyez-vous à un retour similaire de l’Afrobeat ?

Je pense qu’il n’est jamais parti. Il est plus ou moins populaire par rapport aux artistes du moment qui se l’approprient. C’est comme le disco ! On l’a appelé groove, garage, house mais au final, même si les moyens de produire ont évolué, la base est la même.

Quelle est la différence fondamentale entre le funk et le disco ?

Le funk, c’est beaucoup plus rythmique, plus volontaire dans l’approche, plus engagé aussi. Le funk vient aussi de l’afrobeat aussi, qui était déjà auto-influencé.  Le disco, c’est un peu plus happy.

Pensez-vous que Chic sont un peu les Beatles du Disco ?

Non. Chic c’est vraiment du pur disco new-yorkais, rien de pop pour moi. Les Beatles, ça part de la tête. C’est plus les Stones du Disco pour moi (rires). Chez Chic, ça part du cœur.

Vous avez participé à de nombreux gros évènements (le Live8 en 2005 en Ecosse, ou encore  votre concert à Versailles). Quel est votre prochain défi ?

Je n’ai jamais organisé ma vie à plus d’un an, un an et demi. J’adore ce genre d’événement irréalisable. On avait prévu un magnifique concert avec Nile Rodgers et Beth Ditto le 11 décembre dernier, pour la clôture de la Cop 21. Nous devions faire ça sous l’Arc de Triomphe. Tout était ok, les autorisations, les financements… Malheureusement, le concert a été annulé suite aux attentats du 13 novembre. Celui aurait été costaud, il devait y avoir des images de Yann-Arthus Bertrand projetées sur l’Arc de Triomphe, un vrai show qui devait s’appeler Supernature. On avait répété ce truc là… On parle de le refaire quand même. Mais tant que les risques d’attentats seront présents, non.

Vous avez participé au Montreux jazz festival en 2012. Cette année, il fête ses 50 ans. Avez-vous une affection particulière avec ce festival et en aviez-vous une pour Claude Nobs ?

J’avais rencontré Claude Nobs à l’époque de « Love in C Minor », il était le représentant du label WEA en Suisse.  On s’est perdus de vue pendant longtemps. Un jour, Nile Rodgers m’appelle en me demandant si je ne voulais pas faire Montreux. Moi, j’ai boudé, en lui disant qu’il demande à Claude Nobs de m’appeler s’il voulait me voir en Suisse. Un an avant sa mort, il m’a appelé et il m’a programmé. On est resté dans sa loge pendant heures heures à refaire le monde pendant que Nile Rodgers jouait. Ce concert à Montreux en 2012 était vraiment top. Il y a un gars qui m’a toujours laissé penser qu’en étant musicien, il était possible de faire une carrière solo sans forcément être un musicien de jazz : Quincy Jones. C’est un modèle. Son album Back on The Block avec tous les featurings m’a donné envie d’en faire un à mon tour.  On attaque le show de Montreux 2012 et je remarque un gars sur le côté qui s’assoit, prend son temps, un papy. C’était Quincy ! Hallucinant ! A la fin, Nile Rodgers me demande si je suis allé voir Quincy, je lui ai répondu que je n’osais pas, un peu comme un gamin devant son idole. Je suis allé le voir, il m’a serré contre lui et il m’a dit : « Ca doit faire 40 ans que j’entends parler de Cerrone… Ca y est, ce soir je sais ce que c’est, bravo ! ». Pour moi, c’était mieux qu’un disque d’or !

Propos recueillis par Jim Zelechowski

Cerrone Afro (EP Because). Disponible. Nouvel album à paraître en été 2016.


Fela+Kuti

Six albums de Fela réédités en vinyle

Entamée en 2013 par le label Knitting Factory, la série des réédition vinyles de Fela se poursuit avec les ressorties de Fear Not For Man (1977), Beasts Of No Nation (1989), Everything Scatter (1975), Roforofo Fight (1972), Alagbon Close (1974) et Na Poi, un des essais les plus funky du Roi de l’afrobeat sorti en 1976.  Ces nouvelles versions remasterisées et disponibles en LP 180-grammes seront disponibles le 16 octobre.

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Plus d’informations sur fela.net, le nouveau site officiel de Fela.


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Tony Allen : « le funk n’est absolument pas la racine de l’afrobeat »

Tony Allen vient de nous quitter à l’âge de 79 ans. Fin 2014, le batteur de légende publiait Film of Life, un album teinté – évidemment – d’afrobeat, mais également de pop et autres musique actuelles. Nous avions rencontré Tony Allen pour évoquer ce nouveau disque, mais aussi son rapport à un genre qu’il a contribué à créé, au funk, et à Damon Albarn, son frère musical.

