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Publié le 26 mai 2016 | Par SlyStoned

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Robert Glasper “Everything’s Beautiful”

Robert Glasper “Everything’s Beautiful” SlyStoned

Summary: Robert Glasper explore la musique de Miles Davis, à mi-chemin entre la réinterprétation et le remix.

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Un an après Covered, un album de reprises en trio, Robert Glasper revient avec un hommage à Miles Davis. Everything’s Beautiful est à dissocier de la bande originale du biopic Miles Ahead, sorti il y a quelques semaines aux États-Unis et accompagné d’une bande originale où l’on retrouve également le pianiste/clavieriste aux manettes. Dans Everything’s Beautiful, Robert Glasper s’entoure de prestigieux invités dont Bilal, Erykha Badu, Stevie Wonder, Hiatus Kayote ou encore Laura Mvula.  Onze pistes où Glasper nous emmène sur les voies déjà explorées de Black Radio 1 et 2, ainsi que sur ses précédents projets en trio : rythmes syncopés et laidback, casting vocal d’habitués et arrangements chaloupés propres au natif de Houston.

everythingsbeautiful10000x10000bbDisponible au lendemain du 90ème anniversaire de Miles Davis, cette exploration de la musique du trompettiste est à mi-chemin entre la réinterprétation et le remix. Le pianiste précise d’ailleurs au sujet de cet album : « Je ne voulais pas faire un simple album de remix. Mon idée était de montrer comment Miles a inspiré et conduit les gens à créer à leur tour de nouvelles œuvres ». Une idée appliquée dès l’ouverture de l’album lorsque la voix de Miles Davis rencontre la traditionnelle production electro-acoustique Glasperienne (“Talking Shit”). « Ghetto Walkin’ » et « They Can’t Hold Me Down » retrouvent ensuite les sonorités de Black Radio 2. Bilal assure le lead sur le premier, puis laisse la main à Illa J sur le rap du second. Sur « Maiysha (So Long) »  Robert Glasper se risque à un arrangement bossa en compagnie d’une Erykah Badu lancinante, quitte à devenir progressivement quasi-somnolente le long des 7 minutes et 20 secondes du titre.

Robert Glasper a également invité le collectif Hiatus Kayote sur l’adaptation de « Little Church ». La voix suave au grain inimitable de Nai Palm accompagne à la perfection la production léchée et aérienne du pianiste. Certainement la piste la plus intéressante en terme de recherche musicale, à la frontière entre l’electro-jazz et la deep house. « I’m Leaving You » est complètement repensée au profit d’une production 100% funky soutenue par la voix de Ledisi – qui rappelle Jill Scott sur « Shame » – et la guitare de John Scofield. “Right On Brotha”, l’ultime morceau de l’album, met à l’honneur Stevie Wonder à l’harmonica dans une atmosphère électronique proche de The Secret Life Of Plants. L’essai n’est pas déplaisant sans être pour autant révolutionnaire, à l’image de l’ensemble d’Everything’s Beautiful.

Jim Zelechowski

Robert Glasper Everything’s Beautiful *** (Columbia/Blue Note/Sony Legacy). Disponible le 27 mai.





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