Album Ronald Bruner Jr

Publié le 10 mars 2017 | Par SlyStoned

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Ronald Bruner Jr. “Triumph”

Ronald Bruner Jr. “Triumph” SlyStoned

Summary: Avec Triumph, premier album solo estampillé West Coast Get Down, le batteur Ronald Bruner Jr contribue à définir le jazz du nouveau millénaire.

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Si Triumph débute par de furieux roulements de toms et crissements de cymbales, c’est que son auteur est l’un des batteurs les plus demandés de l’autre côté de l’Atlantique. Stanley Clarke, Prince, Chaka Khan, Stevie Wonder… Le résumé de Ronald Bruner Jr. est pour le moins impressionnant ! Membre du collectif jazz West Coast Get Down, c’est sous son propre nom qu’il nous présente aujourd’hui Triumph après huit années de gestation. Un premier album solo aux allures de tour de force, brassant une multitude de styles et d’influences.

RBJTriumphEn premier lieu, celle du mentor, George Duke, invité sur l’éruptif « Geome Deome » et dont les excursions brésiliennes ont certainement inspiré l’ensoleillé « Sensation ». L’héritage des géants du jazz fusion est également honoré, notamment sur le très Return To Forever « Chick’s Web », la frappe puissante et précise de Ronald Bruner Jr. n’étant d’ailleurs pas sans rappeler celle d’un certain Billy Cobham. «  Whenever » évoque quant à lui la rencontre improbable entre le groove des Neptunes et le funk cuivré de la Nouvelle-Orléans. C’est toutefois en famille, accompagné de son petit frère Thundercat, que Bruner frôle l’excellence. Sur le stupéfiant « Take The Time », le duo chante l’amour inconditionnel sur fond de rock progressif teinté de soul et dopé par une batterie survitaminée. Ronald Bruner Jr s’y révèle également un excellent chanteur au style R&B très marqué, tout comme sur le gospel du plus apaisé « Open The Gate ».

Paradoxalement, Triumph souffrirait presque du trop plein de talent de son auteur. Comme si Bruner s’efforçait de démontrer coute que coute toute l’étendue de ses capacités quitte à s’égarer dans l’anecdotique (le mainstream « Doesn’t Matter ») ou laisser l’auditeur dubitatif (le rap maladroit de « To You / For You »). Fort heureusement, le remuant « Sensation », idéalement placé en fin de parcours, rappelle enfin qu’exigence musicale et ouverture pop peuvent parfaitement faire bon ménage.

Adrien Kras

Ronal Bruner Jr. Triumph *** (World Galaxy/Alpha Pup). Disponible.




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