Funk★U : Votre nouvel album s’intitule Film of Life, c’est une sorte de biographie en musique ou un clin d’œil à tous les biopics qui sortent ces dernières années ?

Tony Allen : Ce disque s’intitule Film of Life pour les raisons suivantes : j’ai traversé beaucoup de choses, différents courants musicaux, mes albums solo ont été faits dans des genres différents, de manière différente. Le champ musical en lui-même, ce qu’il faut pour être musicien, ce que j’ai enduré, les hauts et les bas, les zig-zags et tout ça… ce n’est pas une situation stable. C’est comme un film. Mon livre est aussi à propos de cela. C’est un film. Je ne regarde pas les films musicaux, ça ne m’intéresse pas. Ce disque est à propos de ma propre vie. Ma vie est un film.

Le titre suggère que ce disque pourrait être votre dernier.

Non. Sur le disque, il y a un morceau intitulé « Movin’ On ». Comment cela peut être mon dernier ? Cela signifie que ça ne s’arrêtera pas. Il n’y a pas de fin. Tant que je serais là, je continuerai. Il faut évoluer : c’est ce que j’ai fait depuis mon premier album jusqu’à celui-ci. Et il y a encore plein de chemins à explorer.

Même si vous abordez plusieurs styles musicaux, l’afrobeat reste très présent dans votre travail. Pensez-vous que vous avez encore quelque chose à apporter à ce genre ?

Je n’ai plus rien à y apporter, si ce n’est d’apprendre aux autres comment le jouer. Beaucoup de groupes se revendiquent de ce style mais ne le jouent pas correctement. Il faut que je puisse le répandre pour qu’il y ait des gens capables de faire perdurer le genre. Il faut qu’ils comprennent comment la batterie fonctionne, qu’ils maîtrisent la technique. La batterie afrobeat ne ressemble à aucun autre genre de jeu. Je fais des masterclass avec des professionnels ; ils n’arrivent pas à  jouer le pattern basique – je ne parle pas de quelque chose de trop élevé – ce n’est pas simple pour eux. Il faut que je leur apprenne comment faire. Il y a deux patterns, si vous les maîtrisez, alors vous serez capable de jouer de l’afrobeat. Avec n’importe quel groupe. Car vous détiendrez les clés. Il y a énormément de batteurs qui veulent jouer de l’afrobeat. C’est une discipline complètement différente. Et il faut que je les rencontre, que je leur montre. La seule autre option possible serait un DVD. Mais il faut être attentif, on ne peut pas faire autrement.

Vous aviez la même démarche quand vous appreniez la batterie ? Vous essayiez de copier Art Blakey, par exemple ?

Oui. Mais le jazz n’a pas grand chose de compliqué pour moi. J’ai vite été capable de jouer comme lui. Il a juste fallu que je comprenne comment faire avec le charleston. J’étais surtout influencé par Max Roach, il m’a appris ça. J’ai appris différents pattern pour les appliquer à l’afrobeat. L’important est l’assimilation.

Vous avez travaillé dans plusieurs genres musicaux et notamment la pop. Comment avez-vous décidé de travailler avec des gens comme Sébastien Tellier ou Charlotte Gainsbourg ?

Je ne décide rien. Je ne choisis d’aller nulle part. Je reste assis et j’attends qu’on m’appelle. Je ne fais rien, ce sont les gens qui m’invitent. La question reste de savoir pourquoi on m’invite. On ne me dit pas ce que je dois jouer, c’est moi qui créé quelque chose qui va aller avec la musique. Si vous voulez quelqu’un à qui vous pourrez dire quoi jouer, allez chercher quelqu’un d’autre. Vous ne pouvez rien m’apprendre. Je saurais faire en sorte que les choses fonctionnent, je m’auto-discipline.

Tony Allen (photo : Bernard Benant)

Tony Allen (photo : Bernard Benant)

Pourrait-on dire que vous êtes le Bernard Purdie de l’afrobeat ?

Je ne sais pas. Je ne me compare à personne. J’ai rencontré Bernard Purdie, il a joué devant moi pendant un mois, à Lagos, au Nigeria. Je ne joue pas dans son style. Beaucoup de gens jouent dans le style de Bernard Purdie, beaucoup de batteurs américains. Je ne saurais dire si Bernard Purdie est le meilleur pour ceci ou cela.

Vous rappelez-vous quand James Brown est venu à Lagos ?

Je ne l’ai jamais vu.

Certains de ses musiciens évoquent pourtant vos concerts.

Ses musiciens, oui. Pas lui. Il a peut-être entendu la musique de Fela, mais alors sur disque, pas en vrai. Pas en face à face. Je connais ses musiciens qui venaient au club ; Bootsy Collins… ils venaient dans notre club, toutes les nuits. Ce sont des musiques différentes. Leur arrangeur (David Matthews, ndr) relevait mes patterns, les gens me disaient ‘regarde ce mec, il essaye de voler ton style, il prend des notes’. Je leur répondais ‘laissez-le écrire, j’attends le moment où je pourrais entendre ce qu’il a écrit’. Ça n’est jamais arrivé.

Ils ne sont jamais venus vous parler ?

Non. Ils venaient pour la musique, ils appréciaient le club. Ils venaient prendre du bon temps. J’ai rencontré Boosty, il m’a fait des compliments. On ne fait pas attention à ce genre de choses.

Que pensez-vous de cette guerre de primauté qui oppose le funk et l’afrobeat ?

Le funk et l’afrobeat sont différents. Je ne comprend pas vraiment d’où cette querelle vient. Il y a peut-être des influences mutuelles au niveau de certains patterns musicaux, mais le funk n’est absolument pas la racine de l’afrobeat. Si je joue du funk, je ne vais pas vraiment considérer que je suis un batteur de funk. J’ai un truc particulier, je ne peux pas jouer comme une machine toute la journée.

Damon Albarn a dit que vous étiez le meilleur batteur au monde. Qu’en pensez-vous ?

Damon Albarn et Brian Eno. Je n’en pense rien. Ils disent ce qu’ils savent, ce qu’il ressentent. Je ne leur ai jamais dit de dire ça. Il ont ressentit quelque chose qu’ils ont voulu exprimer. Je n’ai jamais dit ça de moi-même. Je n’ai jamais dit que j’étais le meilleur et je ne le dirais jamais. Je m’exprime à travers mon travail.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec Damon Albarn ?

Je l’ai invité à jouer sur un de mes albums, à chanter dessus, il y a longtemps. Plus tard, nous sommes allés en Afrique ensemble, on a enregistré, nous sommes rentré et nous n’avons jamais utilisé ce qu’on avait fait. Puis on a commencé un autre projet, The Good, The Bad & The Queen. On se fait avancer mutuellement. On a fait Rocket Juice, plein de choses. Il ne s’arrête jamais ! Il est très occupé, mais dès qu’il veut finir un projet, il revient et me demande. Mais nous sommes tous les deux occupés. A chaque fois qu’on est tranquilles, on commence un nouveau truc ensemble, c’est aussi simple que ça. Ce n’est pas un lien, c’est la famille. Il est blanc, je suis noir, mais ça ne compte pas.

Comment avez-vous décidé de le contacter ?

Avec Blur, ils chantaient « Tony Allen me fait danser » (sur « Music is my Radar »). Je me suis dit qu’il avait l’air de savoir de quoi il parlait. Je l’ai invité à chanter sur mon disque, il l’a fait. Ce fut notre point de rencontre. Depuis, tout se développe. Il avait une légitimité à se trouver là. Nous n’avons jamais arrêté de travailler ensemble.

Tony Allen film of life

Vous évoquez vos couleurs de peau. Ne pensez-vous pas que certains puristes de la musique noire auraient pu vous reprocher votre choix ?

Quelqu’un qui pense comme ça est juste insensé. Ce que j’ai essayé de prouver… quand la musique est jouée, a-t-elle une couleur ? Je ne connaît pas ces distinctions. Quand j’ai réuni mon groupe, quand j’ai cherché de qui il pouvait être constitué, je me suis rendu compte que je pouvais parfois demander à un type de la même couleur que moi de jouer quelque chose de catégorisé comme noir et qu’il trouve ça dur à jouer. Puis je le donne à un mec blanc et il y arrive dans la seconde. Qui dois-je choisir à ce moment-là ? Je prends celui qui n’y arrive pas, juste parce qu’il est de la même couleur que moi ? Non. La musique ne devrait vraiment pas subir ce genre de choses. Personne ne m’a jamais rien reproché et si c’était le cas je dirais ‘va créer ton propre groupe et mets-y qui tu veux‘.

En tant que batteur, comment écrivez-vous vos chansons ? Commencez-vous toujours pas le rythme ?

Si je veux faire quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant, je dois écrire un nouveau pattern. Tout est sur ordinateur maintenant, je fais un croquis puis je ferme tout. J’attends le moment où je serais prêt à le jouer. Entre temps, peut-être qu’un autre va arriver. Je fais des croquis. Puis quand je décide de me mettre au boulot, je vais voir mon claviériste pour compléter ça, pour écrire le reste. Pour qu’on puisse le jouer live. Les machines, c’est différent. C’est comme dessiner un croquis d’un immeuble avant de le créer. Mais je commence toujours par la batterie.

Pour vous, qui est le meilleur musicien au monde ?

Damon Albarn probablement, car il est le genre de personne qui n’arrête jamais. Pour moi, c’est le meilleur. Il n’ennuie jamais les gens. On ne peut le comparer avec aucun autre artiste pop ou rock. Il y a beaucoup de groupes qui n’ont pas cette attention. Damon est un ‘non-stop guy‘. Il ne s’arrête jamais, il est intelligent, il travaille sur plein de projets, qui sont toujours bons.

Votre groupe est français et vous avez collaboré avec quelques artistes hexagonaux. Quels liens entretenez-vous avez la France ?

J’y vis cette année. Et les musiciens avec qui je joue depuis des années sont français. Ce sont des musiciens de studio, c’est avec eux que j’ai travaillé pour Sebastien Tellier et Charlotte Gainsbourg. Il ne sont pas nouveaux pour moi, ces Jazzgroovers ou je ne sais plus comment ils s’appellent (les Jazzbastards, ndr). Ici, on peut jouer de la musique très facilement. A Paris, ils encouragent la musique, ils créent des infrastructures. Ce n’est qu’en France que ça se passe comme ça – je ne sais pas pour l’Allemagne ou la Suisse. Autant que je sache, il n’y a qu’en France qu’on offre des pièces aux musiciens. C’est un très bon système très rassurant. Ça fait presque 13 ans que je travaille ici. La France respecte la musique. J’ai beaucoup d’amis ici.

Pour vous, quel est l’instrument le plus important après la batterie ?

Tous les instruments sont importants. Mais pour aller avec la batterie, je dirais la basse. Ce sont les fondations. Si vous voulez construire une maison, il faut commencer par les fondations. Si les fondations ne sont pas solides, alors la maison tombera. J’ai joué avec Flea, c’est un des meilleurs bassistes et un excellent musicien. Il joue de la trompette, il est très bon. J’aime le fait qu’il ait à la fois le côté mélodique et rythmique.

Ça vous dirait de reformer un supergroupe ?

Je ne veux rien. J’attends. Quand ils sentent qu’ils ont besoin de Tony, ils m’appellent.

Propos recueillis par Noé Termine

Tony Allen Film of Life (Jazz Village Music)
En concert le 6 février à La Source de Fontaine (38), le 28 mars à La Sirène de La Rochelle (17) et le 11 avril à La Gaïté Lyrique de Paris.


2013.09.11 - Brian Jackson_JazzVIllette_Paris

Brian Jackson “Tribute to Gil Scott-Heron” et Anthony Joseph à Sons d’hiver 2015

Organisé dans la Val-de-Marne du 23 janvier au 15 février 2015, la nouvelle édition du festival Sons d’hiver accueillera parmi ses invités le Tribute to Gil Scott-Heron de Brian Jackson (featuring Martin Luther et Reggie Washington) le 24 janvier au NECC de Maisons-Alfort, Anthony Joseph le 6 février à la salle Jacques Brel de Fontenay sous/bois et Malted Milk + Tony Green le samedi 14 février au MAC de Créteil. Archie Shepp, Anthony Braxton, James Blood Ulmer (avec Rodolphe Burger) et Massacre (avec Bill Laswell) seront également à l’affiche de cette édition.

Programmation complète disponible prochainement sur le site du festival Sons d’hiver.


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Manu Dibango fête ses 80 ans au Musée du quai Branly

Les 24, 25 et 26 octobre prochains, Manu Dibango s’installera à Paris, au Musée du quai Branly, pour trois concerts exceptionnels à l’occasion de son 80ème anniversaire. De Douala à Kingston, en passant par Kinshasa, New York, Paris et Abidjan. L’Afrique, l’Europe, l’Amérique et la Caraïbe seront à l’honneur et au cœur du répertoire de ces performances. Pour ces dates exceptionnelles, Manu Dibango se produira en  formation intimiste : il sera accompagné sur scène par quatre musiciens (basse, batterie, claviers, guitare) et deux choristes. Places entre 15 et 20 € disponibles sur tous les réseaux.


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